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08-09-2008
 
 
Synthèse de l’ouvrage de Frédéric Encel: Géopolitique de l'Apocalypse (chapitre B) Version imprimable Suggérer par mail
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12-09-2003

 

Synthèse du chapitre B de la Première Partie intitulé « ce que ne fut pas le 11 septembre : la conséquence du lien Bush-Sharon »

de l’ouvrage de Frédéric Encel Géopolitique de l’Apocalypse

12/09/2003

 

Pourquoi rapporter dans ces prochaines lignes non pas les grandes lignes d’un livre, ni les points clés d’un chapitre, mais simplement les faits d’une sous-partie d’un ouvrage ?

  • Par fainéantise de la part de l’auteur?
Cela aurait pu, dans un autre contexte, être le cas. Mais la fainéantise n’est pas une valeur compatible avec les travaux que nous menons à AFIDORA.
  • Pour des raisons que la raison ne saurait connaître ?
Absolument pas. L’amour, ou plutôt l’appréciation particulière de ce passage n’a rien à voir avec le fait que seul sera rapporté ici une sous-partie de l’ouvrage de Frédéric Encel – Rabelais ne nous est donc ici d’aucun secours.
  • Parce-que c’est le seul chapitre qui traite directement du conflit israélo-arabe, thème qui est au cœur des problématiques envisagées par  AFIDORA?
 Tout à fait, tout est dit. Par ailleurs, les idées fortes de la Géopolitique de l’Apocalypse de Frédéric Encel sont retranscrites dans un compte-rendu de conférence publié sur le site d’ AFIDORA – qui regroupe les termes indirectement connexes au conflit.

 

Dans cet ouvrage, écrit quelques mois après les tragédies du 11 septembre 2001, Frédéric Encel prend volontairement un point de vue que certains estimeraient iconoclaste. Il n’en est rien. En géopoliticien qu’il est, Frédéric Encel se contente par des faits, et rien que des faits, de nous rafraîchir la mémoire, et de contrecarrer les idées reçues par des données inattaquables.
D’après l’auteur, les attentats du 11 septembre 2001 furent tout sauf une des conséquences des liens entre Bush et Sharon. Et ce, pour une triple raison :
  1. de tels attentats se préparent longtemps à l’avance
  2. les responsables islamistes, Ben Laden compris, n’en ont que faire de la Palestine et de ses occupants…
  3. …cette dernière n’étant d’ailleurs qu’un « instrument jetable » de propagande.

A. Tous les experts s’accordent sur le fait que de tels attentats furent planifiés longtemps à l’avance, peut-être deux ou trois ans.

Comme chacun le sait, les attentats du World Trade Center ont eu lieu le 11 septembre 2001. Or, George W. Bush ne fut confirmé dans ses fonctions de président des Etats-Unis d’Amérique qu’en janvier 2001, et Ariel Sharon fut élu Premier ministre de l’Etat d’Israël en février de la même année…
Les attaques du 11 septembre ne furent donc pas ce que d’aucun appellent « une expédition punitive » (pour reprendre les mots de Frédéric Encel), car, de toutes façons, la « politique » apocalyptique des terroristes veut que ces derniers agissent en des temps favorables au rapprochement entre les peuples, enfin bref à la paix. 

Frédéric Encel nous fournit trois exemples pour appuyer questions ce constat :

 

    1. C’est pendant l’été 1994, alors que les relations israélo-palestiniennes étaient au beau fixe et qu’Israël avait entamé des discussions autour des épineuses questions du Golan et du Liban avec la Syrie, que le Hezbollah assassina plusieurs dizaines de civils juifs à Buenos Aires.
    2. Les tours du WTC avaient déjà fait l’objet d’attaques terroristes en février 1993, sous la présidence états-unienne de Bill Clinton, alors que :
  • Les pourparlers israélo-arabes battaient leur plein dans le cadre du processus de paix de Madrid
  • Israël avait même accepté de négocier en parallèle avec l’OLP
  • Rabin et Yasser Arafat commençaient à négocier ce qui allait devenir les futurs accords d’Oslo

3.      La vague la plus meurtrière de terrorisme palestinien eu lieu pendant la fin de l’hiver 1996, alors que Shimon Peres travaillait à faire en sorte que le retrait des armées se fasse en avance du calendrier des accords d’Oslo afin de libérer les zones promises, et ce malgré le récent assassinat de Rabin.

 

C’est ainsi que Frédéric Encel qualifie l’attitude des terroristes palestiniens de « politique du pire ».

 

B. Les responsables islamistes, Ben Laden compris, n’en ont que faire de la Palestine et de ses occupants…

Morceaux choisis :

Morceaux choisis :
 
« Le manichéisme ambiant impose souvent l’image simpliste d’un monde arabe soudé face à Israël. »

« Non seulement les vingt-deux Etats arabes que compte la planète ont guerroyé à trente-six reprises depuis 1945 (date de création de la Ligue Arabe), mais encore la moyenne des échanges économiques interarabes ne dépasse pas 7% pour chacun d’entre eux. »  

« Les islamistes haïssent Arafat, ceux d’Al-Qaïda en tête. »
« Ben Laden, […] lâché par ses alliés pakistanais, isolé […], et en définitive moins soutenu que prévu par les opinions arabo-musulmanes […], a procédé comme l’exigeait la tradition : il a instrumentalisé sans vergogne la cause palestinienne. »
« Amère, Leïla Chahid, déléguée générale de la Palestine en France, l’a alors fort justement rappelé : « la cause palestinienne est un alibi pour Ben Laden. »
D’où le troisième point dans le raisonnement de l’auteur :
 

C. La Palestine, « instrument jetable » de propagande pour autocrates arabes.

Frédéric Encel s’empresse de nous illustrer sa thèse par des faits (liste non exhaustive) :

Saddam Hussein, voyant que ses « alliés » le lâchent peu à peu devant le rouleau compresseur américain de la Guerre du Golfe, appelle les musulmans du monde entier à la guerre sainte (Djihad) pour libérer Jérusalem. Israël n’avait pourtant rien à voir avec la coalition de libération du Koweit…C’est alors que Fahd, le roi d’Arabie Saoudite, s’empressa, devant l’attitude de Yasser Arafat largement favorable à Saddam Hussein, d’expulser les techniciens et ingénieurs palestiniens qui travaillaient pour le compte de compagnies pétrolières. Ces derniers, expulsés, humiliés, expropriés et spoliés, durent s’en remettre au bon vouloir de la Jordanie voisine, qui comptait déjà une majorité de citoyens palestiniens. Les Palestiniens du Koweit (après sa libération) connurent le même sort – tortures et exécutions sommaires à la clé.

Les exemples de manquent pas (Assad et Tlass attaquèrent également Arafat), et tous vont dans un même sens : le monde arabe hors Palestine n’est solidaire que quand il s’agit de renforcer son image auprès des autres pays arabes en défendant la cause palestinienne – reléguée au rang d’échappatoire en dernier recours. Peut-être l’exemple le plus frappant de cette hypocrisie nous vient-il de Kadhafi, lui qui avait expulsé plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens en plein désert pour punir Arafat avant, quelques années après, d’organiser une manifestation en faveur de ce dernier.

 

 

Pour conclure ce chapitre, Frédéric Encel nous rappelle les lucides lamentations d’un chroniqueur arabe, Abdelaziz Mzoughi, devant ce réflexe conditionné qui consiste à faire de la Palestine la constante canalisatrice de toutes les violences, tout en la poignardant dans le dos : « Beaucoup de ceux qui nous promettent des lendemains qui chantent continuent […] à se réclamer de régimes qui n’ont pas tiré une seule cartouche contre Israël depuis 1967, mais qui sont imbattables quand il s’agit de répression intérieure ou de procédés destinés à pérenniser leur mainmise sur leur propre pays. ». Tout est dit…

 

Jeremy Fain

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Dernière mise à jour : ( 06-08-2005 )
 
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