| Des raisons d'éspérer |
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| 25-10-2004 | |
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Des raisons d’espérer 25/10/2004
Il n’est donc plus acceptable, désormais, de traiter Israël d’ « Etat raciste », alors qu’on occupe le plus hauts postes d’une station de radio internationale francophone. Tel est, du moins, le principal enseignement de la démission d’Alain Ménargues de la tête de Radio France Internationale, après que ses propos, d’abord sur LCI puis sur Radio Courtoisie, aient suscité l’indignation, sans précédent, des syndicats de journalistes de la station de radio.
La France se défendait pendant l’été devant les accusations de Jérusalem de complaisance vis-à-vis de l’antisémitisme en France. Le bon sens aurait voulu que ce genre d’événements pousse les journalistes français à intégrer le caractère délicat des relations diplomatiques entre les deux pays et à ne plus s’aventurer dans des discours aussi hasardeux qu’irresponsables. Au lieu de cela, nous avons eu le droit, en France, aux dérapages verbaux d’un Ménargues dont l’insulte, dirigée contre le bon sens comme contre ceux qui se battent pour un débat de raison sur la question du Proche Orient, est désormais connue. Et à ce titre, il est inutile de s’étendre sur les propos de l’ancien patron de RFI, qui a prétendu se livrer à une analyse théologique de la Bible pour fonder une thèse aussi inadmissible que raciste. Car dire que les Juifs, et donc Israël, sont tous des racistes, c’est faire preuve de racisme soi-même.
Ce qu’on peut également tirer de cette affaire est qu’une idée importante commence à s’imposer progressivement en France : il y a bien une différence fondamentale entre s’affirmer comme antisioniste et critiquer la politique de Sharon. Si le premier s’apparente à un déni du droit d’exister d’un pays reconnu internationalement, le deuxième type de discours correspond à un commentaire de politique internationale. La distinction est fondamentale, n’en déplaise aux soutiens actifs de Ménargues, tout comme aux critiques de Jean-Christophe Rufin, dont le rapport sur le racisme et l’antisémitisme, commandé par le gouvernement, a mis en relief le problème que posait ‘l’antisionisme radical’ en France aujourd’hui.
Car tant ceux qui ont soutenu Ménargues que ceux qui ont cru bon de stigmatiser le ‘délit d’opinion’ que visait à instaurer Rufin, en demandant que les propos radicalement antisionistes soient punis par la loi, trouvent une utilité manifeste dans l’entretien de la confusion entre l’antisionisme et la critique de Sharon. Tenir un discours antisioniste n’est pas tenir un discours de paix, et n’équivaut certainement pas à critiquer une politique, et vice-versa. Nous, qui vivons en France, pays qui s’indigne à juste titre que son hymne national soit sifflé lors de rencontres sportives, devrions savoir mieux que quiconque ce que veut dire une identité nationale en question. Transposée au cas de l’Etat hébreu, qui doit faire face au phénomène antisioniste, et pour qui il ne s’agit plus d’une identité mais de l’existence propre en tant que nation qui est en jeu, la situation devient d’autant plus intolérable.
Nous ne pouvons que nous en réjouir que la distinction entre critique d’une politique et antisionisme radical fasse peu à peu son chemin. Une discussion ouverte et constructive sur le Proche Orient passe par des pré-requis indispensables, et l’acceptation de l’existence de l’Etat hébreu en est une. Jean-Christophe Rufin, et de manière indirecte, les journalistes de RFI l’ont compris. Et cela ne peut être que de bonne augure pour l’avenir du débat en France.
Jeremy Ghez |
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| Dernière mise à jour : ( 29-08-2005 ) |
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