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Résumé du documentaire Décryptage, de Jacques Tarnero et Philippe Bensoussan Version imprimable Suggérer par mail
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04-11-2002

 

« Décryptage »

 

« Si je ne prend pas garde à moi, qui le fera ?
Si je ne le fais pas maintenant, quand ?
Mais si je ne prend garde qu’à moi, qui suis-je ? »
Hillel


 L’Association pour le Débat, l’Ouverture, la Réinformation et l’Analyse pouvait-elle raisonnablement passer à côté de ce film au titre évocateur, « Décryptage ou l’analyse des représentations du conflit israélo-palestinien » ?…

 

 Cette enquête - documentaire de Jacques Tarnero et de Philippe Bensoussan est d’emblée présentée comme partisane : une analyse pro-israélienne du conflit va être exposée afin de contrebalancer l’image pro-palestinienne que les médias français en ont. Tout un travail de « décryptage » des images va être effectué… Les réalisateurs iront même jusqu’à parler de travail de « Réinformation » au cours du débat succédant à la projection du film. (ndlr : au cours de cet article, l’ordre du film n’est pas respecté.) 
  

La France et la fièvre antisémite… 

 Rappel des faits : premier semestre 2002. Une vague d’antisémitisme sans précédent balaie la France, 303 actes antisémites sont recensés dont 14 incendies ou tentatives d’incendies sur des lieux de cultes et 16 actes de violences à l’égard de Juifs et de Juives… En pleine campagne présidentielle marquée (est-il besoin de le rappeler ?) par le leitmotiv de la galopante insécurité, ces actes dérangent. Dès lors, et comme cela s’était déjà vu lors des attentats du 11 septembre, on essaie de justifier l’injustifiable… Oui, bien sûr, les actes antisémites sont une infamie, mais… (du même ‘mais’ qu’utilise les racistes ordinaires devant un ‘ami’ d’une minorité : « les gens de ta minorité sont tels et tels ‘mais’, toi, ce n’est pas pareil !»). Mais quoi ?... Deux jeunes des « cités » qui ont saccagé une synagogue s’en expliquent : « pour nous, le conflit israélo-palestinien, c’était comme un feuilleton, il fallait être là pour le 20h ; puis ce jour-là la meuf du journal, elle nous a chauffés, elle parlait de nos frères musulmans, de comment on les traite là-bas, de leur sang. On s’est dit qu’on n’allait pas rester là à ne rien faire, mais on pouvait pas s’en prendre à Israël, ils sont trop puissants et en plus ils sont soutenus par les Américains, alors on s’en est pris à la synagogue du quartier… ». Et voilà, tout est dit. On fait porter aux Juifs le poids de ce qui se passe en Israël. C’est en ce sens que l’on peut entendre la fameuse phrase de Martin Luther King : « L’antisionisme est un antisémitisme par essence et le restera toujours. ». Finalement, on pourrait dire que la même confusion de langage se fait entre Israélien et Juif qu’entre Arabe et Musulman… Une confusion entre ces termes se fait, certes. Cependant, de quoi l’Israélien, par l’intermédiaire du Juif français, est accusé ?...   


 La guerre d’Algérie ou la dette française


« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » disait Albert Camus. Cette phrase pourrait s’appliquer au conflit israélo-palestinien… « Décryptage » nous montre le processus qui a fait passer dans les media un quartier israélien de Jérusalem du mot de ‘quartier’ à celui de ‘colonie’… Que penser de l’emploi du mot ‘colon’ dans un pays ayant connu la guerre d’Algérie, un pays pour qui le colonialisme est vécu comme un Mal absolu ayant abouti aux pires infamies telles le massacre et la torture ? Veut-on nous faire comprendre que l’Israélien n’a aucune légitimité à Jérusalem ou en Israël, qu’il doit partir comme les ‘colons’ ont dû le faire ?
Bensoussan et Tarnero nous présente ce qu’il appelle ‘la dette française’ : en Algérie, l’horreur a été commise, alors on essaie de se racheter en se mettant du côté de ceux que l’on présente comme les opprimés qui subissent un colonialisme avéré : les Palestiniens.
Tout n’est pas si simple… 
  

« Zionism is racism » ou la haine du sionisme à travers le monde…

Durban. Eté 2001. L’ONU a organisé une conférence internationale afin de dénoncer toutes les nouvelles formes de racisme. Ce devait être surtout une fête pour reconnaître la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud, ce dégénéra : on voit l’Etat hébreu comme un « Etat apartheid » au cours de manifestations qui dégénèreront, notamment en faisant acte de violences vis-à-vis des Juifs présents.
A Durban ou en France, la confusion est toujours la même... Tous réunis autour du même mot d’ordre « Zionism is racism » (voire même « Zionism is nazism »), tous voyant les Israéliens comme les véritables terroristes, des êtres abjectes qui utilisent l’holocauste afin de justifier les actes abominables qu’ils perpètrent sur leur terre, si tant est que le terme ‘leur’ puisse être employé… Ces critiques seront entendues et ré-entendus lors des événements de Jenine.
Tout n’est pas si simple… 

 

La Tragédie israélo-palestinienne   

 

Contrairement à ce qu’a pu croire et l’a montré José Bové en allant voir Yasser Arafat lorsqu’il était bloqué par les Israéliens dans son Q.G. de Ramallah, tout n’est pas si simple ; il n’y a pas les opprimés Palestiniens d’un côté et les bourreaux Israélien de l’autre… Et c’est là que même un militant ‘PACIFISTE’ s’est totalement leurré en voulant prendre une part active dans le conflit et en allant même jusqu’à suspecter le Mossad (ou services secrets israéliens) d’avoir peut-être commis lui-même les actes antisémites dans les synagogues françaises (cf « le vrai journal ») !!! Moins manichéen, Denis Charbit, historien professeur à l’université de Tel-Aviv, déclare : « Le drame, c’est quand on identifie tout de suite les bons et les méchants ; la tragédie c’est quand Antigone a raison et quand Créon n’a pas tout à fait tort. Le conflit israélo-palestinien est une Tragédie. » Revenons sur la mort du petit Mohammed… Souvenez-vous : ce petit Palestinien qui a été tué dans les bras de son père, ce petit Palestinien qui, lors d’une fusillade entre soldats israéliens et civils palestiniens, a essuyé des tirs… des tirs israéliens aux dires des media. Alors toute une campagne de dénigrement des Israéliens s’en est suivi : un peuple abjecte n’hésitant pas à tuer des enfants, des sans cœurs. Dans l’école de Mohammed, on apprendra dès lors la haine d’Israël et du Juif : ils ont assassiné leur ami ! Et cette haine se répandra à travers les media du monde entier… Cependant, jamais il n’a été prouvé que ces balles qui tuèrent cet enfant furent israéliennes… Mieux : une analyse plus élargie de la scène montre qu’en aucun cas les soldats israéliens n’avaient dans leur champs de vision le petit Mohammed et son père… Ceci nous fait repenser le rôle des enfants dans le conflit : il nous montre comment une génération de petits Palestiniens est instrumentalisée afin de victimiser le peuple Palestinien ; comment ses jeunes sont éduqués dans l’optique de la haine de l’Israélien et surtout du Juif… 

Le rôle de l’A.F.P. dans la désinformation


Mises à part les images de la mort de cet enfant, « décryptage » en ré-analyse d’autres et montre comment les dépêches de l’Agence France Presse ou A.F.P. (qui, outre le fait d’être un agence francophone de poids, est la première agence arabophone au monde) ont conduit à une prodigieuse désinformation…
L’information : « un tunnel archéologique va être creusé à proximité de l’esplanade des mosquées ». La dépêche A.F.P. du matin : « un tunnel archéologique va être creusé près de l’esplanade des mosquées ». La dépêche A.F.P. du soir : « un tunnel archéologique va être creusé sous l’esplanade des mosquées »... Ce changement a provoqué un virage à 90° de ce tunnel… La colère des Musulmans s’en suivra : comment osent-ils creuser un tunnel sous nos mosquées ? Veulent-ils risquer leur perte ? Veulent-ils les détruire ? Evidemment cette colère a tourné à l’émeute qui, comme chaque émeute, entraîne son lot de blessés voire de morts… Voilà une illustration claire et dramatique du poids des mots.
Malheureusement, la désinformation se fera encore… On se rappelle tous la une de Libération (qui est sur l’affiche de « décryptage ») : celle d’un soldat israélien une matraque à la main, l’air menaçant et d’un homme devant lui, le visage ensanglanté… Cette image sera interprétée comme celle d’un Tsahal qui vient de battre un Palestinien, comme une image de violence gratuite d’un soldat tout-puissant à l’égard d’une victime civile… Seulement, coup de théâtre : cette victime est reconnue, c’est en fait un Israélien et ce soldat ne l’avait pas battu mais essayait, bien au contraire, de chasser les Palestiniens qui venaient de le toucher ! D’où, une fois de plus, l’importance d’élargir un point de vue…
Frédéric Encel nous donne un chiffre accablant : « En 87 – 88, lors de l’Intifada on a décompté 800 correspondants étrangers en Israël, c’est-à-dire plus que dans toute l’Afrique à la même période, l’Afrique rongée alors par l’apartheid, la guerre, la famine, le sida. » C’est dire l’importance du conflit du point de vue médiatique et les conséquences d’une information biaisée... 
  

Pourquoi ?

Pourquoi un Etat qui a prouvé sa volonté de paix lors des accords de Camp David en étant prêt à céder 97% des territoires réclamés dont Jérusalem Est, pourquoi un Etat qui n’aspire qu’à être enfin libéré des actes de terrorisme innommables, pourquoi un Etat qui ne demande qu’à exister dans un territoire de la taille d’un département français, pourquoi cet Etat n’est vu que sous le jour d’un Etat néocolonialiste prêt à aller jusqu’au sang pour servir la cause du grand démon sioniste international ? Et surtout pourquoi cet Etat est vu comme la matérialisation de la haine des Juifs ?
Pour Alain Finkielkraut, philosophe, les Etats arabes, marqués par un niveau de vie médiocre, cherchent à détourner le mécontentement des masses vers les Juifs et l’Etat israélien ; pour Marion, ex-envoyé du journal « le Monde » en Israël, ce conflit est avant tout un conflit de déligitimation de l’autre et c’est pour cela que les informations dérapent…
Napoléon Bonaparte disait : « La paix, c’est moins l’harmonisation des pensées que celle des arrières-pensées » et le problème est surtout que nous sommes face à un vrai problèmes d’incompatibilité des arrières-pensées tant israéliennes que palestiniennes… Certes chacun veut la paix (qui ne la veut pas ?), mais pas au même prix… Les Israéliens veulent la paix en ayant le droit d’exister avec Jérusalem (du moins Ouest) comme capitale ; les Palestiniens veulent la paix en exigeant la création d’un Etat qui leur soit propre et en exigeant le droit au retour des réfugiés palestiniens en Israël… Un seul problème : ce retour marquerait un déséquilibre, il y aurait plus de palestiniens en terre d’Israël que de Juifs Israéliens, l’Etat hébreu serait voué à une disparition de fait en laissant place à deux Etats palestiniens…
 
Pour aboutir à un dénouement de ce conflit, il va falloir que les deux camps fassent des concessions : il est nécessaire de comprendre que chacun doit faire des sacrifices pour en arriver enfin à la paix… La solution de ce conflit ne se trouve ni chez les Israéliens, ni chez les Palestiniens, mais bien dans leur volonté commune…
 
 

 Audrey Zaghdoun

 

 
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Dernière mise à jour : ( 03-08-2005 )
 
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