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Rayer Israël de la carte: ceux qui sont d'accord Version imprimable Suggérer par mail
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11-12-2005

Rayer Israël de la carte: ceux qui sont d'accord

Pourquoi il faut remercier Mahmoud Ahmadinejad

26/11/2005

    Avant-propos : bien que publié après le 09/12/05, le présent article ne traite pas des dernières déclarations du Président iranien à la télévision satellitaire iranienne Al-Alam, lors de la réunion de l’Organisation de la conférence islamique à La Mecque (Arabie saoudite).

Cette semaine, nous avons célébré un drôle d’anniversaire.

Le mois dernier, devant quatre mille étudiants radicaux à l'occasion d'une conférence intitulée « Le monde sans le sionisme », le président ultra-conservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré qu’il fallait « rayer Israël de la carte , […] comme l'a dit l'imam [Khomeiny, chef spirituel suprême de la Révolution iranienne, 1900-1989]. »

Cette déclaration mérite l’examen approfondi d’AFIDORA, communauté de réflexion autour des questions géopolitiques du Moyen-Orient. Celle-ci s’efforçant de restaurer un débat de raison sur les confits y ayant cours, ne peut que se pencher sur un discours visiblement incendiaire.

 

 

 

Discours condamné, du reste, par tous les médias français et toutes les diplomaties occidentales, de façon plus ou moins catégorique d’ailleurs. En Israël, pour le principal intéressé, ce n’est pas vraiment une surprise : Shimon Pérès déclarait au lendemain de l'élection d'Ahmadinejad, le 25 juin 2005: « La conclusion de ce scrutin est qu'il y a en Iran une combinaison dangereuse d'extrémisme religieux, d'armes non conventionnelles et d'isolement international qui va continuer et provoquer de graves problèmes » (Le Temps, 27/06/05). La déclaration iranienne place Israël devant un risque « évident et actuel » (Le Nouvel Observateur, 27/10/05), selon la réaction de Sylvan Shalom (ministre israélien des Affaires Etrangères). Pour autant, l’Iran, en course pour la détention de la technologie nucléaire, qu’il proclame à usage « purement civil », n’est en fait qu’à quelques années de l’arme atomique. Selon tous les experts, ce qui était une éventualité est devenu une simple question de temps. Il s’agit donc de se donner des clés d’interprétation.

Fidèle à sa tradition, AFIDORA vous propose, un décryptage approfondi de cette nouvelle donne internationale. En effet, si cette déclaration, nous le verrons, constitue moins un tournant de la politique extérieure iranienne qu’une offensive politique intérieure, elle a le mérite de nous permettre de jeter un regard rétrospectif… sur l’Occident. Mais tout d’abord…

1. Tournons-nous vers la scène politique iranienne

L’apparence est simple : le représentant élu par le peuple iranien prononce un manifeste d’hostilité radicale à l’encontre d’un autre peuple. Il s’agit donc de toute évidence, d’une déclaration de guerre entre peuples, et non entre Etats; ce qui renvoie aux prolégomènes de génocide rwandais de 1994, ou, pour les plus anciens, à la phraséologie des nationaux-socialistes allemands, il y a quelque 70 ans.

Ahmadinejad est un ancien officier des pasdaran, (littéralement les « pandores », corps des gardiens de la Révolution islamique). Etudiant, il s'illustra au sein des phalanges lancées aux trousses des opposants. Il fait l’objet de deux accusations majeures : d’une part, il aurait pris part à la prise d’otages de l’ambassade américaine de 1979 ; d’autre part il aurait été impliqué dans le meurtre d’un opposant kurde à Vienne dans les années 80 (accusations rejetées par Téhéran). Enfin, ce sont ses proches qui sont les commanditaires indirects de l’attentat contre le centre communautaire juif de Buenos Aires en 1994, qui coûta la vie à plusieurs dizaines de civils.

Mahmoud Ahmadinejad a été élu le 24 juin 2005 à la présidence iranienne, avec 61,69% des voix, après un scrutin marqué par des fraudes (notamment à Téhéran) et de multiples pressions. Mais son programme électoral - redistribution de la rente pétrolière, lutte contre la corruption, durcissement idéologique et religieux - n’a pas été tout à fait étranger à sa victoire : les innombrables marchands de Téhéran, groupe social pourtant largement composé d’Azéris, ont ainsi constitué aux côtés des plus démunis la principale base politique d’Ahmadinejad.

La déclaration susmentionnée est donc partie intégrante du prolongement du virage diplomatique qu’annonçait l’élection de cet ultraconservateur. Selon toute apparence donc, rien de surprenant.

Pourtant, au-delà des apparences, le président iranien a sans doute voulu aller plus loin que la provocation, et pas tant sur le plan international, que dans le cadre de la politique intérieure. Sans doute est-ce là l’aspect le plus intéressant de la déclaration incendiaire du 26 octobre dernier, le plus novateur pour ne pas dire le plus ingénieux.

a) La provocation qui ne trompe personne

Dans un souci de probité intellectuelle, AFIDORA renvoie à cet excellent article d’Amir Taheri, lequel a inspiré les quelques réflexions qui vont suivre.

Les propos du président iranien révèlent une agressivité rare dans le monde feutré de la diplomatie ; la déclaration controversée fut d’ailleurs amoindrie dans les jours qui ont suivi le 26 octobre par les responsables de la diplomatie iranienne, au premier rang desquels… Hachemi Rasfandjani, ancien président et challenger malheureux de M. Ahmadinejad aux dernières élections présidentielles. Ce dernier est également un proche du Guide de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei.

On pourrait donc croire qu’il ne s’agit que d’une déclaration haineuse de plus (à l’instar des imprécations lancées par le Président malaisien Muhammad Mahathir lors de son discours au Sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique, le 18 octobre 2003), qui fait de son auteur durant un court instant un champion aux yeux des extrémistes auxquels il entend plaire, et lui confère une brève audience à l’échelle internationale. Autour des déclarations d’un orateur, il est bien souvent judicieux de s’intéresser aux circonstances, à commencer par le public. Il s’agissait de quatre mille étudiants radicaux, qui ont scandé par moments « Mort à Israël » ; le moins que l’on puisse dire est que le public était acquis à la cause de l’orateur. Certes c’est souvent le cas ; mais en l’occurrence, on peut tout à fait inverser la phrase.

N’était-ce pas tout autant l’orateur qui était acquis à la cause du public ? Pourquoi a-t-il choisi d’exprimer ce qui semble être un tournant diplomatique radical (et donc de première importance) devant un parterre plutôt uniforme et favorablement disposé ? Certes, les déclarations se font parfois dans des universités, lieux de réflexion et d’avenir, comme ce fut le cas avec Winston Churchill, qui a conceptualisé le premier le rideau de fer divisant l’Europe et le monde à l’université de Fulton, le 05 mars 1946.

La population iranienne est constituée à plus de 60% de jeunes, qui souffrent du chômage (officiellement à 15% de la population active, mais s’établissant plutôt à 30%) et ont sans doute perdu une partie de leurs repères politiques devant les déceptions de l’ère Khatami (1997 - 2005), qui devait être réformatrice et tournée vers l’Occident.

Quant à l’orateur, Ahmadinejad module son discours selon ses auditoires. Tantôt il vante les vertus de la modération et condamne l'extrémisme; tantôt il reprend des formules en vogue quand vacillait le trône du Shah, à la fin des années 70. Honneur au « sang des martyrs » ; sus à « l'oppression, la tyrannie et l'injustice ». On l’entend même reparler de l’« exportation » du modèle khomeiniste, quand il assimile son triomphe à une « nouvelle révolution islamique » dont « la vague balaiera bientôt le monde entier ».

Par conséquent, il est probable qu’au-delà du caractère international et indubitablement belliqueux de la déclaration du 26 octobre, Mahmoud Ahmadinejad a souhaité poser un acte de politique intérieure en imposant sa marque au découpage politique du pays, limité comme dans toute démocratie « musclée ». Plusieurs faits viennent à l’appui :

- En premier lieu, le président s’est exprimé devant des sympathisants, un peu comme au cours du meeting politique d’un leader avec ses militants, dont l’objectif est de muscler l’argumentaire de l’un et regonfler le moral des autres. S’agit-il d’une répétition générale, en prélude à un dessein plus vaste ?

- Ensuite, l’Iran n’avait pas vu un dirigeant d’importance radicaliser ses propos à ce point depuis l’ère de l’ayatollah Khomeiny. En agissant ainsi, le président iranien crée sa marque, et impose un style en propre, qui tranche délibérément avec celui de l’ex-président « réformateur » Khatami. Il pousse plus avant l’élaboration de son image politique aux yeux du peuple iranien.

- Enfin, déclarant ne vouloir « ni une mollarchie, ni une démocratie », Ahmadinejad rend publique sa volonté d’être le seul maître de ses faits et gestes. Il prend ainsi ses distances avec les mollahs (dignitaires), ses ennemis politiques. Il va même plus loin encore en invitant les officiels à conclure un pacte moral directement avec l’Imam Caché : le Mahdi attendu parmi les douze Chiites, ce qui dispense tout un chacun de l’intermédiation spirituelle des mollahs ainsi que du Guide Suprême, et rend le gouvernement iranien responsable uniquement devant l’Imam Caché. Cette fois-ci, il muscle son image politique aux yeux de ses pairs.

b) Quelles postures diplomatiques cette déclaration induit-elle à l’international ?

En se radicalisant de la sorte, le président iranien libère paradoxalement des marges de manœuvre pour la diplomatie iranienne en haussant de force le seuil de tolérance des diplomaties étrangères. En effet, comment blâmer de façon crédible un pays qui, se sachant directement menacé jusque dans son existence, met en place une riposte verbale et des capacités de défense appropriées ? Difficile ; et en même temps, on sait trop bien qu’une situation analogue a pu conduire à la course à l’armement au temps de la guerre froide.

Désormais, la balle est dans le camp d’Israël. Provoqué et nommément menacé avec ses alliés occidentaux, l’Etat hébreu est en situation de répondre à la mesure de la provocation. Que la diplomatie israélienne reste mesurée, et celui-ci marque un point. Qu’elle embraye sur une radicalisation vis-à-vis de l’Iran (ce qui est le moins que l’on est en droit d’attendre en retour), la voilà autorisée de facto à franchir un seuil impossible à dépasser auparavant sous peine de voir Israël instruit en procès d’intention. Et les menaces existent bel et bien : l’Iran arme et finance le Hezbollah libanais, et est en passe de faire un contrepoids nucléaire à la puissance israélienne. La basse besogne ayant été assurée par la déclaration iranienne du 26 octobre, Israël est alors en position de choisir le beau rôle. « Messieurs les Anglais, tirez les premiers » entendit-on en 1745 à la bataille de Fontenoy…

Se pose également la question de la décrédibilisation du régime sur le plan international. Les huit années de la présidence de Khatami ont vu un assouplissement relatif des relations avec l’Occident et les États-Unis, lesquels étaient stigmatisés en leur temps par l’ayatollah Khomeiny comme le « Grand Satan » à combattre par tous les moyens. D’un point de vue extérieur, l’étiquette électorale de « réformateur » n’a pas vraiment quitté Khatami durant son mandat, quand bien même il n’a pas réellement pu réformer le pays : cela aurait présupposé une réforme des institutions, à commencer par le Conseil des Gardiens de la Révolution, organe ultra-conservateur non-élu, chargé notamment de valider les candidatures électorales à la présidence. Réforme impossible en l’état, d’autant qu’au-dessus de tout veille l’ayatollah Ali Khamenei, qui reste le véritable chef de la République Islamique, comme en témoigne son intervention -rarissime en politique- par lettre du 23 mai 2005 pour que le Conseil des Gardiens revienne sur sa décision d’invalider les candidatures aux élections présidentielles de l’ancien ministre de l’Éducation, Mostafa Moïn, et de l’ancien vice-président aux Sports, Mohsen Mehralizadeh.

Dès lors, la radicalisation de l’Iran entre en résonance avec un contexte stratégique tendu, au Moyen-Orient sur fond de prétentions nucléaires iraniennes, et à l’international sur fond de tensions sur le prix du pétrole. L’Iran vient-il de faire son coming out, annoncé par les provocations nucléaires ? Est-il en train de franchir une ligne jaune au-delà de laquelle il rejoint les régimes les plus belliqueux de la planète ? Il est trop tôt pour se prononcer, car des éléments manquent. Il ne suffit pas d’une déclaration pour faire toute une politique. Mais elle peut en être le déclencheur, ou le révélateur. En tout cas, il est manifeste que l’Iran se cherche une identité sur le plan international, et certainement pas une identité de seconde zone.

c) Ahmadinejad pousse les parties en présence de la politique iranienne à choisir leur camp… autour de lui

On connaît cette expression : « qui ne travaille pas pour moi, travaille contre moi ». Elle trouve un écho certain dans la déclaration du 26 octobre de Mahmoud Ahmadinejad.

On a vu précédemment que les desseins de la politique et diplomatie iranienne sont changeants, notamment ceux exprimés par la voix du président. La déclaration peut faire peur, et il y a de quoi. Mais vu sous l’angle de la politique intérieure, il s’agit d’un coup de maître, voyons plutôt.

Quand le président iranien déclare que « La nation musulmane ne permettra pas à son ennemi historique de vivre en son cœur même » et qu’il préconise une « nouvelle vague » d’attaques pour atteindre « le point d'anéantissement du régime sioniste » ; quand il jure que « Les dirigeants de la nation musulmane qui reconnaîtront Israël brûleront dans les flammes de la colère de leur propre peuple », le pays honni n’étant que la création des « forces d'oppression mondiales » (Le Point, 03/11/05), c’est pour choquer et pousser les Iraniens, au premier rang desquels ses pairs en politique, à choisir leur camp.

Le raisonnement implicite est le suivant : soit vous êtes sur la même orientation politique que moi, donc vous ne pouvez qu’être derrière moi, soit vous n’êtes pas d’accord avec ma déclaration, et vous ne pouvez qu’être contre moi, tant la demi-mesure est impossible ici.

Dans tous les cas, Mahmoud Ahmadinejad crée une problématique centrée sur lui-même, et non pas sur la statue du commandeur de l’ayatollah Khomeiny, ou sur les décisions du Conseil des Gardiens. De facto, il peut devenir une figure à part, dotée d’une initiative propre. L’enjeu en vaut la chandelle, puisque les fonctions actuelles du président de la République Islamique d’Iran sont réduites, entre les prérogatives du Conseil des Gardiens et la latitude dont dispose la diplomatie iranienne, ainsi que l’influence de la figure spirituelle de l’ayatollah Khamenei. Concernant ce dernier, pourquoi, s’il se sentait menacé par le bouillant maire de Téhéran, n’a-t-il pas fait obstacle à son élection ? Partage-t-il en partie les fantasmes apocalyptiques des extrémistes, loin du pragmatisme qu’on lui prête ? S’agit-il à l’inverse, d’un calcul visant à décrédibiliser ses adversaires ultraconservateurs, à l’instar de l’éphémère chancelier Franz Von Papen (1879-1969) qui jadis, accepta la montée au pouvoir d’Adolf Hitler avec la ferme conviction que les nazis seraient balayés en quelques semaines et qu’il pourrait modérer leur leader ? Il est difficile de pénétrer la mentalité du Guide, qui reste une autorité incontestée, nanti d’une légitimité dans le champ religieux comme dans le politique…Et pourtant, c’est « là que ça se passe » !

2 …Et revenons en France

Mais au moment où les réactions indignées officielles se succèdent, le silence de quelques-uns est éloquent. Le 26 octobre dernier (mais également le 27, le 28, etc…) , l’un des co-auteurs du présent éditorial a pris un malin plaisir à guetter et consigner les réactions de certains de ses médias préférés. Voici le bilan :

- Prenons Courrier International, et son site fort intéressant www.courrierinternational.com, dont l’un des auteurs, le journaliste Eric Glover, affirmait péremptoirement sur Business FM en octobre dernier que l'Iran développait sa bombe dans un souci de « contrer la menace israélienne », Israël ayant « déjà bombardé l’Iran ».

Ce site commente chaque jour l’actualité internationale, fût-ce en reprenant sans y changer une ligne les dépêches de l’Agence France Presse (AFP). Le conflit israélo-palestinien y est évoqué ad nauseam. Le 26 octobre dernier, mais également le 27, le 28, le 29 etc… ce site a tout simplement ignoré les propos d’Ahmadinejad. Mieux, la seule mention d'Israël était l'opinion du jour : « La bombe israélienne menace la stabilité régionale ». 

- Les médias officiels ne sont pas en reste. Prenez le cas de RFI, Radio-France Internationale, dont le chef du service de politique internationale, Richard Labévière, ne peut achever un édito sans évoquer le rôle néfaste joué par Israël et les Etats-Unis. Comme on ne pouvait guère s’y attendre, lui non plus ne mentionne pas cette déclaration dans son dernier article. Signalons par ailleurs que son émission a été supprimée pour la nouvelle grille de novembre, sans doute en raison de ses excès anti-américains passés : on le voyait mal finir sur un constat d’accord avec le régime de Téhéran…

Courrier International, puis RFI, et enfin Le Monde Diplomatique : en effet, le porte-parole anti-mondialiste se garde bien d’évoquer les rodomontades d’Ahmadinejad, dans son édition d’octobre (sans doute bouclée trop tôt) comme dans celle de novembre. On aurait pourtant pu croire que ce journal rééditerait l’exploit, après avoir pris la défense de Fidel Castro lors des rafles d’avril 2003, qui avaient coûté la vie à trois opposants cubains. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

En 2002, Jean-Marie Colombani publie chez Fayard Tous Américains ?. Dans ce petit ouvrage, on y apprend que Jacques Chirac « et son entourage » considèrent Israël « comme une parenthèse de l’histoire ». Disons-le d’entrée : en guise d’entourage, il s’agit surtout de… Dominique Galouzeau de Villepin, actuel Premier Ministre français.

Sa thèse est simple : Israël n’est qu’une réminiscence des états latins croisés, lesquels n’ont guère duré qu’un siècle. Israël disparaîtra d’une manière ou d’une autre dans un avenir proche, que ce soit par les armes, la démographie, ou le découragement moral amenant à l’éventualité d’un état binational. Par conséquent, la France éternelle ne peut compromettre des alliances de long terme avec des peuples non moins éternels, pour soutenir une petite nation coloniale, brutale et pro-américaine. Le calcul est net et précis, la conséquence immédiate. Le fait qu’il ait été exposé en réunion de préparation de la campagne présidentielle de 2002 ne l’est pas moins. La question est : jusqu’à quel point cette vision des choses, qui a le mérite d’être claire, mais l’inconvénient de ne pas avoir été issue d’un débat démocratique, influence-t elle la diplomatie de notre pays ?

Il nous faut là nous contenter de récolter des indices épars. Car comme avec le guide Khamenei, nul ne peut réellement prétendre lire dans les pensées du président de la République (les Affaires Etrangères faisant partie de son domaine réservé) et de son entourage immédiat. Toutefois, considérons les éléments suivants :

- Ce président en question découragea en son temps Yasser Arafat de signer un accord de cessez-le-feu au début de la Seconde Intifada, un certain 4 octobre 2000. Motif : l’accord de cessez-le-feu que le raïs palestinien était prêt à signer ne prévoyait pas d’implication d’observateurs internationaux.

- Par ailleurs, selon l’ancien ambassadeur d’Israël en France, M. Nissim Zvili, Maurice Gourdault-Montagne, conseiller diplomatique de Jacques Chirac, a affirmé que « rien ne prouve que le Hamas et le Jihad soient des mouvements terroristes...» (Source : AP, 25/08/2003)

Comme vous pouvez le lire sur la charte du Hamas, on peut en tout cas se poser des questions. Rappelons que Maurice Gourdault-Montagne fut le disciple préféré de Serge Boidevaix, le haut diplomate français conseiller du Premier Ministre Jacques Chirac entre 1974 et 1976. Ce dernier a été l’un des principaux instigateurs de l’alliance franco-irakienne, laquelle s’était matérialisée par une coopération nucléaire (Osirak) en tout point semblable à celle que la Russie effectue en ce moment même avec l’Iran. Serge Boidevaix, accusé de corruption et de trafic d’influence, est aujourd’hui mis en examen dans le cadre du scandale ‘Pétrole contre nourriture’ : il aurait reçu une trentaine de millions de barils de pétrole de la part du régime irakien en échange d’un lobbying en faveur de Saddam Hussein entre 1998 et 2003. Les premières malversations remonteraient en fait aux années 70-80, via sa société de conseil SA Boidevaix Conseil, logée chez Eurotradia International, autrefois connue sous le nom sibyllin de OGA (Office Général de l’Air), et présidée pendant longtemps par… le général Jacques Mitterrand, frère du défunt président. Or Eurotradia, dont les actionnaires sont Total, EADS, MBDA, Safran (anciennement SNECMA) a manifestement utilisé son carnet d’adresses, l’entregent et les réseaux de Serge Boidevaix, notamment en Allemagne (où il fut ambassadeur de France, de 1986 à 1992) et aussi en Irak. Boidevaix est également président de la chambre de commerce franco-arabe. (La lettre de l’Expansion, 28 novembre 2005)

A ce moment de l’article, certains pourraient accuser AFIDORA de se faire le relais des intérêts néo-conservateurs américains, en délégitimant la diplomatie et la presse françaises, en tout cas sur le dossier du Proche-Orient. Mais il s’agit moins ici d’une dénonciation outrée que d’une volonté de planter un décor. Notre propos ira plus loin.

3) … L’anti-sionisme est une opinion parfaitement légitime… raison de plus pour abonder dans notre sens

  Il s’agit ici de révéler enfin… là où nous voulons en venir : à la question de l'antisionisme.

De quoi s’agit-il ? Étymologiquement, d’un anti-nationalisme juif.

Pour la bonne raison que la seule et unique définition du sionisme, sur lequel AFIDORA a beaucoup écrit, est celle-ci : « un nationalisme juif ». Ne le nommons pas autrement, ce serait, comme dirait Camus : « rajouter aux malheurs du monde », et d’autre part, commettre une erreur historique.

Alors, penchons-nous sur les mots.

Un anti-nationalisme se justifie parfaitement sur le plan des valeurs universelles européennes. Nous autres civilisations, "depuis que nous nous savons mortelles" (Paul Valéry, Regards sur le monde actuel) connaissons tous les dangers et les impasses de cette idéologie, laquelle peut bien vite engendrer) racisme, xénophobie, haine de l’Autre, et violence abyssale. C’est elle qui est directement mise en cause dans les cataclysmes des guerres mondiales.

Par conséquent, tout anti-nationalisme semble rejoindre les conclusions logiques de l’observateur sensé et humaniste du siècle passé : par souci de tolérance, de liberté, d’égalité des droits, on ne doit accepter aucune revendication identitaire nationale ou ethnique porteuse d’une volonté d’exclusion, d’infériorisation et de rejet de l’autre. En ce sens, l’anti-sionisme est parfaitement légitime, compte tenu de nos valeurs réputées « occidentales » ou « européennes » et de notre chemin historique. Et c’est concrètement le sentiment éprouvé lors de la lecture des déclarations haineuses formulées par certains citoyens israéliens, ou certains juifs de la diaspora : « les Palestiniens ne méritent pas une patrie », « tous terroristes », etc…

Mais la légitimité de l’antisionisme en tant que concept tranche avec le sentiment diffus d’illégitimité renvoyé par les propos des « antisionistes » tels que nous les côtoyons dans la rue, sur les plateaux télés et les grands quotidiens.

Car si l’anti-sionisme est réellement un anti-nationalisme, pourquoi tant de prétendus « anti-sionistes » se révèlent-ils à ce point versés… dans le nationalisme palestinien ?

Certes on peut, et c’est sans conteste le cas des co-auteurs de ces lignes, espérer qu’une réparation rapide soit faite à ce peuple écrasé par l’histoire. Certes on peut applaudir des deux mains au courage de tous ceux qui font concrètement avancer la perspective d’un Etat palestinien, Mahmoud Abbas en tête. Certes on peut déplorer les tergiversations d’une partie israélienne, trop préoccupée par sa sécurité, pas assez par la reconnaissance d’une dette morale à l’encontre des Palestiniens. Et quand Shimon Pérès déclare (après l’élection d’Ahmadinejad, le 24 juin 2005) : « La conclusion de ce scrutin est qu'il y a en Iran une combinaison dangereuse d'extrémisme religieux, d'armes non conventionnelles et d'isolement international qui va continuer et provoquer de graves problèmes », les analystes honnêtes et objectifs se souviennent de certaines périodes où cette déclaration aurait pu s’appliquer (plus ou moins) à l’Etat hébreu. Tout ceci irait dans le sens d’un soutien partiel aux nationalistes de Gaza et de Cisjordanie, ou pour le dire autrement, d’un soutien à certains nationalistes palestiniens.

Mais pourquoi dans ce cas, nos « antisionistes » parisiens, et particulièrement des membres éminents de la presse et de la diplomatie, comme susmentionnés, se font-ils indirectement le relais des extrémistes du Hamas, des thèses radicales des Brigades des Martyrs d’Al Aqsa, qui en trouvant une explication du terrorisme par la misère et l’injustice (ce qui semble nettement infirmé par les études scientifiques sur le sujet), qui en exigeant davantage que les nationalistes locaux les plus affirmés (un déraisonnable « état binational »), qui en véhiculant la haine protocolaire du Juif  toujours coupable, laquelle constitue le versant le moins séduisant du nationalisme palestinien ?

Revenons aux mots : le sionisme est un nationalisme juif. Si les « anti-nationalistes juifs » ne sont pas anti-nationalistes, ils sont donc… anti-juifs.

Et c’est bien le sujet du présent article. Le véritable anti-sioniste, qui pourrait se reconnaître dans les valeurs affichées par AFIDORA dans son objet social, ne serait pas un admirateur du « pacifiste » Arafat. Il rejetterait sous une même opprobre, et la véhémente affirmation nationale d’Israël véhiculée par le Likoud de Netanyahou, dont nul ne peut contester qu’elle se fait au détriment du peuple palestinien, et l’affirmation nationale du Hamas et des Brigades, dont nul ne doit ignorer la haine raciste et meurtrière.

En ce sens, les « antisionistes » auto-proclamés ne sont pas authentiquement antisionistes, anti-nationalistes, ni même « anti-nationalistes juifs ». Ils sont avant tout anti-juifs, anti-Israël ; bref, antisémites. C’est ce que révèle leur engagement sans réserves aux côtés du Fatah intransigeant et terroriste des années 1970, des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa non moins terroristes de Marwan Barghouti aujourd’hui. Ce que révèle leur silence gêné après les déclarations d'Ahmadinejad. Dans leur tréfonds, et pour des motifs bien vagues – ou bien précis – , ils ne rejettent pas tout à fait le programme d’annihilation totale des Juifs de terre sainte présenté le 26 octobre dernier par le président iranien. Armes nucléaires à l’appui ?

 D’aucunes mauvaises langues prétendent que Mahmoud Ahmadinejad est un illuminé. Bornons-nous en tout cas à le remercier… pour nous avoir permis d’y voir clair.

 Steve Danino et Pierre-Marie Duché

28 commentaires.
 1. Sans titre
Visiteur, Unregistered
"En ce sens, l’anti-sionisme est parfaitement légitime, compte tenu de nos valeurs réputées « occidentales » ou « européennes » et de notre chemin historique. Et c’est concrètement le sentiment éprouvé lors de la lecture des déclarations haineuses formulées par certains citoyens israéliens, ou certains juifs de la diaspora : « les Palestiniens ne méritent pas une patrie », « tous terroristes », etc…"

Comment peut-on tenir un tel raisonnement ???

Je vais essayer.

Hitler a fait des déclarations haineuses : je suis anti-allemand. Farrakhan fait des déclarations haineuse : je suis anti-américain. Quand je suis allé en Espagne, un mec m’a insulté : je suis anti-européen. Je me suis fait traité de « sale blanc » par un asiatique, je suis anti-Asie…

Bref avec ce raisonnement, pas un pays du monde y échappe, y a des connards partout on trouve toujours un connard à détester dans chaque pays!

Afidora m’a rendu anti-monde...
 Posted 2005-12-13 22:38:27
 2. Réponse au commentaire
Steve Danino (AFIDORA), Unregistered
Bonsoir,

Il va de soi qu'AFIDORA n'évoquait dans cet article l'anti-sionisme que comme anti-nationalisme, et pas comme rejet intégral et radical d'une nation.

Un exemple: l'auteur de ces lignes n'est pas anti-français. Pourtant, il est loin de s'aligner sur les positions des nationalistes français Mégret et Le Pen ...

Steve Danino
AFIDORA
 Posted 2005-12-13 22:44:02
 3. Bravo AFIDORA !
Visiteur, Unregistered
Ahmadinejad et Villepin, même combat, il fallait oser !

Et après tout, pourquoi ne pas accepter l'idée qu'Israël est un état illégitime ? Si on part de là, on ne peut qu'être d'accord avec Villepin.

Et puis, je suis sûr que les propos d'Ahmadinejad ont été mal compris ici en Occident, il n'a jamais dit qu'il voulait envoyer un missile nucléaire sur Israël, mais qu'il pensait qu'Israêl allait disparâitre, ce qui est un évidence au sens de l'histoire: les Américains ne soutiendront pas éternellement les juifs sans quoi ils vont se trouver confrontés à tous les musulmans, quand ils n'auront plus de pétrole ils ne pourront plus se le permettre. Et la le lobby sioniste ne pésera pas bien lourd ...
 Posted 2005-12-17 13:03:42
 4. justicier
justicier, Unregistered
Le sionisme décrit comme"nationalisme juif"ne me dérange pas, mais le sionisme aujourdhui, c est surtout éjecter les Palestiniens de leur terre par tous les moyens!
J'aimerais demander aux sionistes qui accusent l'islam de vouloir conquérir le monde par le sang de me décrire ce qu'est"eretz israel", et quel sont ses frontieres géographiques et ses objectifs, surtout que vont devenir les peuples qui y habitent?
Aussi de me dire pourquoi cet objectif raciste et destructeur, menacant le monde entier qui est la doctrine de l'état d'israel et le dogme des sionistes n' est pas dénoncés par les européens?.
Je demande au créateur de ce blog de changer immédiatemnt le nom de ce site et je propose de mettre "politique sioniste de la france".
Je vous appelle tous a un examen de conscience,de votre coeur et de votre idéologie haineuse!
Pourquoi quant le moyen-orient(des centaines de millions d arabes,de musulmans,quelques millions de sionistes et peut-etre un million de juifs honnetes) est controlés ou risque de l etre par les états unis et israel(tous deux possedants les armes nucléaires) ne serait pas un danger pour le monde , mais l'iran musulman serait un danger?????
Donc les musulmans memes chez eux n'ont pas le droit a controler leurs pétroles, leurs ressources,leurs terres ???
C'est nécesserement les us ou sionistes qui doivent controler tout le moyen-orient(région stratégique du point de vue géographique et énergetique)pour qu'il y ai la paix...(puisqu'ils aiment tant les arabes, la justice et la paix)
Elle est bizarre votre démocratie! votre justice !
La guerre en iraq faisait partie de ce plan diabolique et sioniste:de controler parfaitement l'iraq qui était impuissant militairement, voler ses ressources, affaiblir l'iran et trouver d autres mensonges pour justifier une guerre contre la syrie et l iran, puis se partager les ressources entre israéliens et américains dans une région ou y-a mille fois plus de musulmans!!
Mais qui aurait pensé que les résistants auraient affrontés la premiere puissance mondiale ainsi?
Maintenant grace a cette intervention que le monde n'as pas voulu excepté les sionistes et evangilistes extrémistes, l'Iran n'a jamais été aussi puissant...et aussi confiant.
Ceux qui étaient contre la guerre en iraq étaient nécessairement des pro-saddam et des pro-terroristes, les millions de manifestants en europe, eux aussi l'étaient!voila la propagande a laquelle on avait eu droit et ca continue toujours.
Rappellez vous en Amerique, pendant que le monde voulait arretez cette guerre , les sionistes ont manifesté en sa faveur ,maintenant elles en paye le prix aux travers des menaces d'Ahmedinejad par humiliation.
Les us qui ont méprisé la france, le monde , l europe, l'ONU se range derriere ceux-ci, demande de l'aide pour arretez ou meme calmer Ahmedinejad.
Pourtant ils ont aujourdhui plus de justification d 'attaquer l'iran , qu'ils en avaient aux sujets de l'iraq:aujourdhui pas besoin de falsifier des documents , ahmedinejad vous a servi tous dans un plateau en or.
Je suis révolté que les Africains ont été volé et continue de l etre.
Je suis révolté que les sionistes qui ne sont que quelques millions veulent imposer , veulent dominer le moyen-orient peuplés de centaines de millions de musulmans (seul endroit réelement indispensable pour controler le monde,tout les pays du monde ont des intérets capital dans cette région)et puis dicter leurs politiques au monde(PALESTINIENS TERRORISTES,HIZBULLAH TERRORISTES,ARAFAT TERRORISTE,AHMEDINEJAD TERRORISTE,SYRIE TERRORISTE,PAKISTAN TERRORISTE,ARABIE SAOUDITE TERRORISTE ,HUGO CHAVEZ TERRORISTE ET CEUX QUI NE SONT PAS D ACCORD AVEC CA,TERRORISTES AUSSI) et etre de plus en plus audacieux,voila a quoi on allait avoir a faire dans quelques années si les us avaient remporté la guerre d iraq avec l' arme du pétrol arabe, comme chantage aux russes , chinois et européens, a ceux qui n accepteraient pas leurs visions, cette vision du monde.
C est fou comme ils sont audacieux ces "etres humains"!!!!"sionistes"et "prosionistes"
En controlant cette région du monde, les russes et chinois ne pourront plus etre contre leurs politiques face aux musulmans ,et faire sans les us donc de ce fait sans les sionistes.
On nous dit israel a le droit de vivre en paix , d exister, d avoir les moyens de se défendre, de construire des murs de "haine",de coloniser, d etre souverain!!!alors que les centaines de millions d arabes et de musulmans de cette région ne peuvent pas, ne peuvent meme pas selon eux controler leurs ressources naturelles!!Les musulmans qui sont une écrasante et évidente majorité de cette région préfere certainement un" iran nucléaire" qu' a un israel nucleaire(qui en possede déja des centaines:on connais pas le nombre exacte puisque personne n' a le droit de demander quoi que se soit , ou d 'exiger la transparence dans un danger tel que celui la, puisqu'il s'agit d'israel)comme vous aimez la démocratie vous devez respectez ce choix:vous qui sacrifiez la vie de vos soldats pour libérez le peuple iraqien(merci usa pour ses sacrifices , on ne l'oublieras certainement pas, ni les populations civiles bombardés ou les familles des soldats us mort ou ayant perdus un oeil, bras, jambes etc....).
Donc de toutes évidences les quelques millions de sionistes allaient modeler le moyen-orient a la sauce de mofaz ou de finkielkraut, en faveur de leurs intérets, l intéret des centaines de millions d arabe et de musulmans de cette région on s'en bat les couilles!!
Voila la démocratie que veulent nous apportez, que veulent nous imposer l' axe du mal americano-sioniste pour pouvoir controler le monde et humilier encore plus les Palestiniens ,puis au tour de la syrie, l 'iran , la turquie et voila bientot, "eretz israel" ropagande officiel de "l'entité sioniste" et surtout des candidats ,au moment délections!
Je pense que les islamistes, appelés par les nazisionistes :"nazislamistes" ont bel et bien compris l' enjeu de cette conspiration, de ces guerres et c 'est pour cela qu'ils se battent avec dignité et courage et non lachement comme leurs ennemis .
Ils ne faut surtout pas minimiser les résistants iraqiens qui ont changés la donne du monde, et grace a qui les anti-guerres n'ont pas été décues de ne pas avoir soutenue cette guerre pour la domination de la planete, et c 'est aussi pour cette raison qu'ils sont tant hais,par les sionistes, pro-sioniste, leurs médias et leurs pseudo intellectuels!!!
On doit tous et surtout les européens les remercier puisqu une domination de la région par les Américains aurait énormément affaibli l' europe ( la Russie et la Chine aussi) et ses intérets, mais au lieu de ca ( d'etre reconnaissants)les européens (soumis aux sionistes)dont sarkozy s' est fait le dirigeant , arrete ses gens qui vont combattre contre une armée d'occupation!!!!!!C est un scandale!
Mais ca n 'est pas grave ya toujours des gens qui ne s'abaisseront pas , n'accepterons pas leurs crimes , vols et domination du monde ....saluons au passage le général Ahmedinejad qui s' est fait le porte parole de ces voix, de ma voix et qui leurs cause un sérieu probleme a cet axe du mal.
 Posted 2005-12-20 00:42:44
 5. Réponse de la part d'un des auteurs
Steve Danino (AFIDORA), Unregistered
Monsieur,

Nous ne répondons aux commentaires, en général, que lorsque ils nous sont explicitement destinés.

Dont acte.

Nous vous invitons à chercher plutôt une réponse du côté de "politiquearabedelafrance.blogspot.com", envers qui ce message était manifestement destiné.

Steve DANINO
AFIDORA
 Posted 2005-12-20 09:38:47
 6. une honte de vouloir légitimer l'antisionisme
Visiteur, Unregistered
Vous vous faites l'écho de l'antisionisme, une nouvelle forme, politiquement correcte, d'antisémitisme. Or, l'antisionisme est la poursuite de l'antisémitisme par d'autres moyens: après l'holocauste, il devint plus facile d'attaquer un Etat qu'une religion au risque d'être traité de raciste.

Vous pouvez avoir honte de votre article indigne.
 Posted 2005-12-25 20:04:01
 7. AFIDORA ou la betise personnifiée
Visiteur, Unregistered
[smiley=tongue]
je ne comprends pas comment la desinformation peut etre aussi nulle mais bien sur ceux qui la font savent bien qu'il y a helas plus de 50% d'ignorants dans ce monde
pour moi tout est simple les juifs ( les hebreux) ont été parmi les premiers occupants de l'actuel israel plus une partie de l'actuelle cisjordanie
ils ( les hebreux ) ont eté chassés par les conquétes expansionniste de l'islamisation
comme ils ont été chassése la plupart des pays arabes iou plutot musulmans n'en déplaisen a certains de nos intellos gauchisants nouveaux fanatiques de l'anti - tout
A bon entendeur ...null
 Posted 2005-12-26 18:08:45
 8. Sans titre
Visiteur, Unregistered
Les Hébreux sont un peuple qui a disparu bien avant l'arrivée de l'islam en terre sainte de Palestine , encore un négationisme historique pour justifier la bête immonde sioniste .Effectivement tous les pays de la région à l'instar de l'entité sioniste doivent absolument posséder l'arme nucléaire , c'est l'évidence , et c'est ce qui va être dans le future , c'est juste un probléme de dissuation , puisque la guerre , l'expansionnisme et la haine nous seront pour toujours imposés , autant ramener la guerre à sa dimension humaine , et là je ne crois pas ue les sionistes feront le poids .Ceci dit il faut évoluer vers une solution à la sud-africaine , et le retour de tous les réfugiés palestiniens , il n'y'a pas d'autres solution , le croire c'est tout simplement de l'illusion et de la perte du temps , en cela je supporte de tout coeur les choix iraniens. [smiley=happy]
 Posted 2005-12-28 18:34:30
 9. Réaction aux deux derniers messages
Jeremy Fain (AFIDORA), Unregistered
Chers lecteurs,

Il ne fait aucun doute à la lecture de vos propos que vous n'avez lu que le titre, ou le tout mais en diagonale, du présent article. Steve Danino et Pierre-Marie Duché n'applaudissent en aucun cas les propos haineux et nihilistes d'Ahmadinejad - au contraire, les auteurs jettent l'anathème sur la diatribe du chef politique iranien.

Si certes un ton léger et humouristique est employé, c'est pour mieux rappeler la gravité du moment: le fait que de tels schémas, qui considèrent l'existence d'Israël comme une erreur ou encore une approximation de l'Histoire, sont courants, et que nul n'est besoin de regarder du côté de Téhéran, Karachi ou Damas pour s'y voir confronté.

Quant au titre, vous pardonnerez je l'espère aux auteurs de vouloir se faire un peu de marketing...

Jeremy Fain
Co-fondateur d'AFIDORA
 Posted 2005-12-29 21:08:06
 10. Réponses aux diverses critiques
Pierre-Marie Duché (AFIDORA), Unregistered
Bonjour,

Le thème que nous avons choisi de traiter est parfaitement scandaleux, ce sont les déclarations du président iranien, qui nous reportent plusieurs années en arrière par leur ton et leur contenu. Il était tentant de n'appliquer qu'une grille de lecture idéologique à un manifeste authentiquement idéologique: prôner la destruction d'Israël. Mais en y réfléchissant un peu, une telle réponse aurait été peu constructive et condamnée au commentaire, puisque la réaction est unanimement partagée, y compris par les auteurs de l'article: les propos du président iranien sont scandaleux.

Il nous a donc paru plus judicieux d'aller au-delà des apparences pour comprendre ce qui s'était dit, et non pas seulement condamner. Il en est ressorti quelques assertions qui n'engagent qu'AFIDORA:
et si les déclarations d'Ahmadinejad procédaient d'un calcul de politique intérieure?
l'antisionisme professé par le président iranien est-il équivalent à celui répandu dans certains milieux intellectuels français?

à AFIDORA, nous ne faisons pas profession de provocation gratuite. Et si provocation il y eut (ce que j'admets parfaitement, et assume), ce fut pour mieux éclairer les ressorts et les conséquences d'une telle déclaration qui est, encore une fois, scandaleuse et injustifiable. La frontière est mince entre justifier et comprendre. J'espère que vous nous situerez de ce côté-ci.

Pierre-Marie Duché
AFIDORA
 Posted 2005-12-29 21:08:26
 11. A tous nos lecteurs
Steve Danino (AFIDORA), Unregistered
Bonsoir,

Toute l'équipe AFIDORA, et en particulier les co-auteurs de cet article, tiennent à rappeler que conformément à la loi Pleven du 21 avril 1939, toute diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, sont passibles de poursuites judiciaires.


Par ailleurs, en vertu de l’article 24bis de la loi de 1881 sur la liberté de presse (dit « loi Gayssot »), les propos négationnistes peuvent également faire l'objet de sanctions pénales.
 Posted 2005-12-30 03:04:31
 12. Bien dit
Visiteur, Unregistered
On va clore les commentaires sur ça alors ?

Ben non, moi ça me faisait rire tous ceux qui veulent vraiment rayer israel de la carte...y'en a même chez vos lecteurs ! [smiley=laugh]
 Posted 2006-01-01 13:28:33
 13. Sans titre
Visiteur, Unregistered
bientot l arrivee du mahdi inchaallah
 Posted 2006-01-13 23:47:01
 14. Réponse à celui qui a écrit la bétise personnifiée
Visiteur, Unregistered
Comment peux tu dire que les Hébreux ont été chassés de Palestine par "les conquêtes expansionnistes" de l'islamisation"alors qu'ils en sont partis bien avant.Tu veux refaire l'histoire ou quoi?...à l'instar de ceux qui disent que la Palestine était vide quand les juifs sont venus s'installer après la 2e guerre mondiale.En outre ce n'est pas parcequ'on a été occupant d'une terre à un certain moment qu'on a le droit d'y revenir au mépris de ceux qui y sont déjà installés.Si tel est le droit ,alors toute la carte du monde est à refaire.Les juifs n'ont pas été les 1ers occupants de Palestine ,des peuplades y étaient déjà installés quand ils sont arrivés (relis la Bible).
Affirmer aussi que les juifs ont été chassés des pays musulmans est tout aussi faux ,ils sont partis d'eux mêmes ,soit à la création d'Israel ,soit quand ces pays ont accédé à l'indépendance comme en Afrique du Nord.Personne ne les a chassés ,ils se sont chassés eux mêmes parcequ'ils ont toujours été des nomades.S'ils avaient été chassés il n'en resterait plus aucun dans aucun pays musulman ,ce qui est faux.
Croire qu'Israel sera ou pourra être rayé de la carte est une utopie.Israel a des armes sophitiquées ,l'appui inconditionnel et aveugle des USA et c'est bien suffisant pour que sa position soit inébranlable.Ahmadjinabad souffle le chaud et le froid ,c'est dans la politique des iraniens depuis pas mal de temps ;quant à passer aux actes ,c'est une autre paire de manches.Les iraniens ,malgré leurs rotomontades ne sont quand même pas si bêtes!Faudrait cesser de les prendre pour ce qu'ils ne sont pas.
Dernièrement ,on a fait tout un foin au sujet du Hamas qui a remporté les elections palestiniennes avec un seul crédo"ils veulent la destruction d'Israel".En ont ils les moyens?Là aussi ,on les prend pour ce qu'ils ne sont pas.
En consequence ,arrêtons ce discours stupide focalisé sur la destruction d'Israel.Personne ne le détruira.S'il doit étre détruit ,c'est lui meme qui le fera,il s'auto-détruira
 Posted 2006-01-28 17:27:59
 15. Sans titre
Visiteur, Unregistered
Je ne peux qu'adhérer au cocktail parfaitement dangereux du mélange d'argent - les pétrodollars- de fanatisme religieux, de haine d'un État - Israël -, d'armement nucléaire que constitue le régime iranien.
Nous devrions nous poser la question en permanence : Pour qui sonne le glas? Pour Israël? Pour le Moyen - Orient? Non pour la démocratie, pour l'Europe et pour la France.
 Posted 2006-01-31 11:15:22
 16. eh ben...
Visiteur, Unregistered
Au bon sens de l'article et de ses auteurs répondent les inepties de certains commentaires passionés et, disons-le franchement, antisémites.
Je voulais juste féliciter les auteurs pour leur objectivité face aux messianistes de tout bord, quand de nombreux médias versent dans la complaisance.
 Posted 2006-01-31 23:06:10
 17. Sans titre
Visiteur, Unregistered
Je remercie les auteurs de l'article pour leur analyse mesurée et documentée. Cela tranche nettement avec les commentaires revanchards et ignorants de la réalité historique faits par certains comme "Justicier" dont le délire verbal et haineux vont à l'encontre de toute résolution possible des conflits.

Merici aux auteurs et collaborateurs du Site de perséverer ; la vérité fait peur aux moutons de Panurge.
 Posted 2006-02-08 13:44:20
 18. félicitations
Visiteur, Unregistered
"Car si l’anti-sionisme est réellement un anti-nationalisme, pourquoi tant de prétendus « anti-sionistes » se révèlent-ils à ce point versés… dans le nationalisme palestinien ?"


"Revenons aux mots : le sionisme est un nationalisme juif. Si les « anti-nationalistes juifs » ne sont pas anti-nationalistes, ils sont donc… anti-juifs."





Je voulais féliciter les auteurs de cet article, tout particulièrement pour ces 2 phrases, que je trouve d'une intelligence élémentaire et redoutable

[smiley=happy]

 Posted 2006-02-11 15:23:13
 19. Sans titre
Winkelried, Unregistered
Je vous avais promis une réponse concernant cet article (chez l'ami Sotek d'ordre66), la voilà:

Rappel de votre réponse:

Cher Monsieur,

Je vais pouvoir vous répondre, étant l'un des auteurs de l'article incriminé...

Il va de soi que conformément à notre objet social et nos processes de correction, nous cherchons à tendre vers la plus grande objectivité possible. Vous pouvez vous amuser à vérifier nos dates, chiffres, faits: ils sont recoupés et rééxaminésbien des fois avant usage.

Toutefois ceci ne nous empêche pas de dire les choses franchement.

Ainsi, sur le passage que vous citiez: nous ne pouvons évidemment tout prouver, mais nombre d'élements convergent autour de la thèse mentionnée quant à la manière dont M. Villepin perçoit l'état hébreu. Ceci nous a d'ailleurs été confirmé par des sources privées, pour la petite histoire...et du reste, vous pouvez vous faire une opinion en vous procurant le livre de Jean-Marie Colombani. Ou même en lisant la belle prose de notre premier ministre: "Le requin et la mouette" par exemple.

Il n'y a d'ailleurs rien d'infâmant dans la position de M. Villepin, largement partagée au Quai d'Orsay. Nous le disons et le redisons dans notre article: l'antisionisme est en principe une opinion parfaitement légitime. Les excès de nationalismes, belliqueux et exansionnistes, sont à blâmer et ne souffrent pas d'excuses, même pas l'attachement affectif à une nation censée représenter son peuple.

Mais si cela est légitime, le désir secret de voir "rayer un état de la carte", l'est un peu moins. Dans ce cadre, considérer Israêl comme un parenthèse de l'Histoire mérite notre attention. En tout cas, puisque cela a été révélé par une source fiable (sans démenti de la part du principal intéréssé), cela nous a semblé important à évoquer.

Surtout dans un pays, qui en vertu de sa constitution, possède une conception semble t-il assez peu démocratique de la politique extérieure, domaine résérvé du président de la République.

Nous le disons sans ressentiment (mais avec impertinence voire persiflage, sans doute !):

L'antisionisme radical de la gauche altermondialiste, mais aussi d'une certaine droite gaullienne se basent sur l'ambition ressentiment, et ne devraient pas avoir si bonne presse dans un pays rationnel. On y trouvera des raccourcis et des présupposés du type :

"tous les problèmes entre l'Islam et l'Occident sont liés au conflit israélo-palestinien"

"Une erreur a été commise en 1947, réparons-la avec l'application complète droit au retour des Palestiniens"

pour ne pas parler du "petit état emmerdeur qui risque d'entraîner le monde dans une troisième guerre mondiale" d'un ambassadeur...

Ce n'est pas être un suppôt de Tsahal que de juger cela faux ou dangereux. Une petite promenade sur le Web, hélas, amène à remarquer combien les propos d'Ahmadinejad ont reçu un accueil favorable dans certaines franges de la population. C'est fort dommage, et cela ne serait pas arrivé si certaines de nos élites n'avaient pratiqué une étroitesse de vue et parfois une malhonnêteté intellectuelle certaine au sujet de ce conflit.

C'est bien là qu'il faut voir notre motivation à écrire cette article. Depuis lors, les choses sont allées de mal en pis.

Il ne faut pas juger les hommes politiques responsables de tout; mais quand certains ont une vision du monde manifestement douteuse, il faut aussi le dire car c'est notre pays qu'ils représentent et qu'ils engagent. Désolé de citer notre premier ministre, mais il s'agissait moins d'une attaque gratuite et infondée que d'un geste citoyen.
Et ce, dans un article visant à clarifier les choses, et préciser les concepts, qui a déplu aussi bien aux radicaux pro-israéliens qu'aux antisionistes primaires, comme le prouvent les délicates réactions des internautes, mises en ligne (en-dessous de l'article).

Gage d'objectivité ?

Si vous souhaitez obtenir davantage d'informations sur nos sources quant aux propos de M. de Villepin, je crains qu'il ne faille en passer par un message privé...

Cordialement,

Steve DANINO
AFIDORA


_________________________________________

Je vous avais promis une réponse concernant cet article (chez l'ami Sotek d'ordre66), la voilà:

Ce que je puis vous reprocher en terme d'objectivité?

1 Le fait tout d'abord de vous présenter comme des citoyens français ordinaires (et donc a priori sans parti pris) alors que manifestement, comme l'illustre votre blog, vous êtes des supporters (partisans?) de l'Etat hébreux. Bien que vous vous en défendiez surmement, ça n'a toutefois rien de choquant sauf dans la mesure où du coup vous tentez de faire valoir votre avis comme celui du "français moyen".

2 Le fait que votre analyse réponde à une logique sommes toute assez binaire: Les actes politiques des gouvernements, notamment français, sont ainsi systématiquement interprétés comme "pro-Israël" ou "anti-Israël". Ce qui à mon sens est bien trop tranché et par là réducteur...pour ne pas dire caricatural

3 A ce titre, la conception supposée (celle d'antisionisme) que vous prêté au premier ministre Villepin au sujet de l'existence d'Israël est forcément mauvaise, voire douteuse, selon le terme que vous avez employé. Et en tout les cas, elle vous choque en tant que "citoyen français". Vous prenez d'aileurs soin de dissocier de manière habile les gouvernants des gouvernés et de porter une pique quant à la qualité démocratique de la constitution. Pourtant, les actes politiques des gouvrants corespondent "nécessairement" aux aspirations des gouvernés puiqu'ils sont leurs représentants élus.
Par ailleurs, le devoirs de nos dirigeants français n'est il pas en premier lieu de défendre au mieux les intérêts de la France, et non pas ceux d'Israël?

Pour revenir sur la conception qu'aurait Villepin de l'Etat hébreux, je ne peux que me réjouir du fait qu'un dirigeant possède sur le sujet une analyse à mon sens objective dans la mesure où elle ne relève pas de l'affectif. c'est un gage de bon sens et de compétence dans le processus d'une prise décision "à froid", exempte de toute exaltation sentimentale. Il est de son devoir de tenir Israël pour ce qu'il est: Un état récent, vivant sous la menace et dont l'existence peut être à terme remise en cause pour toute sorte de raison (démographie, économie, Iran etc.)
Il n'y a pas de jugement à poter là dessus, il y seulement à "faire avec"
Pour un pays comme la France, Israël peut effectivement apparaitre comme une donnée factuelle. et cette donnée doit être prise en compte dans la politique de l'Etat français quant à la défense de ses intérêts à long terme. Ce n'est pas pur autant qu'il faille voir derrière chaque français ou ses élus un anti-sioniste convaincu, un anti-sémite rempant.null

Voilà, j'espère avoir été suffisamment clair. Encore une fois, ne voyez rien de désobligeant dans mon propos, il est sans malice et ne vise qu'à faire avancer le débat.

cordialement.

Winkelried.
 Posted 2006-02-12 15:22:37
 20. Réponse à Winkielried
Steve Danino (AFIDORA), Unregistered
Cher Winkielried,


Je me contenterai de répondre à vos judicieuses remarques en deux points:

1) Ce n'est pas sans un sourire un peu grinçant que j'accueille votre épithête de "partisan de l'état hébreu".

Arrêtons-nous SVP un instant sur expression, avant d'y répondre.

Imagine t-on qualifier un observateur de "partisan de l'Italie", "partisan du Maroc", "partisan de la France" ?

Nous sommes, comme tous les gens sensés, partisans de l'existence et du maintien des nations, parcequ'il en va de la paix. Ceci nous différencie déjà de M. Ahmadinejad. Et nous sommes mêmes partisans de l'existence de nations n'existant pas encore, la Palestine en premier lieu.
Il n'est donc pas faux de nous qualifier de partisan d'Israël. Pas davantage que de nous désigner comme partisans de la Palestine ! Sur ce point, divergerions-nous, Winkielried ? Je ne pense pas.

Vouliez-vous plutôt signifier, en ce cas, un aveuglement inconditionnel sur la politique de l'état dont nous serions partisans ? Eh bien, que l'on ne compte pas sur nous pour cela, et nos articles en témoignent. Ni la politique extérieure française, ni les actions de l'état hébreu ou celles de l'Autorité Palestinienne, ne sont des "blocs" qui méritent une approbation permanente et sans limites. D'ailleurs, un responsable politique bien précis peut adopter tantôt une politique que nous jugeons légitime et appréciable, tantôt une politique que nous rejettons. Les cas d'Ariel Sharon et de Yasser Arafat sont exemplaires en la matière. Vous le constaterez ainsi à la lecture de nos articles: nous ne sommes pas plus pro-israéliens que pro-français, pro-palestiniens, pro-russes, ou pro-chinois...Même s'il est vrai par exemple que le déploiement parfois aggressif de la Chine dans le monde, les calculs cyniques de Vladimir Poutine (lequel vient d'inviter le Hamas au mépris de la feuille de route) rendent pour l'instant leurs intentions suspectes.

Ainsi, nous jugeons au cas par cas. En l'espèce, ici, les réflexions et les actions de MM. Chirac et Villepin quant à la question du Moyen-Orient, nous paraissent fausses et dangereuses. Nous pouvons entrer dans plus de détail si vous le souhaitez, mais contentons-nous de préciser que considérer Israël comme une parenthèse de l'Histoire, et d'en tirer les conséquences en adoptant une attitude généralement hostile, est une perversion de l'esprit de solidarité démocratique d'une part - car on se range du côté des dictatures, rappelez-vous M. Chirac se rendant aux obsèques d'Hafez Assad-, une perversion de l'esprit de justice d'autre part. Il ne s'agit pas ici de s'arrêter à une ligne verte, ce que nous espérons tous. Mais de laisser l'idée chimérique d'un état binational s'installer dans les esprits, mais de pousser la logique du droit au retour des palestiniens jusqu'au suicide démographique d'Israël, etc... Tout cela est une solution irréaliste, et plus qu'inacceptable pour l'état hébreu. Alors que la plupart des Palestiniens n'en demanderaient pas tant !

Donc pour résumer: la politique arabe de la France pêche en ce qu'elle consiste en un alignement sur les positions des pires régimes de la planète (souvenez-vous les offrandes faites à Kadhafi, la France lui ouvrant la Présidence de la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU), et en ce qu'elle ne promeut pas une résolution rapide, pacifique et réaliste du confit, derrière les apparences.

C'est cela que nous reprochons à nos dirigeants. Et tout cela au nom de la realpolitik.

Arrêtons-nous encore un instant.

Il n'y a pas de realpolitik pure. Il ne s'agit pas d'un arbitrage entre intérêts et affectivité (voilà un curieux concept), mais de l'orientation que l'on donne à la gestion de nos intérêts en fonction de notre propre moralité et de notre vision du monde. Tout n'est que fait en géopolitique. Notre interprétation ne peut porter que sur le sens donné à notre propre action.

Car il est dans l'intérêt de la France de s'allier aux Etats-Unis. Il est aussi dans l'intérêt de la France de paraître amie du monde arabe. Il est dans l'intérêt de la France que M. Poutine appuie les positions de M. Chirac, mais la France doit aussi tenir compte de pressions d'origine variées en faveur des tchétchènes.

Que faire quand ces exigences deviennent contradictoires ? Se payer de mots, sur l'amitié entre les peuples ? Cela peut suffire pour le grand public, mais concrètement il faut faire des choix.

Les choix en la matière, lorsqu'ils sont injustes, risqués, et surtout immoraux (c'est-à-dire qu'ils vont à l'encontre des principes moraux censés régir notre république), deviennent aussitôt condamnables.

Et nous condamnons.

Nous condamnons l'opportunisme d'un M. Chirac et de notre Premier Ministre, qui s'imposent (ou du moins l'espèrent-ils) en leader du tiers-monde à peu de frais, par leur sympathie manifeste envers la cause de régimes dictatoriaux et aggressifs. En totale contradiction avec le devoir moral d'une nation qui n'ignore pas que la complaisance envers les tyrans se retournera vite contre vous.

MM. Assad et Kadhafi, l'un en ne fournissant pas à la France les contrats gaziers et téléphoniques espérés, l'autre en payant aux familles des victimes françaises des attentats qu'il a commanditées, 10 fois moins que pour les familles britanniques ou américaines, nous ont ainsi donné une bonne leçon.


Serions-nous d'accord sur ces points ? Auquel cas, il serait fâcheux de ne pas militer ensemble pour plus d'intelligence, d'esprit de responsabilité et de respect de nos principes, dans l'action mondiale de la France.


Enfin, SVP ne mettez pas en doute notre honnêteté quand nous protestons contre le manque de transparence de la politique extérieure française. Cela ne figure pas dans notre objet social et pourtant, nombre d'entre nous sont convaincus que la politique étrangère devrait relever , comme le reste, d'un débat démocratique. En ce sens, oui, la constitution gaullienne de 1962 octroyant en la matière, de larges pouvoirs au président (et donc en en dépossédant et le gouvernement, et les parlementaires), nous paraît dépassée, bien moins avancée sur ce point en tout cas, que celle de ses voisins - nous pourrions nous inspirer de la Grande-Bretagne ou de la Scandinavie, par exemple.


PS: notre avis n'est pas celui d'un français moyen. Ni celui d'un observateur engagé. C'est juste le nôtre...Et nous rêverions que les dirigeants français fussent fidèles à nos valeurs communes, responsables, habiles, justes, généreux et qu'ils fissent avancer la paix dans le monde... Trop demander ? Regarder Mme Merkel, qui réclame la fermeture de Guantanamo tout en se rapprochant avec les Etats-Unis d'une part, qui embarasse Vladimior Poutine sur la question des droits de l'Homme en Tchétchénie sans remettre en question le partenariat de l'ère Schröder, qui s'efforce d'obtenir plus de concessions et d'engagement fermes des israéliens envers les Palestiniens... tout en manifestant sa solidarité envers l'état hébreu quand un illuminé le menace d'un Holocauste nucléaire.

Prenez modèle, MM. Chirac et Villepin, si vous nous lisez !

(J'ignore volontairement M. Douste-Blazy, rien ne garantissant qu'il soit encore à son poste avant que ce commentaire ne soit publié).
 Posted 2006-02-12 16:41:36
 21. Réponse à l'auteur
Winkelried, Unregistered
Bien [smiley=happy] Et le second point? [smiley=tongue] Pardonnez mon esprit taquin.


Un point positif, je vous rejoinds effectivement sur le fait que j'estime que chaque peuple ou nation ou entité (méfions nous de tels termes et des définitions qu'on y attache) doit pouvoir posséder en propre un p'tit coin de la planète bien à soi...Israël comme tout autre. Et ce principe me semble beaucoup noble et logique pour justifier et défendre l'existence de cet Etat que celui qui entend utiliser shoha comme justification...Cet argument ne pouvant par ailleurs qu'apporter de l'eau au moulin des Ahmedinedja et consors.

Sur le point du "partisan", le terme était une question...et la vigueur de votre réponse est assez explicite à mes yeux [smiley=tongue] Touché!

"il est dans l'interêt de la France de s'allier aux Etats-Unis. Il est aussi dans l'interêt de la France de paraître amie du monde arabe."
La différence entre l'Etre et le Paraître: votre lapsus est intéressant...

Votre charge contre Chirac et villepin, je peux la comprendre, mais elle me donne tout de même l'impression que qui n'est pas avec vous est contre vous. toujours votre logique binaire.

Pour Angela, il serait avisé d'attendre le résultat de ses initiatives avant que de la donner en exemple.

Bon, le temps me manque, mais j' y reviendrai.

PS: Pour Doust Bla Bla...100% d'accord. [smiley=wink]
 Posted 2006-02-12 18:31:40
 22. Re-Réponse à Winkielried
Steve Danino (AFIDORA), Unregistered
Winkielried,


Savez-vous, il est fort vexant, lorsque l'on apprécie regarder l'histoire sans oeillières, et que l'on accepte de regarder et de prendre en compte même les arguments à l'encontre de ses thèses, de se voir qualifier de partisan.

Je comprends votre question, mais d'après certains lecteurs (cf les commentaires ci-dessous), il suffit de ne pas vouloir l'éradication totale d'Israël pour être un "criminel sioniste". Dans ce cas, je suis un criminel sioniste. Tout en étant plus "anti-sioniste" que les antisionistes proclamés type Dieudonné, Dupontel et al, lesquels, mon article l'explique, n'affichent leur haine du 'sioniste' que pour ne pas employer le mot juif... J'ai d'autant plus de raisons de détester les options politiques nationalistes proposées par l'aile droite du Likud et de l'extrême-droite israélienne, que je suis un farouche partisan de l'existence de cet état.

Ceux qui souhaiteraient le voir disparaître, n'est-ce pas, ne se soucient guère de la politique menée par Israël, qui est par essence coupable. A noter que cette vision des choses est assez similaire au réflexe pavlovien visant à accuser les USA de tous les maux de la terre.

MM. Chirac et Villepin ne sont sans doute pas dans cette logique, en tout cas, pas intégralement. Reste que leur politique cynique (lorsqu'ils qualifient les représailles israéliennes "d'attentat", n'amènent-ils pas à considérer les activistes du Djihad ou des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa comme des civils innocents ?) aboutit à légitimer les positions jusqu'au boutistes des prétendus 'antisionistes', et finissent ainsi par ouvrir la voie à la solution Ahmadinejad. Il n'y a qu'à voir combien de nos lecteurs la soutiennent: c'eût été inimaginable il y a quelques années seulement. Et c'est tout à fait désolant.

Sur Angela, je le dis avec conviction: Peu importe si ses initiatives échouent, si Guantanamo reste ouvert par exemple. L'essentiel est d'avoir une position honnête, ferme et convaincue. Si les bénéfices ne sautent pas aux yeux à court terme, au moins ils renforcent la crédibilité à long terme. C'est comme cela aussi que les démocraties libérales ont remporté la Guerre Froide. Je suis prêt à parier sur un consensus favorable quant à l'héritage en politique extérieure de Angela Merkel...Nous en reparlerons certainement dans quelques années.
Ainsi, si un jour les Américains hésitent à fermer Guantanamo et prennent conseil, les arguments de Mme.Merkel (non conformité avec les valeurs occidentales de ce centre de détention) pèseront plus que ceux de M. Chirac (c'est impopulaire dans le monde).


Je dois vous laisser pour cette semaine, Pierre-Marie (co-auteur) prendra sans doute le relais ?

Cordialement,

Steve Danino
(AFIDORA).

PS: C'est dommage, c'est un gentil garçon ce Douste-Blazy. Mais ...comment dire...si peu à sa place !

NB: à l'époque de ce commentaire, l'auteur ignorait les déplorables affaires de moeurs que la rumeur publique attribuait à notre ex-ministre des Affaires Etrangères.
 Posted 2006-02-12 19:52:43
 23. Sans titre
Winkelried, Unregistered
[smiley=sad] Désolé, je ne voulais pas être vexant.

"mais d'après certains lecteurs (cf les commentaires ci-dessous), il suffit de ne pas vouloir l'éradication totale d'Israël pour être un "criminel sioniste".

Il n'y a qu'a les ignorer, ils ne méritent même pas le temps que vous prenez pour les lire...

"leur politique cynique (voir les représailles israéliennes qualifiées d'attentat, n'est-ce pas considérer les activistes du Djihad ou des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa comme des civils innoncents ?) aboutit à légitimer les positions jusqu'au boutistes des prétendus 'antisionistes', et finissent ainsi par ouvrir la voie à la solution Ahmadinejad"....

C'est un peu raccourci et excessif, les "maladresses" des uns n'ont tout de même rien de commun avec l'obsession pathologique du leader iranien.

Bonne semaine à vous. [smiley=happy]

PS: Doust Bla bla à t'il d'ailleurs une place? ça c'est une question!
[smiley=wink]
 Posted 2006-02-12 20:40:23
 24. Réponse encore
Steve Danino (AFIDORA), Unregistered
Hélas, il faut rester attentif à la rumeur publique. Nous n'aurions jamais cru il y a quelques années que Dieudonné pourrait tenir des propos ou des meetings à forts relents des années trente. Or non seulement c'est chose faite, mais encore a t-il de nombreux partisans. Nous aurions dû voir venir cela...


Sur la diplomatie, Justement: vous pensez bien que chaque mot est pesé et soupesé.

Douter de la nature terroriste du Hamas, ou mettre strictement sur le même plan terrorisme et répresailles, ne sont pas des "maladresses", mais un positionnement politique. Imaginez la France condamnant les 'attentats' américains quand ces derniers bombardaient les talibans...

Ce positionnement à ses avantages, et aussi ses inconvénients. Contrairement à ce que pensent certains pro-israéliens obtus, ce n'est pas en échange du pétrole arabe que la France utilise ce genre de "maladresses". Mais en vertu, je le redis, d'une vision du monde.

Raison de plus pour en discuter !

A la semaine prochaine...
 Posted 2006-02-12 22:02:29
 25. je suis ici
souha, Unregistered

J'ai rapidement lire les commentaires mais[smiley=think]
 Posted 2008-04-01 14:20:20
 26. je suis ici
souha, Unregistered

J'ai rapidement lire les commentaires mais[smiley=think]
 Posted 2008-04-01 14:20:23
 27. HUMAIN
MARCEL BRADET, Unregistered
je ne peux comprendre que des gens quelque soit le niveau de connaissance politique puisse dire et clamer qu il fasse detruire ISRAEL, ISRAEL EST LA POUR RESTER QUE CELA PLAISE OU PAS A CERTAINS PEUPLES DU MOYEN ORIENT, ET SI PAR HASARD QUELQUE NATIONS QUE CE SOIT. ISRAEL REPONDRA DE MANIERE ATOMIQUE. UNE SHOA C EST ASSEZ ET UN PEUPLE QUI SAIT FAIT MAUDIRE POUR DES RAISONS RELIGIEUSES C EST ASSER.
 Posted 2008-07-05 19:40:10
 28. transformation mensongeaires des propos d
Visiteur, Unregistered
Je vous que Ahmadinejad n'a jamais dit cette phrase c'est un mensonge integrale et une odieuse machination quand j'ai lu son discours en persan j'ai compris que les médias pour des raisons évidnetes veulent faire croire aus gens que Ahmadi nejad a dit cette phrase pour les gens qu'ils me croient pas je suis pret à traduire son discours en français
 Posted 2008-07-06 22:25:34
Merci pour vos commentaires !
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