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25-07-2008
 
 
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10-03-2004

 

Synthèse d'ouvrage :

Aidez-nous à divorcer
par Amos Oz


 11/03/2004
 

L’auteur


            Amos Oz est né en 1939 à Jérusalem. Il a étudié la philosophie et la littérature. Il vit aujourd’hui à Arad (Israël) et enseigne la littérature à l’université Ben Gourion dans le Néguev. Amos Oz est aussi un écrivain qui puise son inspiration dans l’histoire douloureuse de son pays. Il a toujours soutenu la paix (il est membre du mouvement pacifiste israélien Chalom Archav) et prône la création d’un Etat palestinien à côté d’un Etat israélien.
 

Les accords de Genève


 

            Les accords de Genève suivent le principe fondamental de « deux peuples, deux Etats ». Ils prévoient en particulier un démantèlement de la plus grande partie des implantations juives en Cisjordanie et Gaza, des échanges de territoires acceptés par les deux parties sur la base des frontières de 1967, une résolution digne et réaliste de la question des réfugiés palestiniens conditionnée au respect de la souveraineté israélienne, l’arrêt des violences et un partage de Jérusalem comme capitale des deux Etats. (source : www.2peuples2etats.org)

La présentations de ce projet a eu lieu le premier décembre 2003 à l’instigation de Yasser Yossi Beilin et Abed Rabbo.
 

La présentations de ce projet a eu lieu le premier décembre 2003 à l’instigation de Yasser Yossi Beilin et Abed Rabbo. 

Le livre « Aidez-nous à divorcer »


            Les Européens ont une vision manichéenne du conflit israélo-palestinien. Mais ce conflit n’a rien à voir avec la guerre du Vietnam ou l’apartheid, ce conflit est une tragédie au sens antique du terme, à savoir « un conflit entre deux causes aussi justes l’une que l’autre ». La Palestine est la seule patrie des Palestiniens, et Israël celle du peuple juif. C’est pourquoi apprendre à se connaître ou même à s’aimer est vain, seul un « compromis douloureux » résoudra cette tragédie et amènera à la vie.
           
Aujourd’hui le mouvement israélien pour la paix- et donc pour le compromis- La Paix Maintenant est mal en point. Notez que ce mouvement n’a rien à voir avec les mouvements pacifistes européens. En Israël, être pour la paix ne signifie pas être pro-palestinien, être pour la paix n’empêche pas d’aller se battre pour défendre la vie ou la liberté (mais jamais des territoires). « Faites la paix, pas l’amour », tel est le message pragmatique de La Paix Maintenant (Chalom Archav). Et son but est la création de deux Etats : « une bonne barrière fait de bons voisins » (Robert Frays)
           
Dans cette tragédie, Israéliens et Palestiniens sont tous les deux victimes d’un même oppresseur : l’Europe, colonisatrice et antisémite. Et « chacun voit dans l’autre l’image de son ancien oppresseur », chacun ignore les traumatismes de l’autre, et même les leaders des deux peuples sont incompétents sur le sujet.
           
 
Ce douloureux compromis (à savoir la nécessité de faire deux Etats) est comme un divorce, mais un divorce où personne ne va déménager de ce petit appartement. C’est pourquoi il faut déterminer de façon précise son partage, qui suivra globalement les frontières d’avant 1967. Ce sera difficile mais toujours mieux que cet enfer actuel. Alors on pourra évoluer vers une économie partagée au Moyen-Orient, et ce bien plus vite et avec bien moins de sang versé qu’il n’a été nécessaire en Europe. Il suffit que les deux camps arrivent à reconnaître la légitimité de l’autre.
           
Mais le pire est passé. L’époque où Arabes et Palestiniens ne pouvaient prononcer le mot « Israël » et où ils étaient persuadés que son existence au Moyen-Orient serait courte est révolue, ainsi que celle où les Israéliens considéraient les Palestiniens non pas comme un peuple, mais comme des Arabes, étrangers sur cette terre.
 
            Cependant un problème à régler en priorité demeure, celui du sort des réfugiés. Les responsables, c’est-à-dire à la fois le gouvernement israélien et les gouvernements palestiniens et arabes de 1947-48, doivent leur rendre ce qu’ils ont perdu. Il est bien entendu qu’Israël ne pourra les accueillir tous, et que les mêmes revendications sont légitimes de la part des millions de Juifs qui furent expulsés sans autre forme de procès de très nombreux pays arabes. Il faut régler cette question parce que, en dehors de toute considération morale, les réfugiés palestiniens sont une menace pour la sécurité et la paix en Israël.
 
            « Nous y sommes presque » ; pour la première fois depuis cent ans, « les deux peuples (…) sont en avance sur leurs dirigeants ». Ils sont prêts, même si c’est douloureux, à créer deux Etats. Quant au monde extérieur, les Européens en particulier, il devrait cesser de juger et de sanctionner l’un ou l’autre, d’autant que sa vision est étroite et simpliste. Il devrait réaliser que Israéliens et Palestiniens renoncent à leurs rêves pour faire un divorce extrêmement douloureux. Israël subira des tensions internes et sera plus que jamais vulnérable face à d’éventuels agresseurs arabes. Les Palestiniens devront renoncer à de nombreux lieux qui ne leur appartiendront plus jamais. C’est pour ça qu’il faut soutenir les deux camps, être « pro-paix ».
 
            Post-scriptum aux accords de Genève : les négociations du gouvernement Sharon visent à laisser entrevoir aux deux peuples une vie sans violence ni haine. En réalité il faut mettre en œuvre « une solution détaillée, prudente, qui ne contourne aucune des questions fondamentales », et qui soit centrée sur le partage en deux pays et une aide internationale aux réfugiés. Il faudra alors faire face à des conflits internes entre les partisans du compromis et les fanatiques. Mais si l’opinion publique et les gouvernements acceptent de suivre un plan de paix comme celui des « accords de Genève », alors ils réaliseront que le plus dur a été fait et que les deux peuples sont prêts.
 
                                                                                                                     

Audrey Abensur
 

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