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24-07-2008
 
 
CR de débat AFIDORA: "Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces de la prolifération nucléaire" Version imprimable Suggérer par mail
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24-03-2005

Compte-rendu de débat AFIDORA


Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces de la prolifération nucléaire dans le monde

25/03/2005

à l’Ecole Supérieure des Affaires - Créteil


 
AFIDORA et Ouvertures, une association étudiante de l’Université de Créteil, organisaient un débat sur le thème de la prolifération nucléaire. Les intervenants étaient Georges Le Guelte qui est directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et Dominique David, chargé de mission auprès du Directeur de l'Institut français des relations internationales (IFRI, Paris).
 
Le débat a duré une heure trente, ce qui a permis au public d’y participer largement.


 

Georges Le Guelte et Dominique David – Tous droits réservés AFIDORA 2005

 


 AFIDORA : La maîtrise de l’atome semble de plus en plus accessible, notamment à l’Iran et à la Corée du Nord qui, selon certains observateurs, seraient arrivés au stade nucléaire. Quel regard portez-vous sur cette prolifération ?
 
Dominique David :
Pour ouvrir ce débat, il est essentiel de présenter les trois ages de la prolifération nucléaire.

Les années 50-60 sont marquées par la mise en place de pouvoirs nucléaires officiels. Les années 60-70 quant à elles sont marquées par la coopération de certains pays: le gouvernement israélien établit une relation secrète avec l'Afrique du Sud, la France entretient également des relations avec l’Irak…

Alors que le début des années 90 s’était caractérisé par une diminution des États proliférants (Ukraine, Biélorussie, Kazakhstan, Afrique du Sud, Argentine et Brésil) il est certain aujourd’hui que l’Inde et le Pakistan sont dotés d’armes,  des doutes planant sur les intentions de la Corée du Nord et de l’Iran. Ce troisième age nous mène à une réalité qui n’est pas sans conséquences :
-         Tout d’abord, cela prouve que le club nucléaire (USA, Russie, Chine, France Grande-Bretagne) n’est pas clos, et qu’il y aura sans doute d’autres pays dans l’avenir. Or depuis des années on fait semblant qu’il est fermé.
-         Il convient  de renforcer les capacités à détecter les activités nucléaires clandestines. Les exemples récents de l'Irak et de la Corée du Nord en démontrent la nécessité. On peut dire que le système de lutte contre la prolifération nucléaire a des trous, il ne fonctionne donc pas.
-         Enfin, le trafic des Etats (Arabie Saoudite - Pakistan, Iran – Pakistan) et aussi le trafic entre les entreprises privées. En effet, une coopération internationale accrue contre les trafics de toute sorte, à commencer par des mesures efficaces contre le blanchiment d’argent, limiterait les moyens matériels des organisations criminelles.
 
Après les évènements du 11 septembre, on cherche à déterminer les liaisons entre la prolifération nucléaire et le terrorisme. Il n’y a aucune passerelle, en revanche personne ne peut juger sur le futur.
C’est alors que trois questions essentielles se posent :
1-     Comment gérer les nouveaux états qui deviennent nucléaires ? L’Inde et le Pakistan le sont devenus officiellement. Certains ne le souhaitent pas, mais l’Iran est en espace  de le devenir. Comment peut-on gérer cela rationnellement ?
2-     Comment réformer le traité de non prolifération  (TNP), l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) et redessiner le processus ?
3-     Comment empêcher qu’il n’existe un jour un pays basé sur les armes nucléaires ?
 
Georges Le Guelte :
Il existe une série de problèmes qui menace l’équilibre du traité de non prolifération nucléaire. Ce traité international est le plus universel puisque 4 pays seulement ne l’ont pas signé (l’Inde, le Pakistan, Israël et Cuba).

Si l’objet de ce traité, signé en 1968 et reconduit pour une durée indéterminée en 1995, concerne d’abord la lutte contre la prolifération des armes nucléaires dans les pays qui n’en possèdent pas, il est au cœur du processus de désarmement pour les pays dotés d’armes nucléaires.

-         On note tout d’abord le manque de volonté politique qui a toujours été manifesté par toutes les puissances. Celles-ci l’ont défendu à Cuba en 1968 et l’ont perdu à la fin des années 70 avec le Pakistan. En effet, les Etats-Unis ont aidé les moujahidines contre l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) et ont fermé les yeux sur beaucoup de choses. A ce sujet, la France comme les Etats-Unis ont aidé plusieurs pays dont Israël, la Chine et le Pakistan. Le problème énorme qui se pose est le fait que les grandes puissances ont du mal à prendre des décisions importantes pour stopper la prolifération nucléaire.
-         A la fin des années 70, les pays se sont mis d'accord pour ne pas se procurer d'armement nucléaire à la condition que cela s'applique de la même façon à leurs voisins. Ainsi, si on se reporte à l'exemple de l'Iran et de la zone Moyen Orient, les pays voisins comme l'Egypte, la Syrie, et l'Arabie Saoudite sont directement concernés et auront leur mot à dire. Il en va de même pour les pays voisins de la Corée du Nord comme le Japon, Taiwan et bien sur la Corée du Sud. Bombarder son voisin préventivement : ça semble parfaitement incontrôlable.
-         Le réseau des trafiquants clandestins joue un rôle très important. Le pakistanais Abdul Qadeer Khan  est accusé d’avoir vendu de la technologie nucléaire à l’Iran et à la Corée du Nord. L’année dernière, il a reconnu être le responsable d’un réseau international de transfert clandestin de technologie nucléaire vers l’étranger. Cela prouve qu’il peut se passer du gouvernement pakistanais. Avec des matériaux des Pays-Bas, des ingénieurs suisses, des composantes d’Asie et d’autres d’Espagne, les pays ne voient rien. Dans le futur, on ne peut plus contrôler les transferts techniques, ce qui nous mène à une situation pas très confortable.
 
AFIDORA : Nous savons que l'Iran est le cinquième exportateur de pétrole et dispose d'énormes réserves de gaz. On peut donc mettre en doute la sincérité des dirigeants, lorsqu'ils affirment avoir besoin de maîtriser l'énergie nucléaire à titre exclusivement civil. Cette motivation serait-elle une logique de prestige, une stratégie défensive, ou une volonté d'agression ?
 
Dominique David :
Tout simplement une motivation de puissance. Il s’agit vraiment d’une question politique. Les programmes iraniens ne sont pas récents. Ils ont été lancés en 1970 dans le régime du Shah avec l’appui des Etats-Unis. Téhéran a une stratégie instable et est entourée de pays abattus, il y a donc  la volonté d’être un grand pays, un pays riche, avec des programmes nucléaires, un pays qui affirme sa sanctuarisation face à la « méchanceté américaine ». L’Iran doit avoir l’assurance qu’on ne songe pas à l’attaquer ou à provoquer un changement de régime, elle a également besoin d’un sentiment de sécurité pour ne pas vouloir se doter d’armes nucléaires. Certes il y a une déstabilisation immédiate de la région mais ce n’est pas parce qu’on a l’arme nucléaire qu’on va se jeter sur son voisin. Israël n’est pas prêt de bombarder les territoires palestiniens

Si on ne signe pas le traité de non prolifération, on n’est pas dans une situation illégale. Historiquement, l’Inde, le Pakistan et Israël se sont situés en dehors du régime du TNP, et ils ont développé des armes lorsque celles-ci n’étaient pas interdites. L’Iran s’est engagé dans le cadre du TNP, à ne pas se doter d’armes nucléaires, c’est pourquoi il viole leurs obligations internationales aujourd’hui. 


AFIDORA : Vous avez dit, Georges Le Guelte, qu’il y a, dans le Traité de non-Prolifération, une clause de désarmement nucléaire, formulée il est vrai en termes si hypocrites qu'au moment où elle a été rédigée, les cinq pays dotés d'armes, pouvaient penser que jamais personne ne leur demanderait de l'appliquer. Pensez-vous que cela puisse être un barrage au désarmement nucléaire dans le cadre du TNP ?
 
Georges Le Guelte :
On est tous d’accord pour des règles internationales, mais uniquement si elles sont respectées. Avec le TNP l’enjeu est important : ou bien la communauté internationale démontrera que la diplomatie multilatérale et les mécanismes de sécurité collective sont capables d'assurer le respect de l'état de droit, ou bien la loi de la jungle prévaudra : plusieurs pays risquent de se doter de programmes nucléaires militaires, et d'autres se croiront autorisés à détruire préventivement les installations qu'ils jugeront dangereuses pour leur sécurité. Par ailleurs, les intérêts commerciaux priment souvent et c’est eux qui forment les nouvelles règles. L’Iran s’est fait aider par la Chine et la Russie pour développer ses propres capacités grâce à des transferts de technologie ; la Chine a aussi contribué au programme pakistanais tandis que la Russie aidait l’Inde et la Corée du Nord.
S’il n’y a pas de solution négociée avec l’Iran, l’étape suivante serait de poser la question iranienne devant le Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unis (ONU). Mais est ce que ça avancerait à quelque chose ? Personne ne peut savoir comment peut finir une confrontation, et tout le monde est perdant.
 
Dominique David :
Il y a également une doctrine de dissuasion dans le fait de posséder des armes nucléaires. Il doit être clair que si les intérêts du pays sont menacés, un chef d’Etat ne doit pas hésiter à utiliser les armes. Mais si l’adversaire se manifeste ? Et si ça ne marchait pas ?

La dissuasion est essentiellement paradoxale : il s'agit de terroriser l'adversaire et de rendre l'arme tellement redoutable que l'adversaire n'osera pas l'utiliser en premier : un adversaire potentiel sera dissuadé d'attaquer s'il a la certitude qu'après l'avoir fait, il subira des représailles militaires représentant pour lui des dommages inacceptables, à savoir sa destruction en partie ou totale.

La doctrine c’est une bonne chose mais il faut bien comprendre que les armes nucléaires ne sont pas en soi déstabilisantes.  Elles peuvent aussi l’être mais tout dépend de l’emploi qu’on en fait.
 
Georges Le Guelte :
L’arme nucléaire c’est bien mais il faut les vecteurs, c'est à dire les missiles qui vont les mener. L’idée qui est mise en avant est de dissuader les Etats-Unis d’envahir l’Iran. Il y a la nécessité d’une réflexion plus élaborée.
Les Iraniens sont de très bons négociateurs. Il s’agit d’un pays menacé par les Etats-Unis et qui se fait prier pour bien vouloir accepter des négociations dont ils sont maîtres. Il y a un tour de force de négociation.
On sait que l'Iran est sur le point de fabriquer de l'uranium enrichi mais nous n'avons aucune preuve qu'il essaie de faire du nucléaire à usage militaire. Le danger est là : que l'Iran utilise rapidement le nucléaire à des fins militaires.
Dans cette hypothèse, soit on les arrête très vite, soit il sera bientôt trop tard. Pour les arrêter, il y a deux solutions. Soit les contraintes économiques, comme les sanctions, mais seront-elles efficaces ? Soit les Américains frappent militairement les usines d'enrichissement d'uranium iraniennes. Dans ce cas, il n'y a pas de risque nucléaire puisque l'uranium n'est pas enrichi. Si d'aventure il l'était, le risque de contamination serait limité aux environs immédiats de l'usine.
L’arme nucléaire reste une arme magnifique de négociation « Rien dans les mains, rien dans les poches ».
 
Public : Pour l’avenir, quelle peut être la stratégie nucléaire israélienne et dans quelles mesures elle risque de représenter une menace dans la région ?
 
Georges Le Guelte :
la politique nucléaire israélienne est plus du passé, notamment en Egypte (Opération Sanson) mais aujourd’hui qu’est ce qu’ils vont bien en faire ? Certes il y a une supériorité vis-à-vis des pays arabes. En cas de conflit, ils obtiendront comme d’habitude l’appui des américains sur le plan conventionnel ils l’emporteront largement.
A court terme, l’armement israélien est sans réelle importance. A long terme, la question peut se poser en cas de non règlement politique sur le conflit.

Il n’y a pas d’accord de paix sans gestion des armements des régions. Tout système de sécurité régionale devra inclure les autres pays du Moyen-Orient, notamment Israël. Soit on gère tout, soit on ne gère rien.

Lorsque les Etats arabes deviendront un peu plus démocratiques inchallah, on pourra se mettre d’accord sur la gestion des armements.
 
Public : Les Etats-Unis ont la volonté d’utiliser des armes plus légères. Cela ne conduirait-il pas à une banalisation de l’arme nucléaire d’une part et d’autre part d’y voir plus de raisons de vouloir la posséder ?
 
Dominiqe David :
Pour la France, le nucléaire est une arme très spéciale, voire pas une arme. Elle s’est toujours refusée à faire de l’arme atomique une arme de " bataille ". Cela est ancré dans notre culture.
Plus une arme est souple, moins il y a d’horreur, certains pourraient aussi être tentés d'y voir une arme comme une autre et donc la banaliser et paraît moins dangereuse.
On se pose la question alors, pourquoi des « petites » armes au lieu de grosses. L’utilisation de petites armes a une double perversité. Une perversité quantitative et une perversité qualitative qui est donc sa banalisation.
Les Etats-Unis quant à eux n’ont pas cette perception. Ils ne font pas la distinction entre l’arme et le nucléaire. Dans la pratique c’est tout autre chose. Les américains n’ont pas utilisé d’armes nucléaires depuis Nagasaki.
 
Public : Les armes biologiques représentent-elles une réelle menace à court et moyen terme ?
 
Georges Le Guelte :
On en parle peu car il y a une grosse difficulté de prévention vu le danger. Selon les services de sécurité américains, plusieurs pays en posséderaient notamment la Chine et Israël. L’utilisation de ces armes  aurait des conséquences psychologiques très importantes, avec des risques de panique dans une population mal informée, très sensibilisée au nucléaire (militaire comme civil), et un personnel hospitalier peu préparé. Mais ces conséquences seraient sans commune mesure avec celles d’une agression recourant à un engin nucléaire explosif. Celle-ci ferait des dizaines de milliers de victimes ; ses effets psychologiques, sociaux et politiques seraient d’une nature et d’une ampleur bien supérieures. Ce danger est infiniment plus grave que tout autre.
 
Dominique David :
Nous sommes prisonniers des services d’information américains.
-         Les seules armes de destruction massive sont les armes nucléaires pour le moment. C’est incomparable avec toute puissance chimique. Le biologique est une technique très souple, légère, manipulable qui se traite dans des laboratoires. Par conséquent, l’information scientifique est disponible à tout le monde. C’est une diffusion à maîtriser car les technologies évoluent très vite.
-         Les armes biologiques ne sont pas toujours utilisables et dévastatrices.
-         Dans une hypothèse de militarisation, l’utilisation de ces substances biologiques a plus un effet de panique psychologique. En revanche, à long terme, elles représentent une réelle menace, elles sont extrêmement dangereuses si elles sont entre les mains de terroristes.
 
Public : Si l'Iran possède l'arme nucléaire, cela n'aurait-il pas un effet stabilisant dans la région, en créant un autre bloc après celui d'Israël ?
 
Dominique David :
Est-ce que la prolifération en couple mène à une stabilisation, on ne sait pas. Si  l’on admet que l’arme nucléaire a été pendant la guerre froide un facteur de stabilisation, peut-on en dire autant aujourd’hui. L’Inde et le Pakistan vont plus réfléchir à la question avant de l’utiliser.
Concernant le couple au Moyen-Orient, il ne s’agit pas d’un choix de stabilité. La raison principale est la petitesse de l’espace qui n’arrangerait rien. L’arme nucléaire ne sert pas à contraindre les Etats. Israël ne va pas évacuer les territoires occupés parce qu’elle possède  des armes nucléaires. En revanche, il y a une satisfaction intellectuelle et politique pour les pays arabes face à Israël.
 
Georges Le Guelte : On a obtenu ce qu’on voulait sur un plan juridique. 184 pays ont signé le Traité de Non Prolifération. Le problème est de faire respecter ce traité, chose qui devient de plus en plus difficile avec la dissimulation de l’uranium. En effet, on peut se poser des questions sur la viabilité de ce  système à long terme, basé sur des pays qui ont accès à la technologie nucléaire et d’autres qui n’y ont pas accès, tout particulièrement avec la dissémination actuelle de la technologie.
Ainsi, l’engagement juridique ne suffit pas, les services de renseignement doivent nous dire ce qui se passe réellement. Les grandes puissances doivent avoir la volonté de faire respecter le traité, et de sanctionner.
 
 
AFIDORA :
Dominique David vous avez montré que le club nucléaire n’était pas fermé, Georges le Guelte vous n’excluez pas la multiplication de puissances nucléaires dans les prochaines années : dans ces conditions la doctrine classique de la dissuasion est-elle toujours pertinente ou bien, de Saint-Cyr à West-Point, de nouvelles doctrines stratégiques plus adaptées sont-elles élaborées ?
 
Dominique David :
officiellement pour la France non, pour les Etats-Unis oui. Concernant la doctrine nucléaire française actuelle, fondamentalement elle est absolument inchangée. Ce qui change en revanche, c’est que la France se dote de matériaux plus souples. Le Président de la République a annoncé dans un de ses discours «  une inflexion de la souplesse d’emplois des armes ».
Les Américains adoptent une posture dissuasive qui a nettement évolué. Ils privilégient en particulier les armes nucléaires petites et extrêmement souples (détruire des armes sous terrains). Pour le moment ça ne marche pas, mais s’il y a un changement de doctrine c’est davantage plus de souplesse.
 
Georges Le Guelte :
Les armes nucléaires ne sont pas des armes de dissuasion. Ce sont des armes, après les dirigeants décident ce qu’ils en font. Les motivations des États proliférant  traduisent une ambition limitée qui ne nous concerne pas directement. Dans le contexte géostratégique actuel, la volonté d’affirmer sa place sur la scène internationale, domination régionale (cas de l’Irak ou de la Corée du Nord) ou souci de sécurité mutuelle (Inde - Pakistan par exemple) constituent les principales motivations des proliférateurs. Mais on relève de plus en plus aussi des stratégies de " sanctuarisation agressive " visant à se protéger de toute intervention de puissances extérieures lors d’un conflit interne ou au delà de ses frontières grâce à la possession d’armes de destruction massive.
Dans le face à face indo -pakistanais par exemple, pour lequel l’instabilité politique est grande, l’hypothèse d’un dérapage n’est pas à exclure. L’ensemble des pays proliférants, y compris la Russie, se caractérisent en outre par une imprévisibilité bien plus forte que du temps de l’Union soviétique.
Ce qui peut être très dangereux également, c’est qu’il n’y ait pas nécessairement de catastrophes, mais qu’on agisse par la peur. Une erreur d’interprétation peut entraîner un conflit quelle que soit la doctrine. L’accroissement du nombre de pays impliqués dans le développement d’armes de destruction massive augmente évidemment les risques d’utilisation de ces armes. Ainsi, on sera toujours à la merci d’un accident, et il y aura plus de décisions délibérées. Hitler n’aurait pas hésité à utiliser une arme nucléaire s’il en possédait.
 
                                                                                                        

  Propos recueillis par Jihane Sekkat
 
 

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Dernière mise à jour : ( 07-08-2005 )
 
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