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24-07-2008
 
 
Compte-rendu de conférence: "Les Etats-Unis après les élections : toujours la guerre ?" Version imprimable Suggérer par mail
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26-02-2005

Compte-rendu de conférence organisé par le cabinet de conseil en stratégie et management A.T. Kearney et le groupe de réflexion La République des Idées à l’école HEC Paris le mardi 7 décembre 2004:


 
"Les Etats-Unis après les élections : toujours la guerre ?"

27/02/2005


 

Intervenant : Bruno Tertrais (maître de conférence à la Fondation pour la recherche stratégique et chercheur associé au Centre d'études et de recherches internationales ; auteur de La guerre sans fin, l'Amérique dans l'engrenage (Seuil 2004), de l'Asie nucléaire (IFRI, 2001) et de Nuclear Policies in Europe (International Institute for Strategic Studies, 1999)).


 
 
Les Américains n’ont fondamentalement jamais eu de liste de pays à « attaquer ». L’Irak est un cas à part et sa situation est incomparable avec celles de la Syrie ou de l’Iran : l’Irak est centre du Moyen-Orient, et la figure de Saddam Hussein jouait un rôle symboliquement fondamental. Par ailleurs, aucune invasion n’est envisageable car les Américains se sont rendus compte de l’extrême difficulté d’occuper un autre pays.
 
 
On a de plus noté l’évolution de l’outil militaire américain qui n’est non plus fondé sur de gros bataillons mais sur des forces légères. Désormais, dans la guerre contre le terrorisme, les menaces sont représentées par les réseaux terroristes, et plus par les grosses entités identifiables comme l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques) l’était avant.
 
La démocratisation du Proche-Orient n’est pas l’importation de la bonne parole, mais de l’idée que les démocraties ne se font pas la guerre et que a contrario les dictatures produisent du terrorisme.
 
La solution proposée par Américains, discutable selon Bruno Tertrais, est celle de la thérapie de choc – une stratégie hautement risquée. Après la mort d’Arafat, la ré-élection de George W. Bush ainsi que la promesse faite à Tony Blair de faire de la résolution du conflit israélo-palestinien une priorité en échange de la solidarité sur le dossier irakien, Bush doit faire un effort pour la paix au Proche-Orient. La présence et l’image de la communauté évangélique aux Etats-Unis pose un problème de crédibilité. L’enjeu pour les Etats-Unis est de retrouver un semblant de crédibilité. On constate un gouffre entre les visions européennes et américaines du monde : pour l’Europe, la fin du XXème siècle a eu lieu avec la chute du Mur de Berlin alors que pour les Etats-Unis, la chute des tours a été perçue comme une déclaration de guerre et viol.
 
Dans le scandale "pétrole contre nourriture", la France a été particulièrement stigmatisée pour son rôle supposé dans le maintien d'un système corrompu et inefficace à l'ONU (Organisation des Nations Unies).  L'efficacité et l'intégrité du programme a en effet été mis en doute par les Républicains américains, et tout particulièrement par le Wall Street Journal, pour qui l'opposition française à la guerre relevait de l'intérêt national et financier, et en aucun cas d'une défense de l'idée de 'légalité internationale.
 
Les Etats-Unis se sont partiellement remis en cause avec la fameuse question Why do they hate us ? La réponse privilégiée fut la suivante : « pour ce que nous sommes », ce qui n’est pas faux car haine de la culture occidentale dans l’islamisme.
 
 
Finalement, le véritable dilemme des Etats-Unis est de faire la part des choses entre des stratégies de court et de long terme, d’où l’existence de contradictions.
 
 
 

 Jeremy Fain & Jeremy Ghez
 
 

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