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Conférence sur « l’Europe et le Moyen-Orient, d’un dialogue difficile vers un avenir meilleur »
15/10/2004 Les 21 et 22 septembre 2004 s’est tenue au Palais Bourbon une conférence organisée par le « Strategic Dialogue Center of Netanya College », présidé par Mikhail Gorbachev, Ehud Barak et H.E. Prince Hassan Bin Tallal de Jordanie en coopération avec le « Medbridge Strategy Center », présidé par François Zimeray, Willy De Clercq, François Leotard et Marco Pannella. Le but de cette conférence, répartie en plusieurs débats, était d’identifier les points de divergence et de convergence entre l’Europe et le Moyen-Orient afin d’ouvrir un dialogue pour l’avenir. L’un des débats de la conférence, dont voici la synthèse, a été consacré à « l’analyse de la couverture médiatique du conflit israélo-palestinien en Europe ». Elizabeth Schemla, journaliste et directrice de Proche-Orient.info était modératrice du débat. Les intervenants étaient :
- Professeur Gabi Weimann, Président du Département des Communications à l’université de Haifa - Jacques Tarnero, réalisateur et auteur - Ian Black, éditorialiste et journaliste au Guardian - Dany Schek, directeur de BICOM, anciennement chargé des affaires européennes au Ministère israélien des affaires étrangères Elizabeth Schemla : « selon les deux partis (israéliens et palestiniens), le discours des média est biaisé. Qu’en est-il réellement ? » - G. Weiman livre une analyse très détaillée des media arabes : . Depuis dix ans, apparaissent de « nouveaux media arabes » tels que les sites Internet (il en existe environ mille). Ces nouveaux media ont dans un premier temps été considérés comme un espoir d’ouverture. Mais en réalité ces « nouveaux media arabes » ne sont pas indépendants, ainsi ils sont détenus par des gouvernements, par des mouvements religieux… Il n’y a donc aucune liberté de presse, ces media ne peuvent dire autre chose que blâmer, attaquer les Etats-Unis et Israël. . Les « nouveaux media arabes » sont en déficit d’environ 14,5 milliards de dollars par an. Ils sont donc sponsorisés par les gouvernements et les partis politiques. . Les journalistes arabes ne bénéficient ni d’un haut statut social, ni d’une protection quelconque . Comme le prouvent les exécutions « online », de nombreux sites Internet sont liés à des organisations terroristes (on en compterait plus de quatre mille). Internet est donc aujourd’hui la voix de l’Islam extrémiste. - J. Tarnero a affirmé l’incapacité des media français à regarder le conflit comme une tragédie, à cause de cette éternelle simplification des bons d’un côté et des méchants de l’autre. La nouvelle figure du mal dans les media est Israël. Ainsi la politique israélienne est mauvaise car elle est israélienne ! Selon Tarnero, diaboliser Israël est une aubaine à la fois pour la France et pour l’Europe : « vous les Israéliens faites aux Palestiniens ce que nous nous avons fait jadis aux Algériens (pour la France), aux Juifs (pour l’Europe). C’est donc une façon d’éponger la dette ». Tarnero reconnaît le malheur palestinien, néanmoins il faut porter un regard critique sur le monde arabe, ce n’est pas que la faute des israéliens. - I. Black fut quant à lui plus bref, ne niant néanmoins pas la position critique des journaux anglais à l’égard d’Israël, et notant un phénomène important depuis le début de la seconde Intifada, celui de l’implicite diabolisation d’Israël par les media. - Enfin pour D. Schek le problème majeur vient de la simplification entreprise par les media. Ainsi Israël n’est vu que sous le prisme du conflit, pour preuve, en dehors du conflit israélo-arabe quand a-t-on lu un article sérieux sur Israël ? Il note de plus que les images télévisées en Europe sont les mêmes que celles perçues aux Etats-Unis, mais la différence majeure entre l’Europe et les Etats-Unis, c’est qu’en Europe « faiblesse = justice », ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis. Ainsi dans les media européens c’est la puissance de la faiblesse qui domine l’impuissance de la force. En conclusion, Schek note que si bien évidemment on a le droit de critiquer Israël, Israël a le droit de ne pas aimer ceux qui la critiquent et donc de se tourner vers les Etats-Unis.
Laura Tolub
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