Advertisement
Accueil arrow Analyses arrow Toutes nos Analyses arrow L'histoire des Juifs Ethiopiens
05-12-2008
 
 
L'histoire des Juifs Ethiopiens Version imprimable Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 4
FaibleMeilleur 
30-03-2005

 

L’histoire des Juifs Ethiopiens

31/03/2005

 

          La sortie en France du film franco-israélien, Va, Vis et Deviens donne l’opportunité à  d’aborder l’histoire des Falashas qui sont les Juifs d’Ethiopie.

 

 

Le film

Le réalisateur israélien d’origine roumaine, Radu Mihaileanu, dédie son dernier film à l’histoire souvent méconnue et oubliée des juifs Ethiopiens sauvés par le Mossad lors de l’opération Moïse en 1984. A travers la vie de Schlomo, âgé de neuf ans lors du début du film, le cinéaste porte à notre connaissance l’histoire de huit mille Falashas sauvés et rapatriés en Israël. Né dans une famille chrétienne qui a tout perdu en raison de la sécheresse, de la famine et des épidémies, Schlomo se retrouve orphelin de père dans un camp de réfugiés au Soudan en compagnie de sa mère. Celle-ci très lucide – sachant qu’il aura davantage d’avenir hors de ce camp et loin des siens- le force à partir avec le convoi de juifs éthiopiens. Elle voyait de sa tente les préparatifs de l’opération humanitaire israélienne, sans perdre de temps, elle a tout de suite agi. Par amour pour son fils, elle abandonne le dernier être cher qui lui reste –deux autres des ses enfants sont décédés auparavant- pour le sauver. C’est un déchirement. Shlomo pleure dans sa nouvelle terre d’exile, et dans sa nouvelle famille d’adoption mais il se souvient des paroles murmurées par sa mère lors de leur séparation « va, vis et deviens ». La suite du film suit le destin de cet Africain noir qui se fait passer dans un premier temps pour juif pour survivre puis qui adopte totalement l’identité juive –sans jamais oublier sa mère – jusqu’à se marier avec une Israélienne.

Le film aborde également le thème du racisme à l’égard des noirs en Israël. En effet, les Falashas sont rejetés par des juifs orthodoxes qui ne reconnaissent pas leur judéité. Le film pose alors la question de l’identité juive. Qui est juif ? Israël est un pays d’accueil qui a connu plusieurs vagues d’immigration reflétant des communautés diverses : Polonaises, Russes, Européennes, Américaine, Africaines du Nord, Ethiopienne... Cette dernière, une des plus récente, est sans doute une des plus difficile à totalement intégrer. En partant d’Ethiopie, « ils quittaient le XVème siècle » confie Radu Mihaileanu. On comprend alors que le problème d’intégration puisse se poser avec acuité surtout pour les plus âgés d’entre eux. A la fin du film, Schlomo est épanoui, marié, papa, et médecin, il part en mission en Afrique sauver des enfants dans des camps de réfugiés. Si seuls les plus sensibles pleureront, du début à la fin, devant l’histoire émouvante du petit Schlomo, personne n’en sortira indemne. A voir absolument!

 

Des Falashas aux Juifs Ethiopiens

 

Le mot Falasha – considéré par certains Falashas (ou Beta Israël) comme péjoratif - a été peu à peu abandonné au profit de l’appellation « Juifs éthiopiens ». En effet, Falasha signifie dans l’ancienne langue éthiopienne l’exil ou l’étranger. Alors que d’autres interprétations mettent en valeur le fait qu’ils sont en diaspora ou en exil de la Terre Sainte dans l’attente de la venue du Messie. Il est clair, de toute façon,  que pour ceux qui vivent désormais en Israël, le mot est inapproprié. Dans leur choix de nouvelle appellation, on trouve sans aucun doute un témoignage vif de leur nouvelle identité qu’ils veulent assumer pleinement.

 

Leur identité

Plusieurs questions viennent à l’esprit lorsqu’on aborde l’histoire des Falashas : d’où viennent ces juifs noirs éthiopiens ? Comment sont-ils arrivés en Ethiopie ? Comment le judaïsme est-il arrivé jusque-là ? Est-ce une légende ?

Religieusement, les juifs d’Ethiopie peuvent être les descendants de Salomon et de la reine de Saba. Mais de plus en plus, les Falashas vivant aujourd’hui en Israël s’éloignent de ce mythe des origines qui pourraient les associer à la culture et à la société éthiopienne. Historiquement, l’explication est plus compliquée et les historiens ont toutes les peines du monde à tomber d’accord. Controverses et polémiques ont divisé chercheurs et organisations au service des Falashas. Les Falashas préfèrent alors se présenter comme les descendants de Juifs  qui ont suivi le prophète Jeremiah en Egypte ou bien d’après l’interprétation rabbinique, ils se disent descendants de la tribu perdue de Dan.

Il s’agit d’une histoire unique et héroïque d’une tribu qui illustre à la fois la pratique d’un judaïsme pré-exil et le développement d’une communauté éthiopienne chrétienne. Les Falashas sont restés jusque dans les années 1850, date d’arrivée d’une mission protestante, isolés et inconnus. Les Falashas se sont alors incontestablement transformés avec les nouvelles connaissances que leur apportaient les missionnaires en particulier la grande nouvelle qu’il existait une grande communauté juive dans le reste du monde. Ils pratiquaient un judaïsme d’avant le Talmud (ce qui signifie avant l’étude commentée de la Thora, avant son exégèse), qui a donc beaucoup évolué depuis la prise de contact avec la communauté juive. Au début du XXe siècle, le « père des Falashas », Jacques Faitlovitch, a joué un rôle essentiel pour que les Falashas prennent conscience de leur identité juive. Il a engagé une double campagne, une première de sensibilisation à l’encontre de la communauté juive et la seconde d’adoption d’un judaïsme traditionnel à l’encontre des Falashas. Il a joué un rôle déterminant en façonnant une image attirante des Falashas comme Juifs éthiopiens. Avec la création de l’Etat d’Israël et le début des activités des Agences juives à l’intention des Falashas, le processus d’évolution fut initié. On pût voir l’adoption progressive de l’hébreu et de pratiques religieuses traditionnelles alors qu’ils rejetaient certaines de leurs pratiques Falashas.

 

Le sauvetage. La Corne de l’Afrique a connu dans les années 1980 une période instable et trouble en raison de famine et de guerres civiles. La diaspora juive éthiopienne menacée, se battait pour sa survie. En effet, c’était l’une des communautés les plus fragiles, innocente victime de cette montagne de souffrances. Le sauvetage des Juifs d’Ethiopie n’était pas évident pour le gouvernement israélien. Il ne fallait froisser ni les autorités éthiopiennes, ni les autorités soudanaises – le Soudan est un pays musulman qui applique la charia - avec lesquelles Israël n’avait aucune relation diplomatique. Il y aurait pu avoir des représailles à l’encontre de la population juive. Avant 1981, plusieurs Falashas, au total 7 000, sont arrivés par leurs propres moyens en Israël. Ils ont été à l’initiative de plusieurs manifestations devant la Knesset dans l’espoir que le gouvernement israélien intervienne. L’opération de rescousse secrète dont le nom de code était Opération Moïse eu lieu de novembre 1984 à janvier 1985. Il fut estimé que la population juive éthiopienne en Israël était désormais de 15 000 personnes, ce qui constituait la moitié de la communauté totale de Falashas. 5000 restèrent probablement dans les camps du Soudan, 8000 autres restèrent en Ethiopie. D’autres sont morts sur la route en traversant le désert à pied de l’Ethiopie au Soudan. Mais l’estimation du nombre total de Juifs éthiopiens s’est avérée erronée. L’Association Américaine pour les Juifs éthiopiens n’avaient pris en compte ni les Juifs des contrées retirées d’Ethiopie ni les Juifs d’Erythrée. Le nombre de Juifs éthiopiens à rapatrier s’est donc révélé plus important que prévu.

Dans les années qui suivirent, l’arrivée de Juifs éthiopiens se poursuivit à rythme régulier. En effet, le tyrannique marxiste Mengistu Haile Mariam, en fin de règne lâché par l’URSS et en besoin urgent d’aide militaire et financière, accepta des négociations avec Israël. Celles-ci commencèrent début 1990 et portèrent en partie sur l’émigration des Juifs éthiopiens. Finalement, les relations diplomatiques entre l’Ethiopie et Israël reprirent et après un intermède de seize ans, l’Ethiopie rouvrit son ambassade en Israël. Ainsi, en échange d’argent et d’armes, le gouvernement éthiopien laissa partir quelques centaines de Juifs par mois à la condition qu’Israël fournirait les papiers de transport. Le rapatriement s’effectuait en deux étapes : le premier vol était assuré par une compagnie aérienne éthiopienne jusqu’à Rome, ensuite les passagers étaient transférés dans des avions israéliens.

En raison de la dégradation de la situation politique et alimentaire en Ethiopie, une deuxième opération de sauvetage, l’Opération Salomon, eu lieu en 1991 ce qui contribua à faire grimper le nombre de Juifs éthiopiens entre 50 000 et 55 000.

 

La lutte pour la reconnaissance. Après un moment d’euphorie suite au succès de l’opération Moïse, un nuage d’inquiétude envahit les esprits. Différentes opinions rabbiniques s’exprimèrent sur le statut religieux de ces immigrants. Sont-ils des Juifs à part entière ? Faut-il les convertir symboliquement par la circoncision ? Les Falashas s’indignèrent et se sentirent insultés. Finalement, fin février 1985, les rabbins conduits par Ovadia Yossef et Shlomo Goren, les deux anciens Grands Rabbins de la communauté Sépharade et de la communauté Ashkénaze ont mis fin à la polémique en déclarant pas décret que les Falashas sont Juifs.

La lutte pour la reconnaissance qui a commencé au XIXe siècle - lorsque leur existence a été rapportée à la communauté juive – culmine aujourd’hui avec la reconnaissance des Falashas en tant que Juifs éthiopiens. En d’autres mots, la nature de leur religion apparemment juive, leur style de vie et leur culture sont totalement affiliés au judaïsme.

                                                                                               

Leslie Palti

 

Bibliographie :

-         The Falashas, A short history of the Ethiopian Jews , David Kessler (1996)

-         From Falashas to Ethiopian Jews , Daniel P. Summerfield (2003)

 

11 commentaires.
 1. Sans titre
darsieres, Unregistered
je trouve cette histoire très belle et je remercie Israel d'avoir accueillit et reconnu les juifs d'Ethiopie
je suis martiniquaise
 Posted 2006-09-10 02:11:53
 2. Sans titre
camara laurent, Unregistered
Pour ma part je suis né à Paris , je suis de mère ashkénaze et de père moitié yéménite et moitié éthiopien.
Je vais souvent voir la famille de ma mère en israel, mais je decouvre une grande précarité parmi le beta israel
 Posted 2006-12-08 09:28:15
 3. Sans titre
Patou, Unregistered
Bonjour à tous. Je suis réalisateur Français d'origine camerounaise. Je vis à Paris et m'intéresse à cette histoire des Juifs Noirs depuis que j'ai eu connaissance en 1990.J'ai appris comme beaucoup, qu'en plus d'être Noir sur cette terre, d'autres étaient en plus Juifs.C'est à dire pour moi, ceux qui ont les pieds dans la merde raciale. Ceux pour qui ce sera encore plus dur. Tout cella pour dire que j'ai été bouleversé en l'apprenant. Mais heureusement, le peuple d'Isreal, pour éviter une 'shoa éthiopiènne' s'est montré en un peuple juste pour une juste cause en ramenant ses enfants à la maison, tout simplement. Vive ce peuple.
 Posted 2007-01-09 08:02:25
 4. ne nous voilons pas la face
Visiteur, Unregistered
J'admire toute a fait le fait qu'une certaine reconaissance doit etre attribuer a ces ethiopiens juifs surnomes les falashas.pendant je ne comprend pas pourquoi les israeliens rejettent ces personnes qui sont de meme confessions mais pas de meme couleur de peau .Judaisme israelien serait il une forme de racisme dissimuler???
 Posted 2007-09-02 17:04:38
 5. origine de falashas
Visiteur, Unregistered
[smiley=laugh]
cette histoire est magnifique. Je partage la peine et le souci de ce peuple que j'admire. Cependant j'aurai souhaité connaître toute la vérité sur leur origine: descendants de Salomon? Emigrés?...
Quelle est la version vraie à raconter à transmettre à nos descendants?
 Posted 2007-11-15 11:51:18
 6. une bonne nouvelle
selchard, Unregistered
bonjour moi je suis des iles et noir l histoir d isral ma toujour plus et je connaissais pas ce peuple noirs descendants isral pour moi c est une bonne nouvelle pour vous dire pas facille d etre de couleur dans ce monde malgrés la confession merci
 Posted 2008-03-30 11:05:54
 7. faites l'amour ! mais pas la guerre..
sarah, Unregistered
Je remerci la télévision française de nous avoir montré ce chédoeuvre "va vie et deviens" mardi soir dernier.C'est vrai que je suis très attentive à ce qui se passe en Israel et surtout pour les juifs ethiopiens.Il ya pas si longtemps que ça, on nous fesais croire que les seuls juifs sur terre étaient blancs! mais raté!! les noirs ne sont pas un détail de l histoire.. c'est avec lui que l'avenir de lhomme se contruira qu'on le veuille ou non.Ne nous laissons pas nous faire réduire par le négationiste car notre couleur est notre force et vive à toute les communautés qui oeuvrent pour la paix dans le monde.[smiley=angry]Peace
 Posted 2008-05-08 15:18:50
 8. Bravo israel
Visiteur, Unregistered
Bravo Israelien il ne vous suffisait pas de prendre la terre au palestinien il faut aussi que vous passiez pour des sauveur!!Les Falashas sont les descendants de ce qui accompagnaient Ménélick fils de Salomon et de la Reine de Saba!!Israel n'est pas une terre mais un peuple et les nom change avec le temps!!!!
 Posted 2008-06-18 04:03:25
 9. oui bravo les israeliens
Visiteur, Unregistered
eh petit bonhomme va demander au falashas s ils preferent leurs anciennes conditions e vie en ethiopie ou l actuelle et apres tu pourras parler.....aucun ne retourne en ethiopie alors qu ils sont libres de le faire puisqu ils ont la double nationalité
 Posted 2008-07-05 14:12:31
 10. ps
favel, Unregistered
ps : je suis juif ahkenaze et je cherche une black juive merci d ecrire à calinbasreins@hotmail.com
 Posted 2008-07-05 14:17:39
 11. etre falashas en israel
Visiteur, Unregistered
les ethiopiens juifs de surcroit etant des falashas ont crus en retrounant sur leur terre promise on etait bien decus je pense ;l'accueil c'est voulu chaleureux sauf je pense qu'ils ont bien dechanter pour les uifs vivant là depuis des decenies voir arriver ces juifs de surcroit noir le choc à debuter à ce moment là ; les ethiopiens pensant retrouver leurs racines ont vite dechanter ils ont etes parquer comme des betes rejeter par des juifs comme eux c'est ignoble de voir ça leur donner des guettos en guise de logements sans compter leurs regards de cela meme qui les accueiller soit disant bras ouverts c'est tout simplement ignoble je ne pense pas que la bible veuille cela ;[smiley=evil]
 Posted 2008-10-01 18:30:05
Merci pour vos commentaires !
Nom : Titre :
E-mail : Site web :
       [smiley=angry][smiley=cool][smiley=evil][smiley=happy][smiley=laugh][smiley=sad][smiley=shock][smiley=think][smiley=tongue][smiley=wink]
Commentaire(s) :
Dernière mise à jour : ( 28-08-2005 )
 
< Précédent   Suivant >
 
Top! Top!