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| 10-08-2004 | |
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Quand les Américains s’occupent d’affaires internationales, ils ne peuvent que perdre… Des difficultés du gendarme du monde à entretenir sa crédibilité 11/08/2004
L’affirmation est surfaite, exagérée ? Peut-être, mais deux exemples – la liste n’est pas exhaustive – pour nourrir la réflexion…
Tout pointe vers une responsabilité de Ben Laden et de ses hommes. Mieux encore pour la Maison Blanche, des informations émanant des sources de la CIA indiquent qu’une réunion aura lieu quelques jours après, en Afghanistan, là où réside Ben Laden, chez ses hôtes Talibans. Clinton veut saisir l’opportunité d’en venir à bout de cet homme dont on pressent déjà la dangerosité. Il veut également bombarder le Soudan de Turabi, collaborateur de Ben Laden de longue date, et soupçonné d’avoir développé avec le leader d’Al Qaida des programmes d’armes chimiques et bactériologiques.
Mais voilà, l’Amérique de l’époque est plongée dans un scandale dont la presse ne peut arrêter de parler : l’affaire Monica Lewinsky, et la possible mesure de destitution à laquelle doit faire face le président Clinton. Ce dernier ne veut se laisser intimider par des accusations potentielles de vouloir détourner l’attention du public. Richard Clarke raconte d’ailleurs dans son livre, , qu’il voyait déjà la ‘catastrophe’ arrivée : après les bombardements du Soudan et de l’Afghanistan, le soudanais Turabi pouvait librement affirmer que les bâtiments pris pour cible dans son pays n’étaient que des laboratoires de médicaments ; l’opération ratée en Afghanistan – Ben Laden semble avoir fui les lieux quelques heures avant les bombardements américains – allaient mener les commentateurs américains et l’opinion publique à se poser des questions ; et au final, on allait accuser Clinton de faire exactement ce qu’un succès (1) de l’époque au Box Office décrivait : monter de toutes pièces un soi-disant danger à l’étranger pour faire oublier les déboires intérieurs.
Les preuves était pourtant là, se lamentera Clarke, et le coût de l’inaction était bien supérieur.
Le dossier ‘Massoud’ est symptomatique de l’état d’esprit qui règne au sein de la CIA : la prise de risque est fort coûteuse, dans la mesure où en cas d’échec d’une stratégie, au bout du compte, ce sera la CIA qui payera le prix fort.
Cet état d’esprit explique la longue réticence de la CIA à donner à Massoud, le commandant des forces de l’Alliance du Nord, principal organe d’opposition aux Taliban en Afghanistan. Le commandant Massoud était certes bien plus recommandables que ses ennemis. Et pourtant, disait la CIA… le jour où l’opinion publique américaine apprendrait qu’il vendait de l’opium, que le respect des droits de l’homme n’était pas sa priorité, et qu’il avait tué des civils, la CIA aurait été pointé du doigt pour avoir utilisé les fonds qu’on lui avait accordé de manière douteuse. C’est pour cela qu’elle n’a jamais soutenu de manière plus convaincue un général pas tout blanc.
Jeremy Ghez
(1) était le titre du film, qui racontait comment deux conseillers politiques du Président américain inventaient de toute pièce une menace internationale afin de faire oublier les déboires de la politique intérieure… |
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| Dernière mise à jour : ( 30-08-2005 ) |
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