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A 24-hours a day Revolution 11/07/2004 Ce court-métrage (2002) d’une trentaine de minutes est le résultat de l’idée originale d’une jeune artiste basque, la cinéaste Iratxe Jaio. Concrètement, son idée a été d’interroger, de façon anonyme (ces derniers étaient masqués) et au hasard, trois étudiants de l’Université de Bilbao quant à leurs implication politique et engagement pour la cause de l’indépendance basque. L’idée d’ n’est pas ici d’amalgamer ridiculement les velléités d’indépendance du Pays Basque et de ce qu’on appelle encore les Territoires palestiniens ; et ce pour un certain nombre de raisons, dont voici la plus percutante: le terrorisme de l’E.T.A. (Euskadi Ta Askatasuna), issu de dérives extrémistes d’une organisation qui fut sous Franco un organe de résistance réelle, agit le plus souvent de façon ciblée, s’attaquant à des politiques qui s’insurgent contre eux, ou encore faisant exploser – à la façon Corse – des boîtes de nuit vers seize heures, ou des hypermarchés vers trois heures du matin, sans faire de victimes humaines. Sans aucunement porter un jugement de valeur positif sur les actions de l’E.T.A., il n’est à notre sens pas comparable avec le terrorisme-suicide, le terrorisme aveugle, déshumanisant et essentiellement absurde, des groupes opérant en Israël et dans le futur Etat de Palestine. Pour approfondir sur le terrorisme, vous pouvez consulter notre compte-rendu de débat intitulé La guerre mondiale contre le terrorisme aura-t-elle lieu ? (18 mai 2004 à IEP Paris), qui relate des analyses d’ Antoine Basbous, de Mohamed Sifaoui, de Michel Taubmann et de Bruno Tertrais. Par ailleurs, pour tenter de comprendre les ressorts du terrorisme avec l’auteur du présent article , nous vous invitons à consulter un éditorial du 12 mai 2004 intitulé La Prison de la Terreur. Pour en revenir à la justification de la présence d’une telle synthèse sur notre site consacré à l’analyse de la géopolitique d’une région précise du globe et du débat autour du traitement médiatique qui lui est infligé, c’est en sélectionnant au hasard trois étudiants basques qu’Iratxe Jaio a tenté de rendre compte d’opinions - peut-être représentatives au sein de la jeunesse – touchant à un problème sociétal et identitaire profond. Et c’est - très honnêtement, croyez-le ou non - sans tenter d’influencer de quelque manière que ce soit le lecteur de ces lignes, que nous avons pensé que rapporter les dires et autres réponses d’étudiants basques pourrait nous aider à comprendre l’état d’esprit des étudiants palestiniens qui aspireraient à l’indépendance de la Palestine. Voici donc les propos de ces étudiants, aux cours desquels n’intervient pas.
Le premier étudiant se prénomme Mikel. Mikel estime que toutes les actions politiques sont régulées par un jeu d’attaque-défense, et qu’il existe différents types de réponses : la réflexion, et l’action. Selon lui, il y a une distance entre les idées et la pratique, distance issue de la question du sens. Mais finalement, nous serions toujours tous un peu égoïstes. De même, il existe, d’après Mikel, une différence fondamentale entre l’idéologie et les faits : il est difficile de réaliser ses idéaux. La vie prend beaucoup de temps : notre confort nous rend fainéants. Le système nous fait aussi changer d’aspiration : « Mon action pourra-t-elle changer quelque chose ? » Rien n’est moins sûr. Mais je risquerais ma vie pour mes idéaux. Aujourd’hui, et contre tous les droits fondamentaux, il existe une répression contre les idéologues. Mikel ne répondit pas à la question « serais-tu prêt à tuer pour tes idéaux ? », se contentant de dire que l’usage de la violence est une réponse possible. La seconde étudiante se prénomme Bakartxo, ce qui, précision d’Iratxe Jaio, signifie « seule » en basque. Bakartxo est prête à tout pour se défendre, estimant que toute action est légitime. Elle ne risquerait toutefois pas sa vie, s’estimant trop âgée, et ne tuerait pas non plus. Elle enchaîne avec cette phrase : « Ne pas se battre pour ses idéaux à vingt ans, c’est ne pas avoir de cœur. Se battre à quarante ans, c’est ne pas avoir de cerveau… ». Bakartxo conclut en disant que personne n’a de toutes façons raison au Pays Basque. Le troisième étudiant, qui est une étudiante, affirme se prénommer « militant ». Pour elle, tuer n’est justifié que si on est en train de se défendre. Elle appartient à un groupe de vingt-quatre militante, et estime que pour s’engager et ne pas être entraîné, il faut être conscient de ses idéaux. L’action du militant est principalement composée d’animation de réunions, de mobilisation et de transmission de sa motivation. Pour « militant », notre société est passive et individualiste. Selon elle, pour sortir du lot, il faut faire quelque chose de plus grand que des études. Elle risquerait sa vie pour ses idéaux, mais ne l’a encore jamais fait. Elle tuerait aussi pour ses idéaux : « la société pense que seule sa vérité est bonne. D’après « militant », il y a deux camps têtus et prêts au combat, et le terrorisme est convaincu qu’il l’emportera.
En guise de conclusion, citons une phrase d’Iratxe Jaio, interrogée par nos soins à propos des propos tenus par les étudiants dans son court-métrage : « il est impossible d’être neutre : la position du milieu n’existe pas, elle n’a pas de sens ». L’existentialisme sartrien serait donc, de nos jours, déjà bien loin…
Jeremy Fain
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