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Sans Yassine et Rantissi , le Hamas est-il le même ?
12/06/2004
Nombreux sont ceux au Hamas qui dépriment pour n’avoir pas vengé la mort du Cheikh Yassine (cf. les médias israéliens, et notamment Ha’aretz). Ils en viennent même à culpabiliser, d’avoir par cette inaction, "encouragé" les Israéliens à réitérer avec Rantissi. Les chefs du Hamas eux, savent que les tentatives d’attentats n’ont pas cessé, et qu’elles sont seulement déjouées par le renseignement israélien (certaines grâce à la surveillance accrue, d’autres grâce à des Palestiniens achetés. On se souvient d’un de ces palestiniens retourné qui, découvert par les siens, a proposé et abattu, pour se racheter, son officier traitant, le commandant Yéhouda Edry). L’occasion pour le responsable de l’aile politique du Hamas, Haled Mish’al de dénoncer en termes virulents l’incapacité de l’A.P. (Autorité Palestinienne) à s’attaquer efficacement au syndrome des "traîtres" (palestiniens), avant de pointer un doigt accusateur vers les Etats-Unis qui par leur soutien à Israël "encouragent Sharon le meurtrier" et de dénoncer l’indifférence des pays arabes au sort des Palestiniens. Mais c’est à la survie du mouvement qu’est confrontée aujourd’hui la direction du Hamas, enfin ce qu’il en reste, puisque trois des six membres fondateurs ont été liquidés par Israël : Ismaïl Abou-Shnab, Cheikh Yassine et Abdelaziz Rantissi. En priorité, elle se demande comment protéger les dirigeants encore vivants des missiles israéliens. Douze dirigeants au total, dont les noms selon les média palestiniens, figurent sur la liste israélienne des cibles à abattre ; Douze, dont quatre sont basés à Damas… Une des possibilités envisagées par le Hamas est de transférer les pouvoirs à ces quatre dirigeants-là du fait même qu’ils résident à l’étranger ; les moyens actuels de communication permettant de transmettre aisément et rapidement finances, directives politiques et instructions opérationnelles. Le deuxième soucis du Hamas découle paradoxalement de l’éventuel départ des Israéliens de la Bande de Gaza : comment convertir le précieux capital de la prédominance du mouvement et sa popularité sur le terrain, en terme de postes-clé au sein des futures institutions palestiniennes appelées à se mettre en place après le retrait israélien ? Actuellement Il n’y a au Hamas, aucun dirigeant de la stature de Yassine ou de Rantissi, capable de poursuivre d’égal à égal avec les gens d’Arafat, les négociations sur le partage d’influence au sein de ces institutions. Yassine lui-même en avait pris l’initiative d’abord parce que les accords d’Oslo, cause du boycott de l’A.P. étaient devenus "caduques" et ensuite parce qu’il était en mesure de présenter le retrait des Israéliens de la Bande de Gaza comme une victoire. Aujourd’hui bien que jouissant encore d’une forte popularité à Gaza, le Hamas risque finalement de sortir diminué des prochaines négociations avec Arafat qui ne pouvait rêver de meilleures circonstances pour redorer son blason dans la "Bande". L’énorme soutien populaire au Hamas pourra-t-il compenser le coup porté au mouvement par la liquidation des trois de ses véritables chefs ? Jamais encore le Hamas n’avait été confronté aussi brutalement à la question de son existence. Haïm Cohen
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