Advertisement
25-07-2008
 
 
jay.jpg
Bienvenue !
Accueil
Calendrier
Editos
Analyses
Points de vue
Synthèses
Dossiers
>
Anciens sondages
Liens
Objet Social
Contactez-nous
Inscription Newsletter
liban.jpg
Sondage
monde.jpg
Commentaires
Irak : peut-on mettre fin à la violence ? Version imprimable Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 0
FaibleMeilleur 
28-03-2007

 

Irak : peut-on mettre fin à la violence ?

 

09/03/2007

 

 

Assisterait-on à un tournant en Irak ? Depuis l’exécution de Saddam Hussein il y a deux mois, le pays est en ébullition. Il y a quelques semaines, le premier ministre irakien Nouri al-Maliki, visiblement excédé, ordonnait à son armée d’écraser la guérilla sunnite de Bagdad, en transmettant des directives particulièrement sévères. Il n’a par ailleurs pas hésité à s’en prendre verbalement au chef de guerre chiite Moqtada Sadr, pourtant membre de son gouvernement. Et alors que, suite au viol (présumé) d’une femme sunnite, les attentats redoublent, une conférence internationale réunissant les Occidentaux et l’Arabie Saoudite, la Chine, la Ligue Arabe mais surtout l’Iran et la Syrie se tiendra demain.

Pour commencer, il convient de faire un point précis sur l’ampleur des violences quotidiennes ensanglantant le pays. En janvier et février, les Irakiens ont dû compter un peu moins de 4000 victimes civiles. Une moyenne « normale » en comparaison des derniers mois, mais qui reste trois fois supérieur au niveau enregistré en février 2006. Il faut donc constater une augmentation spectaculaire du degré de violence sur l’année passée. Et de fait, si environ 34000 victimes civiles de mort violentes ont été comptabilisées l’an dernier, la tendance pour 2007 approcherait plutôt le chiffre épouvantable de 50 000. Chiffre conséquent, qui range d’emblée le brasier irakien comme le troisième conflit mondial le plus sanglant de la décennie, juste derrière le Darfour (entre 200 et 250 000 morts), et le Congo (environ 400 000 victimes de mort violentes…auquel il convient de rajouter plus de 3 millions de morts par famine ou par épidémie).

Dès lors, une question fondamentale se pose : peut-on mettre fin au cycle des violences, et comment ?

Une première réponse, fort répandue ces jours-ci, consiste réclamer le retrait des forces américaines, accusées de contribuer à la perpétuation du conflit. Telle semble être la position récurrente du quai d’Orsay, pour qui le remède ultime aux violences semble être l’annonce d’un calendrier de retrait. Cependant, un observateur avisé aura tôt fait de remarquer que les forces américaines sont assez peu impliquées dans les violences mettant en jeu la vie de civils irakiens. S’il est manifeste que celles-ci n’auraient jamais eu lieu sous le régime de Saddam Hussein, force nous est cependant de constater que les attentats à connotation ethno-religieuse commis par des milices dépassent de loin le bilan des rares opérations de « nettoyage » conduits par les troupes d’occupation américaine. Depuis avril 2003 en tout cas, l’essentiel des victimes sont tombées lors de violences interconfessionnelles, et plus particulièrement lors d’attentats (voitures piégées ou tirs de mortiers) visant des civils désarmés. Ceci du reste, vaut aussi bien pour les communautés chiites que sunnites – le réduit kurde dans l’Irak septentrional semblant relativement épargné. Il est à prévoir qu’en cas de retrait américain, la haine désormais bien établie entre les deux communautés se maintienne, et, partant, que le cycle de violence se perpétue.

A l’opposé, certains conservateurs américains proposent d’amplifier la campagne militaire pour réduire au maximum l’insurrection. Ainsi les divers plans de sécurisation mis en œuvre (le dernier, au début 2007, consistant à nettoyer Bagdad) se sont efforcés de saisir le problème à bras le corps, en encourageant le gouvernement irakien à intervenir plus massivement dans les faubourgs de la capitale irakienne. En particulier, les forces américano-irakiennes ont fait leur rentrée dans le quartier de Sadr City au début mars, peu après la fuite du jeune chef radical Moqtada Sadr. Un nombre conséquent de miliciens auraient ainsi quitter la ville, certains d’entre eux retournant vraisemblablement s‘entraîner en Iran. Toutefois, la plupart des observateurs s’accordent à parier sur l’échec de la stratégie, en raison :

- de l’intensité de la méfiance et de la haine opposant désormais chiites et sunnites à Bagdad d’une part

- de l’implication iranienne, justement, d’autre part. Le régime de Téhéran soutient ainsi de nombreux miliciens chiites, à la fois financièrement et militairement.

Et c’est finalement David Petraeus, le général américain à la tête des troupes de la coalition, qui l’expliquait le mieux : « La force militaire seule ne résoudra pas les problèmes de l’Irak. »

C’est ainsi que récemment, une troisième et dernière option a été proposée avec de plus en plus d’insistance à l’administration américaine : privilégier la voie diplomatique, quitte à accepter de négocier d’une part avec les syriens et les iraniens, parrains plus ou moins directs d’une bonne partie de l’insurrection, d’autre part avec certaines des milices insurgées. (Le soutien exact de ces « parrains » reste sujet à controverse. Selon toute vraisemblance, ces deux voisins de l’Irak soutiennent financièrement plusieurs groupes armés. D’autre part, la frontière irako-syrienne serait l’un des principaux points de passages d’armements et de miliciens arabes venant grossir les rangs des insurgés..)

Ainsi du rapport Baker-Hamilton à l’hiver 2006, dont les recommandations semblent avoir inspiré les récents développements de la politique américaine. Toutefois ce rapport a été légitimement critiqué sur deux points :

-  D’abord, il est à noter qu’un nombre important de victimes sont à l’actif des troupes chiites de Moqtada Sadr ou sunnites d’Abou Ayoub Al-Masri, (le successeur de Zarqaoui à la tête de la section irakienne d’Al Qaïda). Il n’est évidemment aucunement question de négocier avec de tels adversaires, dépourvus de revendications géopolitiques traditionnelles et rationnelles [1]. Ils ne sont d’ailleurs pas dans une posture rhétorique lorsqu’ils scandent « Mort à l’Amérique »….

- Le rôle des acteurs régionaux lui-même fait débat, et rien n’indique que Téhéran et Damas sont disposées à rendre des services à leur ennemi américain en Irak, fût-ce en échange de contreparties diverses, diplomatiques notamment.


Le Rôle des acteurs régionaux dans le projet de maintien de la paix en Irak

 

Dans le cadre de la conférence en cours qui examinera les divers moyens de parvenir à une sortie de crise en Irak, il apparaît ainsi judicieux d'examiner le poids des différentes puissances régionales dont les intérêts se trouvent confondus avec ceux du gouvernement irakien récemment au pouvoir.

Commençons par l'Iran. Aujourd'hui l'Irak compte plus de 60 % de chiites au sein de sa population qui se sentent désormais plus proches du régime iranien qu'auparavant, d'abord pour des questions purement religieuses puis par le simple fait que l'éviction de Saddam Hussein a été vécue comme la libération d'un joug de plusieurs décennies. La problématique qui se pose ainsi en Iran est de savoir jusqu'à quel point marquer sa présence et son influence en Irak et surtout quid de son soutien plus ou moins affirmé envers Moqtada Sadr, "néo-messie" des populations irakiennes chiites. Inutile de dire que Sadr, depuis la fin de la guerre, a été dans le collimateur des américains qui y ont vu un opportuniste avide de pouvoir et dont les penchants politiques et religieux le rapprochaient de la République Islamique. L'établissement d'une théocratie ou comme il préfère l'appeler une "Démocratie Islamique" en Irak ne correspond pas vraiment à la vision qu'ont les Américains de l'avenir du pays. Ainsi, l'Iran doit d'un côté garantir et asseoir sa position dans le pays tout en ménageant ses voisins -en particulier syriens - et les Etats-Unis. Le soutien à l'armée du Mahdi risque donc probablement de s'affaiblir à court terme quitte à reprendre par la suite. Cela se voit d'ailleurs dès aujourd'hui avec la succession des communiqués des autorités iraniennes qui démentent la présence de Moqtada Sadr en Iran contrairement à la conviction profonde des officiels irakiens et américains. De plus, toute la politique récente de l'Iran est allée dans le sens de l'apaisement avec notamment la visite du président Ahmadinejad en Arabie Saoudite pour la première fois et l'accueil fait au président syrien lors de sa visite à Téhéran en février dernier.

Sur un tout autre niveau, la presse arabe est quasiment unanime quant à la portée de la conférence de Bagdad qui sera surtout l'occasion d'un "dialogue bilatéral" entre l'Iran et les Etats-Unis. Les Américains insistent ainsi sur la participation active du pouvoir iranien dans l'aide au gouvernement dans le but d'endiguer la spirale de la violence. Le conseiller du secrétaire d'Etat américain, David Sutterfeld a ainsi déclaré que "l'Iran se verra obligé de récuser les allégations selon lesquelles il serait responsable de l'escalade de la violence dans le pays".

La Syrie se trouve dans une situation analogue. Certes, il n'y a pas de "problème" nucléaire syrien. Cependant, la Syrie, qui tend à vouloir jouer son rôle de puissance régionale, a tout intérêt à prendre une part active à toute discussion multilatérale sur l'avenir de la région. Essayons d'abord de voir d'où provient l'inquiétude que suscite la Syrie. Le régime Baasiste de Damas soutient d'abord ouvertement plusieurs groupes terroristes dont le Hezbollah et occasionnellement le Djihad Islamique palestinien. On se demande ainsi, du côté américain, si il ne fait pas de même avec certains groupes irakiens, sunnites notamment. Le raccourci méritait d'être fait surtout qu'il est plus facile pour les Etats-Unis de désigner un Etat comme responsable que d'admettre que l'insurrection sunnite est du seul fait de groupes indépendants qui ont pu durant leur périple séjourner en Syrie momentanément. Il est en effet étrange qu'on ne parle guère plus d'Al Qaeda (alors que l'organisation d'Oussama Ben Laden revendique continuellement des attaques contre les populations chiites d'Irak. Comme l'Iran, la Syrie tente ainsi d'apaiser la situation et de montrer sa bonne volonté quant au retour au calme en Irak. On verra les résultats de cette politique dans les prochains jours qui suivront la conférence.

Notons un grand absent de la conférence : Israël. Ephraim Halevy, ancien memuneh (chef du Mossad), dénonce cette absence dans un article paru dans le Yediot Aharonot où il explique qu'Israël étant directement concerné par les problématiques de sécurité au Moyen Orient (il rappelle ainsi les 39 missiles irakiens qui ont atterri sur le territoire israélien pendant la première guerre du Golfe), sa présence à la conférence aurait été souhaitable. Les Américains ont certainement évité une telle invitation dans un but d'apaisement des tensions entre les différents acteurs de la conférence. Concernant la situation interne en Irak, la politique de l'Etat hébreu est assez complexe. Constatant ce qu'ils considèrent comme un échec américain en Irak, les israéliens soutiennent la minorité kurde en Irak (30 % de la population) dans le but ultime de la création d'un Etat autonome kurde[2]. L'objectif de la manoeuvre est de disposer d'un "Etat-tampon" face à deux de ses ennemis traditionnels, la Syrie et l'Iran. D'une certaine manière, il s'agit d'une mesure préventive -presque défensive - pour limiter les conséquences désastreuses (selon le point de vue israélien) de la campagne américaine de 2003. A plus long terme, cela pourrait même conduire les israéliens à ne plus faire totalement confiance aux Américains quant aux questions de sa sécurité intérieure.



[1] A en croire l’historien et éditorialiste Alexandre Adler (celui qui ne vient jamais aux débats AFIDORA, bien qu’ayant annoncé sa venue), les membres de l’Armée du Mahdi n’hésitent pas à décapiter les Irakiens incapables de réciter la liste des douze imams du chiisme duodécimain…

[2] Il faut ainsi rappeler que les Israéliens ont soutenu la guérilla kurde, en particulier en lui fournissant des armes, depuis les années 1950. Ils ont également appuyé la création d’un Kurdistan indépendant depuis ces années là, donc bien avant que Saddam Hussein prenne le pouvoir.

 

 

                                                                                                    Steve Danino, Soufiane Qassimi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 commentaires.
 1. Sans titre
Genco, Unregistered
Très bonne contribution, très factuelle.
 Posted 2007-04-13 23:05:42
 2. LVBUGAI
Visiteur, Unregistered
We offer <A href="http://www.storeingame.com">wow gold</A>, Warcraft gold, We have an outstanding <A href="http://www.storeingame.com/aoc-gold.htm">aoc gold</A> experience
 Posted 2008-07-10 07:14:24
Merci pour vos commentaires !
Nom : Titre :
E-mail : Site web :
       [smiley=angry][smiley=cool][smiley=evil][smiley=happy][smiley=laugh][smiley=sad][smiley=shock][smiley=think][smiley=tongue][smiley=wink]
Commentaire(s) :
Dernière mise à jour : ( 24-07-2007 )
 
< Précédent   Suivant >
 
Top! Top!