| Au-delà des spécificités nationales, le terrorisme… |
|
|
| 11-03-2004 | |
Au-delà des spécificités nationales, le terrorisme…12/03/2004
La presse et les autres médias, les politiques, espagnols ou non, et le reste des commentateurs de l’actualité ont trouvé les mots justes pour qualifier l’attentat qui a frappé l’Espagne, hier, faisant près de 200 morts, et plus de 1400 blessés. Personne n’a hésité à qualifier cet acte terroriste de crime atroce, ou de barbarie. Les autorités espagnoles ont promis une punition sévère pour les auteurs de l’attentat.
Une fois n’est pas coutume, mais cet unanimisme a quelque chose de rassurant.
Parce que face au terrorisme, quelque soit son origine ou sa provenance, l’ambivalence, les tergiversations, l’hésitation seront toutes fatales pour nos démocraties. Le ‘oui, mais…’, entendu après le 11 septembre 2001, ou après des attentats frappant Israël par exemple, et utilisé pour introduire une nuance, une explication arrogante au terrorisme, est bizarrement aux abonnés absents de tout discours désormais. Et pourtant, n’importe quel observateur du Proche-Orient ne pourra pas s’empêcher de voir un triste parallèle entre la peur et la panique qu’a suscité une nouvelle alerte à la bombe, Vendredi 12 mars, dans une gare madrilène, et cette peur quotidienne et constante que porte tout Israélien qui prend régulièrement les transports en commun pour se déplacer.
Depuis longtemps le terrorisme frappe Israël. Pas plus tard qu’à la fin de l’année dernière, il tapait à nos portes européennes, en frappant la Turquie, et plus tôt, au printemps 2003, au Maroc. Quels qu’en soient les auteurs, le rationnel qui inspire le geste ne change pas. C’est bel et bien une idéologie et un projet fasciste et totalitaire qui motivent l’acte, et c’est à ce titre que l’hésitation n’est pas permise. Aujourd’hui, le virus a touché notre propre continent, signe qu’il se propage à une vitesse foudroyante.
On doit rester prudents sur la question des auteurs de l’attentat. Mais deux hypothèses se démarquent pour l’instant.
La piste de l’ETA, d’une part. Visiblement privilégiée pour l’instant, si elle se confirme, alors le problème est non pas uniquement espagnol mais européen. L’Europe devra elle aussi faire face au terrorisme qui n’hésite plus à frapper les civils de manière aveugle et radicale, et ses habitants devront réfléchir deux fois, avant d’utiliser cet effroyable ‘oui, mais…’.
Mais la seconde piste, celle d’Oussama Ben Laden, n’est pas encore écartée. Et si elle devait se confirmer, là encore nous devrons tous, Français, Espagnols et autres Européens, cesser de nous voiler la face : le 11 septembre n’était bel et bien pas une guerre déclarée contre l’Amérique, mais contre la civilisation moderne, tant ses branches occidentales qu’orientales. Là encore, Européens que nous sommes devrons accepter cette réalité tant dramatique qu’elle puisse paraître, parce que tant que celle-ci restera voilée, la bombe ne sera que retardée, et les conséquences certainement pas atténuées.
Au moment où ces lignes sont écrites, l’ETA vient de démentir toute implication dans l’attentat, et ce serait donc bel et bien la piste d’Al-Qaida qui se confirmerait, même si la revendication de l’organisation fondamentaliste musulmane est à prendre avec la plus grande prudence d’après l’ensemble des experts sur la question.
Au-delà des contextes nationaux spécifiques des pays et régions frappées par le terrorisme, il reste ce concept singulier, ce projet totalitaire et fasciste qui nous met tous devant nos responsabilités.
Jeremy Ghez
|
|
| Dernière mise à jour : ( 29-08-2005 ) |
| < Précédent | Suivant > |
|---|








