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07-10-2008
 
 
Iran : quelles options pour l’Occident ? Version imprimable Suggérer par mail
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14-06-2006

Iran : quelles options pour l’Occident ?

15/06/2006

Compte-rendu du colloque sur l’Iran du 22 mai 2006 

« Le présent point de vue n’engage que son auteur et aucunement AFIDORA, structure de réflexion collective de géopolitique du Moyen-Orient sans ligne éditoriale à proprement parler ».

Ce colloque, organisé par le Gulf Intelligence Monitor (GIM) à Paris le 22 mai 2006. Ce colloque fait suite à celui tenu un an plus tôt et avait pour objectif d’évaluer la situation après une année de négociations avec le gouvernement du Président iranien Ahmadinedjad.  

I  RESUME

II  DEROULEMENT DU COLLOQUE

III COMPTE-RENDU

ANNEXES

1 – Gulf Intelligence Monitor et description des Participants

2 – Chronologie du programme nucléaire iranien (en Anglais) fournie par le GIM 

I - RESUME 

Rassemblant des experts français et américains, ce colloque leur a offert l’occasion de confronter leurs points de vue face à la crise nucléaire iranienne.  Quoique s’entendant sur le danger extrême que ferait peser un Iran nucléaire pour les valeurs de démocratie, de pluralisme et de liberté de la civilisation occidentale toute entière, ils étaient néanmoins plus divisés sur la meilleure voie à adopter pour empêcher cela. Il n’y a pas de « bonne » option, là aussi, ils sont tous d’accord. Quelle est la moins mauvaise des solutions ? En gros trois démarches apparaissent :

  • Des pressions économiques et politiques par une « coalition des volontaires » pourraient provoquer un changement de direction dans un régime qui ne changerait pas fondamentalement.
  • L’appui fort aux résistants iraniens (non identifiés) pour faire tomber le régime.
  • L’option militaire américaine.
 

Tous les intervenants sont d’accord aussi pour dire que le temps est compté, le compte à rebours a commencé car Israël ne peut se permettre de laisser l’Iran se doter d’armements nucléaires, il en va de sa survie. Israël interviendra donc militairement (il a la capacité de détruire les sites nucléaires iraniens) si une solution n’est pas trouvée dans les 18 mois environ puisque, selon ce pays, l’Iran aura tous les éléments nécessaires à une bombe nucléaire d’ici à début 2008.  

II - DEROULEMENT DU COLLOQUE  

Deux sessions, animées toutes deux par Hélène Lind (du Congrès Juif Européen) 

1ère session, participants :  

André Glucksmann, Philosophe

Dominique Moïsi, Conseiller spécial de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales)

Lt-General Tom McInerney, ancien Chef d’Etat-major adjoint de l’US Air Force

Bruno Tertrais, Directeur de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, spécialiste des questions de stratégie, de défense et de prolifération nucléaire 

Prof. Ray Tanter, Vice-président de « Iran Research Committee » USA

Claude Goasguen, Député de Paris, Vice-président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale

Prof. Ray Tanter, Vice-président de « Iran Research Committee » USA 

2ème session, participants :  

Bruce McColm, Directeur de Freedom House

Général Paul Vallely, Président du comité militaire du « Center for Security Policy »

Chuck Nash, Président « Emerging Technologies International »

Laurent Arthur du Plessis, journaliste et auteur de « L’Iran dans le Tiers-monde »

Bill Cowan, Analyste militaire de Fox News 

III – COMPTE-RENDU 

1 – Session 1 

1.1 André Glucksmann 

Se définissant comme « lecteur de journal », André Glucksmann ne se prononce pas sur le « que faire » mais plutôt sur le préalable qui consiste à définir les risques, le danger et identifier ce qui bloque l’opinion publique et la rend si passive sur cette question. Il y a selon lui, trois confusions :

  1. Confusion méthodologique

    Tout le monde a les yeux rivés sur le « comment » en oubliant le « pourquoi ». Si cette question du « pourquoi » était résolue, on saurait « qui » pourrait s’unir pour engager une action. Or les acteurs actuels ne sont pas d’accord sur ce « pourquoi », ce qui est grave.

  1. Confusion de doctrine

    Il y a trop d’experts que l’on fait parler dans les médias. Il en résulte que l’opinion publique a été amenée à croire en « l’équilibre de la terreur » et que cet équilibre résout le problème. Or, dans le cas de l’Iran, c’est totalement faux. L’équilibre n’est pas automatique et y croire est fatal. La bombe nucléaire fait effet de dissuasion car on peut l’utiliser. Donc la dissuasion est très dangereuse car l’équilibre qu’elle provoque est très instable. Plus il y a de possesseurs d’armes nucléaires, plus la situation est instable et dangereuse.

    De plus, la bombe sanctuarise ceux qui la possède. En ce qui concerne l’Iran cela revient à sanctuariser ceux qui soutiennent le terrorisme.

  1. Confusion géopolitique

    Beaucoup expriment l’opinion que « si l’un a la bombe, pourquoi l’autre n’aurait pas le droit de l’avoir lui aussi ». C’est, face à certains régimes, une erreur très grave.  

    L’équilibre de la terreur a fonctionné entre l’Occident et le Bloc soviétique car il y avait en Europe, y compris en URSS, et aux USA une conscience des événements tragiques du XXème siècle représentant deux crans d’arrêt forts à la montée de la violence :

      • Auschwitz – limites au développement du nationalisme
      • Hiroshima – limites à l’escalade de la violence : capacité de mettre fin à l’humanité toute entière, l’idée de victoire qui disparaît.
 
 

    Ces deux points ont été niés par le président iranien :

      • Il n’y a pas pour lui de constat de génocide.
      • Les théologiens qui l’influencent déclarent que l’arme nucléaire est un instrument légitime, utilisable au même titre qu’un autre, et qu’une guerre qui entraînera la perte des 2/3 de l’humanité amènera la venue du Mahdi (le messie des chiites) et le triomphe universel de l’Islam.
 

Il y a donc exceptionnalité pour le régime iranien. Leur laisser avoir la bombe nucléaire, c’est laisser un enfant irresponsable jouer avec des allumettes. C’est extrêmement dangereux.  

1.2 Général McInerney 

Selon cet ancien chef d’EM de l’armée de l’air américaine, le monde fait aujourd’hui face à son plus grand danger depuis Hitler et la 2ème Guerre Mondiale. L’Iran est un pays majeur professant une idéologie islamiste extrémiste. L’Occident fait l’erreur de la confondre avec la religion.  

Le régime de Téhéran finance et soutient des groupes terroristes comme le Hezbollah, et les aide à accomplir leurs crimes. Leur tentative d’obtenir des armes nucléaires a pour objectif la domination du Moyen-Orient.  

Face à cela ni l’espoir, ni le déni ne représentent des stratégies, or c’est ce que les dirigeants occidentaux professent aujourd’hui. Le Général McInerney a demandé aux chefs d’état-major allemand et français ce qu’ils feraient si un dispositif nucléaire éclatait simultanément à Paris et à Berlin. Leur réponse a été « c’est impossible ». Le déni est flagrant.  

Le général préfèrerait que la diplomatie puisse résoudre le problème. Ce ne sera pas possible car la Russie et la Chine ne sont pas des alliés en l’occurrence. L’Iran est persuadé que l’Occident n’a pas la volonté de les arrêter et que l’apaisement pratiqué à son égard, tout comme envers l’Allemagne nazie dans les années 36-39. Face à quelqu’un qui est persuadé que le Mahdi arrive, aucun apaisement ne peut aboutir.  

L’option militaire est possible et crédible. Elle devrait rassembler la « coalition des volontaires (coalition of the willing) ».  

La troisième option est d’aider le peuple iranien à recouvrer son pays. Le régime iranien est vulnérable. Leur pétrole est vulnérable car concentré dans une petite partie du pays, et ils doivent importer plus de 40% de leur essence à cause de l’état de leurs raffineries. Il y a eu plus de 900 soulèvements et révoltes en 2005. 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté. 51% seulement sont persans. Le deuxième bloc est celui des Azéris, plus de 30%, et il y a 10% de Kurdes, puis toute une série d’autres ethnies localisées.  

1.3 – Bruno Tertrais 

La situation est aujourd’hui très différente de ce qu’elle était il y a un an. On constate en Iran un triple révisionnisme :

      • Négation de la shoah
      • Volonté de saper le traité de non prolifération nucléaire
      • Refondation du Moyen-Orient pour y éliminer les intérêts occidentaux. Tous les intérêts occidentaux.
 

Selon B. Tertrais, la stratégie graduelle actuelle semble pouvoir fonctionner : pas de sanctions onusiennes, mais des résolutions au nom du chapitre VI qui seront suivies de sanctions ad hoc par la « coalition des volontaires ».  

Il y a plusieurs camps à Téhéran aujourd’hui, dont un très favorable à une solution négociée. Ceux qui ont la haute main sur le programme nucléaire en Iran pensent que ce n’est pas le moment de « flancher » car ils ne croient pas en la résolution des pays occidentaux. La voie à suivre est donc celle de la pression graduelle exercée hors du Conseil de Sécurité. Un modus vivendi doit donc être trouvé entre l’Iran et les USA, sans négociations directes entre les deux. Dans ce cadre, le soutien à la résistance iranienne provoquerait une fuite en avant du régime actuel.  

Selon Bruno Tertrais, il y a trois scénarios possibles :

  • 1er scénario : l’Iran aura sa bombe nucléaire (fin 2008, début 2009)
  • 2ème scénario : une solution négociée incluant la fin de toute rhétorique agressive et la fin du soutien au terrorisme est obtenue
  • 3ème scénario : action militaire, car une option crédible existe.
 

Quel est le pire de ces scénarios, car aucun n’est bon ?  

Ceux qui font le parallèle entre le nucléaire israélien et le nucléaire iranien font une grave confusion sur trois plans :

  • Juridique : l’un a signé le traité de non prolifération (TNP)
  • Politique historique : ce n’est pas la bombe israélienne qui provoque l’Iran à obtenir la sienne
  • Moral : il n’y a pas d’équilibre stratégique possible quand un des protagonistes nie à l’autre tout droit d’exister et est prêt à sacrifier le tiers de sa population pour détruire l’autre.
 

1.4 Professeur Tanter 

Il résume les présentations précédentes en identifiant trois thèmes :  

      • La nature du régime iranien.
      • Quelle différence fait la nature de ce régime.
      • Un moyen de dissuasion aura-t-il un effet sur l’Iran ?
 

La réponse à la troisième question est NON, car la nature islamo-fasciste du régime le force à acquérir des armes nucléaires pour plier ses voisins à sa volonté et surtout pour convaincre son propre peuple qu’il peut soumettre l’Occident à sa volonté. Tous les états ne sont pas égaux face aux armes nucléaires.  

L’extrémisme islamiste entraîne le soutien au terrorisme international : il y a concurrence entre l’Iran et Al Qaïda : qui acquerra le premier des armes nucléaires et démontrera ainsi qu’il est le leader du monde musulman ?  

Face à une telle situation, l’effort nécessaire pour atteindre un consensus international donne trop de temps à l’Iran pour développer ses capacités. L’Iran maîtrise maintenant le cycle du combustible nucléaire. Il n’a besoin que du temps nécessaire pour produire de l’uranium enrichi au niveau militaire en quantités suffisantes. Israël a informé en termes clairs la communauté internationale qu’il ne peut pas attendre passivement que cela se produise, et qu’il utilisera donc l’option militaire s’il s’y trouve obligé.  

1.5 Dominique Moïsi 

D. Moïsi commence par poser trois questions :  

    1. Peut-on accepter qu’un régime qui a des idées absolues possède aussi une arme absolue ?

    La réponse est clairement NON. 

    1. Y a-t-il des options  diplomatiques ?

    Probablement NON, même s’il y avait une unité totale de la communauté internationale, ce qui n’est pas le cas. L’Iran du Shah voulait un armement nucléaire car cela renforçait son statut de grand pays, héritier d’une grande civilisation. La volonté actuelle du régime d’acquérir cet armement a plusieurs clés de lecture :

    • Cela renforce la légitimité interne du régime
    • L’option militaire ne renforcerait pas les opposants iraniens
    • Les Iraniens considèrent que le temps joue en leur faveur :
      • Pétrole : le public aux USA peut-il accepter un prix du baril à 130 dollars qui obligerait les Américains à modifier leur mode de vie ?
      • L’Irak et l’Afghanistan : cela ne se passe pas bien pour l’Occident dans ces pays qui sont loin d’être stabilisés.
      • L’état d’esprit des Américains suite à la guerre d’Irak où l’opinion publique est très critique du déroulement de l’après-guerre.
 
    1. Y a-t-il une solution militaire ?

      Oui, mais il ne faut pas faire une analyse simpliste comme ce fut fait en Irak, selon D. Moïsi. Il y a deux écoles de pensée, y compris aux USA :

    • Une position à l’européenne qui dit qu’une opération militaire contre l’Iran aurait des conséquences encore plus catastrophiques qu’un Iran nucléaire (l’Italie vient publiquement de se rallier à cette opinion).
    • Un Iran nucléaire serait plus catastrophique qu’une opération militaire.
 

Dominique Moïsi conclut donc que :

    Un Iran nucléaire est-il acceptable ?   NON

    Y a-t-il une solution diplomatique ?  NON

    Y a-t-il une option militaire ?   NON 
     

1.7 Claude Goasguen 

Selon lui, la voie politique est la seule voie. Or c’est un travail de longue durée et on n’a pas le temps, mais c’est la seule voie qui puisse mettre à bas le régime. En conclusion, Claude Goasguen voudrait donc que l’Occident mette des moyens substantiels à la disposition des résistants iraniens.  

Notes du rédacteur : Mes conclusions au sortir de ce premier débat sont que, s’il y a consensus sur le danger que représente un Iran nucléaire, il y a soumission de la plupart des politiques en Europe à ce qu’ils semblent considérer comme une fatalité. L’opinion européenne me semble encore considérer qu’il est possible d’éviter une crise économique par une attitude d’apaisement envers l’Iran, et beaucoup de gouvernements penchent pour cette option, comme le nouveau gouvernement italien récemment. Il y a volonté de ne pas voir la nature du régime. Cette attitude est la plus dangereuse car elle mène nécessairement à la guerre, et donc à une crise économique grave qui en résultera. En effet, Israël n’acceptera pas de se sacrifier au bien-être de l’Europe sans réagir. Cette attitude de temporisation mènera d’ici deux ans au plus à une intervention militaire israélienne.  

L’option politique se réduit à faire tomber le régime. Elle est risquée car le régime cherchera à entraîner le monde dans sa chute : il déclenchera des conflits partout et les groupes terroristes qu’il soutient se déchaîneront, il détruira les sources et voies d’approvisionnements en pétrole. Amener le régime à renoncer à cette apocalypse en lui faisant miroiter par une alternative de possible survie sera une voie étroite. Elle devra démontrer qu’on est prêt à subir les difficultés et affronter cette crise tout en exerçant un niveau de pression crédible qui permettrait néanmoins au régime de survivre, et en comptant sur une prise de pouvoir de la minorité de mollahs qui est prête à renoncer à l’islamisme pour prix du maintien de la hiérarchie chiite en Iran. Cette voie inclut un soutien limité à la résistance iranienne, insuffisant pour lui donner les moyens d’une insurrection victorieuse, suffisant pour maintenir une menace crédible. Elle implique aussi des sanctions crédibles appliquées au bob moment et éventuellement une frappe limitée sur des infrastructures de pouvoir pour démontrer qu’on est sérieux et que le régime des mollahs est effectivement vulnérable.  
 
 

2 – Session 2 

2.1 Bruce McColm 

MrMcColm commence par mettre en question les capacités de la CIA concernant l’Iran. Il y a selon lui, un vide inquiétant au niveau du renseignement. C’est le Conseil National de la Résistance iranien qui a révélé le programme nucléaire secret de ce pays, pas les services de renseignement occidentaux. (Note du rédacteur : L’auteur oublie que depuis des années Israël alerte l’Occident sur ce programme nucléaire, mais sans avoir été écouté).  

Le problème de l’option militaire n’est pas qu’elle n’est pas faisable, au contraire, même Israël a aujourd’hui acquis la capacité de la réaliser totalement. Le problème est le temps. L’heure limite pour Israël est plus proche que celle des Etats-Unis, car Israël ne peut accepter que l’Iran ait ne serait-ce qu’une seule bombe nucléaire. Israël ne tolèrera plus ce qu’on lui avait imposé durant la première guerre du Golfe : que des Scuds tombent sur son territoire sans réagir. L’analyse qui prévaut en Israël est que cette attitude de faiblesse a provoqué l’intifada qui a suivi.  

L’Iran a refusé les incitations en termes de développement économique proposées par l’Europe, avec l’appui des USA. A la suite de la dernière élection présidentielle, les Gardes de la révolution ont pris en main tous les organes de pouvoir du pays.  Les enquêtes d’opinion en provenance de l’Iran montrent que le public n’est pas tellement favorable à l’énergie nucléaire, malgré les tentatives des médias, y compris occidentaux, pour démontrer le contraire. (Note du rédacteur : Durant la semaine du 22 mai, les étudiants iraniens ont manifesté massivement contre l’énergie nucléaire). L’idée selon laquelle l’Occident accepte que l’Iran dispose d’énergie nucléaire mais pas d’armement nucléaire n’a pas encore été perçue par le peuple iranien.  

Les dépenses d’armement depuis un an et celles planifiées pour l’année en cours et la prochaine entraînent de sévères restrictions des dépenses sociales. Des sanctions économiques auraient un effet certain car il y a eu une fuite importante de capitaux. La bourse iranienne a perdu 30% depuis deux ans. La croyance des dirigeants iraniens que les Chinois viendront à leur secours ne tient pas compte des positions très dures que prennent les Chinois lors de négociations commerciales. L’Iran a stocké pour un an de nourriture en prévision.  

Les négociations avec l’Iran n’ont jamais donné de résultats depuis la révolution islamique.  Les USA sont entièrement sur la voie diplomatique actuellement, mais le temps est compté. Des sanctions économiques bien ciblées pourraient avoir des effets majeurs. Il y a beaucoup d’instabilité en Iran, et l’agitation augmente chaque année. Il y aura un changement de régime dans tous les cas. L’Occident doit planifier en vue de l’accélérer et pour qu’il ne soit pas extrême.  

Les USA avaient accordé beaucoup de marges de manœuvre à Khatami, or c’est lui qui a démarré le programme nucléaire militaire iranien. Les états du golfe sont très inquiets que des centrales de technologie russe de type Tchernobyl s’installent sur les rives du Golfe, ils préfèreraient à la limite que l’Iran ait un programme nucléaire uniquement militaire et pas du tout civil. Un incident de type Tchernobyl et c’est toute vie dans le Golfe qui disparaît.  

(Note du rédacteur : Cette description de la situation interne iranienne ne ressort jamais des reportages des médias occidentaux, c’est pourtant ce que l’on trouve sur les sites Internet de dissidents iraniens, Iran-Resist par exemple en Français. Elle montre que l’effet de sanctions par une coalition des volontaires englobant l’ensemble de l’Europe et de l’Amérique du Nord pourrait amener ce changement de régime en douceur, d’autres ayatollahs prenant le pouvoir, mais cela ne semble pas compris actuellement des chancelleries européennes qui insistent encore sur leur volonté de ne pas apparaître menaçant, et qui mène nécessairement à l’échec, c’est-à-dire à l’option militaire tant crainte.) 

2.2 Général Paul Vallely 

Le général insiste sur la nécessaire compréhension de l’Islam Radical et fait un petit rappel historique. Les Frères Musulmans ont été expulsés d’Egypte par Nasser en 1954. Ils sont alors partis en Arabie Saoudite où ils ont généralisé l’enseignement de la haine des Juifs et des Croisés (les chrétiens). Leur idéologie est réelle, organisée et a mis au point des méthodes d’entraînement efficaces. Combattre cette idéologie c’est combattre pour la liberté et la démocratie.  

Les Iraniens ont vécu l’expérience des mollahs et ont maintenant une aspiration profonde pour la liberté et la démocratie. Il nous faut comprendre la nature de la menace pour pouvoir nous y opposer.  

2.3 Laurent Arthur du Plessis 

Cet auteur a écrit plusieurs livres sur la « 3ème guerre mondiale ».  

Selon lui, l’attaque américaine sur les sites nucléaires iraniens aura lieu. Quand, ce n’est pas sûr aujourd’hui.  

Pourquoi ? Le leader suprême, Ali Kamenei et la structure collégiale du pouvoir soutiennent le Président Ahmadinedjad totalement. La ploutocratie iranienne s’est appropriée les richesses pétrolières du pays, par exemple, Rafsandjani est classé aujourd’hui 46ème mondial selon le classement Forbes des personnes les plus riches, ou encore, c’est un mollah membre du conseil supérieur de la révolution qui a l’exclusivité des importations d’alcool en Iran. Du Plessis fait le parallèle avec l’Allemagne des années 30 : la guerre est le seul moyen de maintenir cette ploutocratie au pouvoir. Si le régime cesse la course aux armements, la croissance économique amènera la chute de la theocratie (parallèle avec Hitler qui, en 1938, a licencié Shacht qui voulait faire cesser la course aux armements, celle-ci ayant rempli son rôle de redresser l’économie allemande). Aujourd’hui, si Ahmadinedjad renonçait à son bras de fer atomique, il serait vite balayé par les forces réformistes du pays. Tant que la légitimation du Président par le nucléaire est opérante, les réformistes ne peuvent pas s’exprimer. Donc, il n’acceptera aucune tentative diplomatique.  

Les sanctions, selon du Plessis, seront inefficaces car Poutine appuie l’Iran pour lutter contre l’hégémonie américaine, et l’Europe subira les événements où elle n’a en fait aucun rôle. Le temps est donc compté, et l’option militaire sera mise en œuvre. On n’a plus le choix et c’est là le moindre mal.  

L’Europe se situe aujourd’hui dans le déni : « cela n’aura pas lieu, car cela ne doit pas avoir lieu » tient lieu de prévision. C’est la doctrine officielle, et elle est stupide.  

L’option militaire est le moindre mal car si l’Iran se dotait de l’arme nucléaire, des dizaines d’autres pays en feraient autant immédiatement. . L’instabilité générale qui en résulterait serait des plus dangereuses.  

Une autre conséquence du renoncement des USA à jouer le rôle de gendarme du monde serait que plusieurs pays importants basculeraient vers la cotation du pétrole en Euros et non plus en $. Cela causerait une grave crise monétaire, avec baisse forte du $, montée très forte de l’Euro, et crise économique mondiale d’où l’Europe sortirait exsangue. Elle entraînera la chute de Musharraf au Pakistan, et la poussée mondiale des islamistes, maintenant dotés d’armes nucléaires qu’ils pourront fournir à leurs réseaux terroristes.  L’option militaire américaine est donc la solution de moindre mal.  

2.4 Chuck Nash 

Qui sont les dirigeants iraniens, qu’est-ce qui nous fait penser qu’ils soient prêts à négocier ? Peut-on négocier avec des dirigeants qui, lors de la guerre Iran-Irak, ont mis des enfants en rangs serrés, au coude à coude, leur ont mis autour du cou le foulard des martyrs, et les ont envoyés dégager ainsi les champs de mines ?  

Il n’y a pas de solution militaire au problème. Il y a des options militaires qui rendent ensuite possibles certaines solutions politiques. Le compte à rebours a commencé depuis de nombreux mois. Les conditions technologiques aujourd’hui changent les conditions politiques. La solution est seulement politique et elle implique un changement de régime. Nous ne sommes plus dans une guerre contre le terrorisme, mais dans une guerre civilisationnelle car on ne peut trouver une entente avec des agresseurs qui n’accordent aucune valeur à la vie humaine, à la vie des innocents.  

2.5 Bill Cowan 

Cet intervenant espère que l’option militaire ne sera pas nécessaire, mais il faut pour cela trouver d’autres options que celles actuellement énoncées par les divers gouvernements. Pendant que nous parlons ici en Occident, des douzaines d’Iraniens meurent dans les geôles iraniennes tous les jours. L’armement nucléaire iranien est imminent et les Israéliens agiront. Au mieux, les USA seront informés 24 heures à l’avance. Que se passera-t-il après cette intervention de l’aviation israélienne ? Elle unira les Iraniens contre l’Occident, et tout sera encore plus compliqué après. Il est donc urgent de trouver une alternative très vite.  
 

2.6 – Conclusions par Professeur Tanter 

Il y a consensus entre tous les participants que le danger que représente un Iran nucléaire est énorme et qu’on ne peut pas dissuader ce régime comme on le pourrait  avec un régime normal. La différence est que la combinaison d’un islamisme extrême ayant des armements nucléaires est inacceptable.  

L’option diplomatique échouera, sur cela aussi il y a consensus.  

Le changement de régime est donc la seule option viable.  

Le professeur Tanter défend donc la thèse qu’il a toujours défendue sans prendre en compte les autres options viables selon certains participants, les sanctions graduées et l’option militaire.  

Concernant l’option du changement de régime il affirme que les seuls groupes de résistance viables sont sur les listes des organisations terroristes du gouvernement américain et de l’UE, ce qui les handicape beaucoup.  

Retirer ces organisations de ces listes améliorerait la position de l’Occident et lui permettrait de mieux faire pression sur l’Iran, tout en forçant l’Iran à utiliser une part plus importante de ses ressources réduisant ainsi le financement des organisations terroristes à l’étranger par ce pays 

 

CONCLUSION du REDACTEUR 

Fort intéressant débat, devant environ 150 personnes. Divergences fortes entre les évaluations des différents experts.  

Constat négatif : depuis le précédent événement organisé par le GIM au printemps 2005, le public européen, et français en particulier, n’est pas plus sensibilisé au danger que représente un Iran nucléaire. Les médias français sont plutôt muets sur ce thème, ou alors « roulent pour l’Iran » en faisant souvent le parallèle avec le nucléaire israélien ou en donnant la parole à ceux qui défendent le « droit de l’Iran au nucléaire ». Sur ce plan, l’attribution du prix Albert Londres à une journaliste qui a beaucoup donné la parole aux classes dirigeantes iraniennes sans jamais montrer la réalité de la misère et de la répression est plutôt un signe négatif.  

Mon évaluation est que les efforts entrepris pour obtenir le consensus de la « communauté internationale » seront vains. Ce délai, permettant à l’Iran de continuer son programme nucléaire à plein régime sans entraves en attendant, nous mènera à une situation où seule l’option militaire restera possible. La seule question sera alors de savoir si les USA seront prêts à mener une « coalition des volontaires » pour l’exercer ou si la carence occidentale obligera Israël à s’en charger. L’évolution des divers pays européens reste floue sur ce plan, avec l’Italie renonçant depuis l’élection gagnée par Prodi (partisan de l’Eurabia), mais l’Allemagne se rapprochant des USA et de Londres.  

L’option de changement de régime me parait illusoire car la résistance iranienne est très divisée et aucun groupe ne parait suffisamment puissant pour s’imposer. La nature même de certains de ces groupes interdit toute coalition crédible. De plus, toute menace sérieuse sur le régime jetterait celui-ci dans une fuite en avant avec escalade des plus dangereuses. La seule chance de changement de régime serait une prise de pouvoir des mollahs favorables à une réforme en profondeur. De fortes pressions économiques pourraient aider à cela. Le régime en place semble rechercher la guerre refusant toute incitation positive quelle qu’elle soit. Les écrits et déclarations du président iranien montrent clairement qu’il croit en sa victoire totale avec une conversion à l’islam de tout l’Occident. Donc seule une détermination marquée de l’Occident indiquant que le régime est condamné s’il poursuit mais que l’Occident est prêt à collaborer s’il change de l’intérieur pourrait aider à cette révolution de palais et éviter l’option militaire. Cette résolution marquée semble improbable, malgré l’appel du petit-fils de l’Ayatollah Khomeini aux USA pour renverser le régime actuel de l’Iran.  

Norbert Lipszyc

 

ANNEXES 
 

Annexe 1 – Les intervenants 

Gulf Intelligence Monitor

                    Gulf Intelligence Monitor

                    2, Dollis Park, Finchley London N3 1HF, UK

Iran : quelles options pour l'Occident ?

            Paris, 22 mai 2006

Les intervenants :

• André Glucksmann est un penseur connu et l'un des Nouveaux Philosophes français. Depuis des dizaines d'années il se bat pour des causes qui lui sont chères, comme le Rwanda et la Tchétchénie. André Glucksmann a toujours combattu les idéologies et les régimes totalitaires quels qu'ils soient et fait en sorte qu'ils ne soient pas sous-estimés.

• Bruce McColm est le Directeur de l'Institute for Democratic Strategies. Il a été auparavant le Directeur de Freedom House, une organisation des Droits de l'Homme basée à New York. Bruce McColm est le seul Nord Américain à avoir fait partie de la Commission des Droits de l'Homme de l'Organisation des Etats Américains. Il a été un membre important de la Commission Nationale des Démocrates Sociaux aux Etats-Unis. Il est impliqué dans le mouvement global en faveur de la démocratie depuis 25 ans et a beaucoup écrit sur les transitions politiques en Amérique Latine, en Afrique et en Europe Centrale.

• Dominique Moïsi est expert auprès de l'Institut Français pour les Relations Internationales et Rédacteur en Chef de Politique Etrangère, la publication trimestrielle de l'Institut; il est professeur à l'Institut des Etudes Politiques à Paris. Il écrit régulièrement pour le Financial Times, le Wall Street Journal, le Foreign Affairs and Atlantic Quarterly. Il a enseigné à l'Université de Harvard, l'Ecole Nationale d'Administration; l'Université Johns Hopkins et le Woodrow Wilson Center for Scholars à Washington, D.C.

• Major Général Paul Vallely est Président de la Commission Militaire du Center for Security Policy. Le Général Vallely a quitté l'armée américaine en 1991 après 32 ans de service. Il avait alors le grade de Commandant général adjoint de l'armée américaine dans le Pacifique. Le Général Vallely a occupé des postes de premier plan au ministère de la Défense, y compris la Force anti-terroriste. Il a participé à de nombreuses émissions et est co-auteur d'un best-seller : « Fin de partie, gagner la guerre contre le terrorisme. »

• Claude Goasguen, ancien ministre, est Député de Paris et le Président du groupe UMP au Conseil de Paris. Universitaire, il a été Recteur d'Académie et Secrétaire National pour les universités au sein de l'UMP. Claude Goasguen est connu pour ses interventions fortes et claires en matière de politique étrangère.

• Bruno Tertrais est Directeur de Recherche de la Fondation pour la Recherche Stratégique, membre de l'Institut International pour les Etudes Stratégiques et membre du Centre d'Etudes et de Recherches Internationales (CERI). M. Tertrais enseigne la politique dans le monde à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Il est reconnu au sein du ministère de la Défense français et a été Professeur associé à la RAND Corporation aux Etats-Unis. Il a écrit de nombreux articles en anglais et en français sur la stratégie américaine, les questions nucléaires, la politique de défense et la politique militaire, ainsi que sur les relations transatlantiques.

• Professeur Ray Tanter est un ancien membre du Conseil National de Sécurité des Nations unies et membre du Washington Institute for Near East Policy. Le Professeur Tanter est co-président de l'Iran Policy Committee basé à Washington. Ray Tanter est également Professeur à Georgetown University où il enseigne les Relations Internationales et le Terrorisme. Il a étudié les options politiques des Etats-Unis à propos de l'Iran dans ces deux « think tanks ». Le Professeur Tanter a également enseigné à Stanford et à l'Université Hébraïque de Jérusalem. Il est membre de la Hoover Institution à Stanford et au Woodrow Wilson International Center à Washington. Il a été le représentant personnel du Secrétaire de la Défense lors des négociations sur le contrôle des armes à Madrid, Helsinki, Stockholm et Vienne. Le Professeur Tanter est membre du Council on Foreign Relations et du Committee on the Present Danger.

• Lieutenant Général Tom McInerney a été Chef d'Etat-Major adjoint de l'Armée de l'Air américaine et a fondé le Government Reform Through Technology qu'il préside. Organisation dont le but est d'introduire la technologie de pointe dans le secteur privé. Le Général McInerney a quitté l'Armée de l'Air au bout de 35 ans. Il a été pilote, commandant, et commandant de Forces des trois corps d'armée. Quand il était directeur de la Defence Performance Review il travaillait avec le ministre américain à la Défense. Il a mené le programme du Pentagone : "réinventer le gouvernement." Le Général McInerney est invité régulièrement dans des programmes radiophoniques et à la télévision aux Etats-Unis et on le considère comme un expert de premier plan en matière de stratégie et d'armée.

• Chuck Nash est Président d’Emerging Technologies International. Il a été capitaine dans la marine américaine, a occupé divers postes de commandement au Pentagone et a été à la tête de nombreuses missions du Pentagone, entre autres en Europe, Turquie ou dans le Nord de l'Irak. M. Nash est très souvent invité dans des programmes de chaînes de télévision pour parler de questions militaires et de terrorisme.

• Laurent Artur du Plessis est un ancien journaliste du Figaro Magazine et auteur de « L'Iran dans la Troisième Guerre Mondiale ». M. du Plessis est spécialiste des questions de géopolitique. Son livre précédent, « La Troisième Guerre mondiale a commencé », a été généralement bien accueilli par les médias.

• Bill Cowan est un expert militaire pour la chaîne de télévision Fox News. Il a été Lieutenant Colonel dans les Marines aux Etats-Unis. Mr. Cowan est un expert reconnu en matière de terrorisme, de sécurité intérieure, de renseignement et d'opérations spéciales militaires. Il a participé à de nombreuses opérations au Moyen-Orient dans le cadre d'incidents terroristes et lors de la prise d'otages occidentaux à Beyrouth et au Koweït. Il a été directement partie prenante de chaque aspect de l'affaire des plages de Beyrouth qui s'est soldée par leur libération en 1991. 

Annexe 2 – Chronologie du programme nucléaire iranien

Iran's nuclear programme

Source: Reuters

Here are main events relating to Iran's nuclear programme after it came to light:

Aug. 2002 - An exiled opposition group, the National Council of Resistance of Iran (NCRI), says there is a massive uranium enrichment facility at Natanz and a heavy water plant at Arak.

Dec. 2002 - With the help of satellite photos of Natanz and Arak, the United States accuses Iran of "across-the-board pursuit of weapons of mass destruction".

Feb. 2003 - International Atomic Energy Agency (IAEA) chief Mohamed ElBaradei and his team inspect Natanz and Arak.

June 2003 - IAEA issues first report after the inspection, saying Tehran has failed to comply with its obligations under the Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT).

July 2003 - Diplomats say the IAEA has found traces of weapons-grade highly enriched uranium (HEU) at Natanz.

Sept. 2003 - IAEA finds weapons-grade HEU traces at a second site in Iran, the Kalaye Electric Company.

Oct. 2003 - Iran tells French, British and German foreign ministers negotiating for the European Union -- the so-called EUS -- it will suspend ail enrichment-related activities.

Dec. 2003 - Iran signs protocol allowing snap inspections of its nuclear facilities.

March 2004 - IAEA board "deplores" Iran's omissions of key atomic technology from its October declaration.

June 2004 - IAEA board says Iran's cooperation with the agency was not full, timely and proactive. In retaliation, Iran says it is resuming production and testing of centrifuges, which can be used to enrich uranium.

Sept. 2004 - IAEA asks Iran to suspend uranium enrichment programme immediately.

Nov. 2004 - Iran promises France, Britain and Germany it will suspend ail nuclear fuel processing and reprocessing work.

Jan. 2005 - Iran agrees to allow U.N. inspections of military site where Washington believes work linked to bomb-making.

Feb. 2005 - President Mohammed Khatami says no Iranian government, present or future, will give up nuclear technology programmes, including uranium enrichment. Iran signs a nuclear fuel supply deal with Russia, opposed by the United States, to start its first atomic power plant by 2006.

May 2005 - Iran agrees at a meeting with the EU in Geneva to hold off on plans to restart the Isfahan uranium processing plant for two months after EU warnings it would be referred to the U.N. Security Council.

July 2005 - Khatami says Iran will resume some key work on its nuclear fuel cycle regardless of what the Europeans propose.

Aug. 5, 2005 - The EU presents Iran with proposals on economic and political cooperation and insists Tehran give up nuclear fuel work. Iran rejects the offer.

Aug. 9, 2005 - The IAEA meets in crisis to try to stop Iran pursuing a nuclear programme a day after Tehran resumed work at a less sensitive area of the Isfahan uranium plant.

Aug. 10, 2005 - Iran breaks U.N. seals at its Isfahan uranium conversion plant, breaching the suspension of sensitive nuclear work agreed with the EUS in November.

Aug. 11, 2005 - IAEA board unanimously passes resolution calling on Iran to resume the suspension agreed with the EUS.

Sept. 2, 2005 - A report by IAEA chief ElBaradei confirms Iran has resumed uranium conversion at Isfahan and says the IAEA is "still not in a position to conclude that there are no undeclared nuclear materials or activities in Iran".

Sept. 14 - France's prime minister says the EUS is determined to refer Iran to the U.N. Security Council unless it resumes a full suspension of sensitive nuclear work, including Isfahan, despite thé lAEA's misgivings about a U.N. referral.

Sept. 15 - Iran's new President Mahmoud Ahmadinejad says in New York that Tehran is ready to transfer nuclear know-how to other Islamic countries.

Sept. 17 - Iran's President Ahmadinejad tells U.N. General Assembly Iran will never give up enrichment and invites countries and corporations to become joint-venture partners in its uranium enrichment programme. EU officials say they will push to have Iran's case brought to the Security Council.

Jan. 1, 2006 - Iran says it has developed machinery to separate uranium from its ore.

Jan. 10, 2006 - Iran removes U.N. seals at Natanz enrichment plant and resumes nuclear fuel research.

Jan. 12, 2006 - EU trio calls off talks with Iran and says nuclear case should be referred to U.N. Security Council.

Feb. 4, 2006 - IAEA votes to report Iran to Security Council. Iran ends snap U.N. nuclear inspections the next day. 

Feb. 14, 2006 - Iran restarts small-scale feeding of uranium gas into centrifuges at Natanz after 2-1/2-year suspension.

Mar. 8, 2006 - IAEA report to Security Council says it cannot verify Iran's atomic activities are peaceful. Iran warns it can inflict "harm and pain" to match any punitive U.N. action.

Mar. 29, 2006 - Security Council unanimously adopts statement calling on Iran to freeze uranium enrichment work, and asking IAEA to report in 30 days on Iranian cooperation.

Apr. 12, 2006 - President Mahmoud Ahmadinejad says Iran has for first time enriched uranium to level used in power stations.

Apr. 13, 2006 - ElBaradei visits Iran. Diplomats say he proposes "pause" in enrichment work, but is rebuffed.

Apr. 27, 2006 - Ahmadinejad says Tehran will not abandon uranium enrichment.

Apr. 28, 2006 - An IAEA report, sent to the Security Council, confirms Iran has flouted Security Council demands to suspend enrichment. U.S. President George W. Bush says he wants a peaceful solution to the crisis.

May 2 - The head of the Atomic Energy Organisation of Iran (AEOI), Gholamreza Aghazadeh, announced that Iran had managed to successfully enrich uranium to 4.8 percent, up from the earlier figure of 3.5 percent.

May 5 - Ahmadinejad says that the Islamic Republic plans to take its uranium enrichment activities to an "industrial scale".

May 12 - Diplomats say that IAEA inspectors have found traces of highly enriched uranium on equipment linked to an Iranian military base in Lavizan-Shiyan, Tehran. The centre was razed in 2004 before IAEA inspectors could fully examine it.

May 15 - EU foreign policy chief Javier Solana announces that the EU will make a generous offer of technology, economic and other incentives for Iran to abandon uranium enrichment.

May 7, 2006 - Iran's parliament threatens to pass legislation that would force the government to withdraw from the nuclear Non-Proliferation Treaty.

May 21, 2006 - Iran's Foreign Ministry spokesman announces that Tehran would not suspend uranium enrichment.

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Dernière mise à jour : ( 19-07-2006 )
 
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