|
2004, une année pour espérer ? 05/01/2004
Puisque la période de nouvelle année est habituellement propice aux bilans, mais surtout aux bonnes résolutions, alors livrons-nous, nous aussi, à cet exercice. Les raisons de douter sont là. Celui qui se dit pessimiste n’a pas tant besoin d’exposer longuement les raisons de son inquiétude, tant elles sont nombreuses et omniprésentes. En Iran d’abord, où le gouvernement des Ayatollahs a refusé, à la suite du grave tremblement de terre qui a secoué le pays, l’aide de l’ « Entité sioniste ». Tout le monde l’a noté, et tous les médias ont souligné que seul Israël avait reçu ce traitement si privilégié de Téhéran. Et pourtant personne n’a semblé douter une seule seconde quelle frustration cette décision a pu alimenter, même chez les Israéliens les plus modérés. Israël, aux yeux de Téhéran, ne mérite même pas d’être nommé comme pays ; mieux vaut le qualificatif d’ « entité », pour ce pays qu’on n’a peut-être autant peur de nommer qu’une grave maladie telle la peste… Nous espérons, à AFIDORA, lorsque des temps plus calmes s’y prêteront plus, lorsque la tragédie sera passée – parce qu’il s’agit bien d’une tragédie ; car chez nous, nous appelons les choses par leur nom – qu’un réel débat pourra être engagé autour de la reconnaissance d’Israël par les pays arabes comme nation à part entière, qui ne serait pas exclue systématiquement, dès que la moindre occasion se présente. En France, ensuite, ou le débat sur le Proche Orient ne semble pas plus progresser. On aurait cru que le Pacte de Genève, et sa présentation en France organisée par le journal Marianne, à la Mutualité, à Paris, le 16 Décembre dernier, aurait pu relancer un débat de raison, sur les enjeux précis du problème israélo-palestinien. Car au-delà du contenu et de l’opportunité qu’il peut représenter – éléments sur lesquels AFIDORA ne se prononce pas en tant qu’association – c’est bien cela qui est positif dans ce Pacte : il a le mérite d’être transparent, de proposer une alternative claire au problème. Aux habitants de la région de choisir, et aux Européens d’y réfléchir, pour accompagner la paix. Et pourtant. Les commentaires sur le Pacte de Genève ne laissent présager rien de bon, car il est difficilement percevable que l’opinion publique en France ait vraiment saisi tous ses enjeux. En témoignent les sifflets suscités par les propos d’Alain Finkielkraut, à la Mutualité, le 16 décembre. Le philosophe rappelait en effet que sans la renonciation par les Palestiniens au droit au retour, la vraie réalité du Proche Orient serait la guerre pour une longue période à venir. Si ces sifflets visaient à marquer un désaccord, alors que penser de but final visé par ces mêmes personnes venues soutenir le Pacte ? Le droit du retour serait-il si insignifiant, voire pas digne d’être évoqué ? Si cela traduit bel et bien l’état d’esprit des personnes présentes, alors là, oui, nous avons un problème. Le communiqué de l’association altermondialiste ATTAC, à propos du Pacte, semble aller, à ce titre, dans le même sens : à défaut de mieux, soutenons le Pacte de Genève, jusqu’à ce qu’on puisse trouver une autre solution, semble être la position de l’association. Tout se passe comme si - comme au le fameux meeting de l’association à Malakoff (cf. « Un article sans nom ») - l’Etat palestinien n’était pour cette mouvance qu’un premier but… Reste à savoir la suite du programme. Et AFIDORA, dans tout cela ? Quelles résolutions après ces constats ?
Notre jeune association, bien avancée dans sa deuxième année, n’occupe pas encore la place que nous souhaiterions qu’elle occupe. Mais sur tous ces thèmes, internationaux ou franco-français, l’association vous propose toujours de vous accompagner dans vos réflexions et dans vos questions, en vous offrant encore un forum et une tribune pour 2004. Nous en avons toujours été persuadés : c’est ce dialogue qui nous permettra, à tous, de mieux comprendre les enjeux d’un conflit complexe. En vous souhaitant une excellente année 2004, au nom de toute l’équipe !
Jeremy Ghez
|