| A quand la fin du partenariat énergétique Etats-Unis – Arabie Saoudite? |
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| 03-09-2004 | |
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20/09/2004
Depuis les attentats terroristes du 11 Septembre les relations saoudi-américaines sont des plus tendues – on le rappelle ici encore, sur les 19 terroristes, 15 étaient saoudiens.
Mais ce qui alimente la campagne électorale américaine en ce qui concerne l’Arabie Saoudite n’est pas tant de savoir si le royaume des Saud a enfin mis en place une politique efficace de lutte contre le terrorisme que de savoir si les Etats-Unis doivent mettre un terme à leur dépendance énergétique à l’égard de la monarchie saoudienne.
Lorsque l’on sait que 41% des réserves mondiales (chiffres donnés par Frank Luntz, Président de Luntz Research Compagnie) de pétrole se trouvent entre les mains des Saoudiens (comparé à 14% aux Etats-Unis), on comprend mieux le cri de certains Américians - surtout démocrates - « we want freedom from oil dependance » (« nous voulons être libéré de notre dépendance à l’égard du pétrole »). D’ailleurs le candidat à la présidentielle américaine John Kerry s’est emparé à Boston lors de son discours d’investiture à la convention démocrate du 29 juillet 2004 de ce thème mobilisateur – 32% des Américains veulent que le pétrole importé vienne d’autres pays que l’Arabie Saoudite – en mettant en avant la volonté de faire des Etats-Unis un pays qui ne dépende plus du Moyen-Orient. Son plan énergétique pour une Amérique plus forte et moins dépendante suppose d’investir dans la technologie et dans les sources énergetiques alternatives. Les électeurs sont attentifs à ce discours surtout lorsque l’on sait que le brut est repassé au-dessus de 46 $ en ce 20 septembre, son plus haut niveau depuis un mois. Est-ce seulement un discours électoral démagogique ou est-ce réaliste ? L’Arabie Saoudite est le seul producteur au monde capable de pallier tout problème d'approvisionnement et son remplacement par l’Irak n’est pas pour demain. Les Americains espèrent mettre sur le marché pétrolier cinq millions de barils par jour issus de la production irakienne mais la violence quotidienne sur le terrain (attentats contre les oléoducs et champs pétroliers) rend cet objectif impossible à atteindre dans un futur proche. Le tout est de savoir si, dans un hypothétique Irak réunifié et pacifié, la rente pétrolière sera suffisamment importante pour supplanter le producteur saoudien . Ce qui est sûr, c’est que ne plus être otage du pétrole du Moyen Orient est un luxe impensable pour le moment. En attendant que les Etat-Unis formulent une véritable stratégie cohérente vis à vis de leur fournisseur moyen-orientaux de brut – quel que soit le candidat présidentiel élu - on peut s’attendre à ce que la superpuissance favorise davantage d’autres producteurs - mexicains, angolais, canadiens. Mais qui croire ? Niall Ferguson, professeur d’histoire économique à la New York University’s Stern School of Business affirmait en janvier 2003 dans Foreign Policy “The strategic importance of Middle Eastern oil makes it a safe bet that the United States will seek to increase rather than diminish its influence in that region. Not only Iraq but even Saudi Arabia itself—already an unstable ally and a breeding ground of the al Qaeda terrorist network—may have to become de facto U.S. protectorates in the foreseeable future.” (“Compte tenu de l’importance stratégique du pétrole du Moyen-Orient on peut faire le pari sans risque que les Etats-Unis chercheront à accroître leur influence dans la région plutôt que de la diminuer. Non seulement l’Irak mais aussi l’Arabie Saudite- déjà un instable allié et une base de reproduction du réseau terroriste Al Qaida – devront peut-être devenir de facto des protectorats américains dans un probable futur.»)
Leslie Palti |
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| Dernière mise à jour : ( 29-08-2005 ) |
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