| John Kerry et sa politique étrangère américaine |
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| 09-08-2004 | |
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John Kerry et sa politique étrangère américaine : Le programme existe, mais il est flou… 10/08/2004
Au lendemain de la convention démocrate de Boston, qui s’est déroulée fin Juillet 2004, les médias américains, et même ceux les plus proches des Démocrates, n’ont pas manqué de le souligner : le programme de John Kerry reste très flou concernant les détails précis de la politique étrangère qu’il mènerait s’il était élu à la Maison Blanche.
Le candidat démocrate avait essentiellement reposé jusqu’alors toute son argumentation sur le manque de crédibilité de l’administration Bush, tant dans sa gestion des gros dossiers de politique étrangère, que dans la manière dont elle s’est mise à dos le reste du monde. Mais il ne semblait rien faire pour mettre un terme aux accusations de ses détracteurs, selon lesquels il n’avait aucune conviction politique, lui qui avait voté en faveur de la guerre, pour ensuite refuser de voter son financement. Quelques heures avant le discours d’investiture de Kerry, l’éditorial du était on ne peut plus clair : si Kerry a commis des erreurs mais reste un très bon candidat à la Maison Blanche, il n’en reste pas moins que définir, lors de son discours d’investiture, un projet clair et précis pour le dossier irakien, en allait de la crédibilité du candidat démocrate.
Les supporters démocrates ont tous été déçus : ils n’ont eu le droit qu’à une très grande timidité et un discours aux arguments très légers.
Glenn Kessler, du (5 Août 2004), traduit bien la frustration des supporters démocrates :
Kerry a vivement critiqué la manière dont l’administration Bush a géré la guerre, et principalement ses échecs dans sa tentative de rallier d’autres nations à sa cause, dans le dossier irakien. Mais il n’a ni remis en question les principaux fondements de la politique de Bush, ni décrit la politique alternative qu’il entreprendrait lui-même, pour appuyer le gouvernement intérimaire et préparer les élections nationales en Irak. Et tandis qu’il a indiqué qu’il réduirait le nombre de troupes en Irak pendant son premier mandat, il n’a donné aucun détails sur la manière dont il mènerait à bien cette réduction.
Bush a été irresponsable dans la manière de gérer la crise irakienne, et son unilatéralisme est condamnable, affirme Kerry. Il n’hésite pourtant pas à dire ensuite que jamais il n’attendra le feu vert de l’étranger si la sécurité des Américains est immédiatement menacée. Une contradiction, aux yeux des supporters républicains, qui comprennent mal comment, dans ce cas, on peut critiquer aussi violemment l’unilatéralisme de Bush.
Kerry indique également qu’à ses yeux, l’Iran présente un risque inacceptable pour les Etats-Unis. Il ne donne pourtant aucun détail relatif à la politique qu’il adopterait en cas d’échec de la diplomatie, et d’une répétition du fiasco onusien de l’hiver 2003…
James Rubin, conseiller en politique étrangère de l’équipe Kerry, a lui-même du mal à donner plus de détails, dans un interview accordé à (9 Août 2004). Kerry sera plus conciliant avec les alliés américains, sera plus à leur écoute, et respectera les autres cultures, affirme Rubin. Kerry aurait su saisir l’opportunité que présentait le capital de sympathie des pays arabes dont a bénéficié les Etats-Unis, à la suite des attentats du 11 septembre. Kerry saura enfin traiter avec l’Iran, dans un cadre de légalité internationale, et saura mettre fin à la prolifération nucléaire. Rubin s’avère donc lui aussi incapable de clarifier les fondements précis de la politique de Kerry…
Tout ceci n’arrange en rien les affaires des conseillers de Kerry, qui tentent péniblement de renverser l’image d’un homme sans conviction du prétendant à la Maison Blanche. Les remarques ironiques de l’entourage de Bush ne se sont d’ailleurs pas faites attendre : Kerry est incapable de parler clairement du dossier irakien. Bush ne cesse de répéter que Kerry est l’homme qui a voté en faveur de la guerre contre l’Irak, et qui a refusé de voter en faveur de son financement – quelque 87 milliards de dollars – sous prétexte de ne pas vouloir donner ‘carte blanche’ au gouvernement. Mais Kerry semble payer cher cette décision : il est désormais accusé de tergiverser, et de ne pas savoir prendre de décisions importantes ; pire encore, une fois les troupes au combat, il est fustigé pour ne pas avoir donner son aval à une aide financière jugée décisive par ses détracteurs.
Le seul précédent historique, conclut Kessler du , qui correspond quelque peu à la situation actuelle, ne semble pas jouer cependant en faveur de la crédibilité électorale de Kerry. Richard Nixon, lui aussi, avait fondé tout son programme de politique étrangère américaine lors de l’élection de 1968, sur une critique très violente de la gestion démocrate de la guerre du Vietnam, sans jamais vraiment donner d’alternative. Après l’arrivée de Nixon au pouvoir, la guerre durera sept ans.
Jeremy Ghez |
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| Dernière mise à jour : ( 30-08-2005 ) |
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