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29-08-2008
 
 
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29-03-2006

Israël vote aujourd’hui

28/03/2006 


    Après les élections législatives du 25 janvier dernier dans les Territoires palestiniens, les élections législatives anticipées qui se déroulent en Israël ce mardi 28 mars 2006 pèseront sur l’avenir du Proche-Orient. Les Israéliens votent aujourd’hui pour la quatrième fois en sept ans et, malgré une campagne électorale morose, c’est un nouveau consensus qui s’exprime à l’égard de la question palestinienne.

Le Premier ministre Ehud Olmert, chef du parti centriste Kadima, grand favori des sondages d’opinion, a déclaré qu’il comptait fixer les frontières orientales d’Israël d’ici quatre ans. La composition du gouvernement de coalition ne sera probablement pas connue avant plusieurs semaines (1), mais une victoire de Kadima sur un projet de concession unilatérale de territoires marquerait un réalignement politique majeur des électeurs israéliens.  


La séparation d’avec les Palestiniens est engagée politiquement. Israël a déjà stoppé la plupart de ses discussions avec l’Autorité palestinienne depuis la victoire du Hamas, le mouvement radical islamiste, et cette politique devrait être poursuivie dans les prochaines semaines.

Ismail Haniya, nouveau Premier ministre palestinien et leader du Hamas, a présenté son gouvernement lundi et attend qu’il soit nommé aujourd’hui. La concomitance des deux élections n’a pas semblé passionner les foules en Israël, la population ne croyant plus en la paix négociée avec les Palestiniens. L’armée israélienne a certes pu vaincre militairement les Palestiniens depuis la seconde Intifada mais la population palestinienne n’a pas renoncé. Autant se séparer au plus vite plutôt que de perpétuer cette confrontation chaotique.  

Pourtant, les instituts israéliens de sondages estiment que la participation sera de 60%, plus de dix points en dessous de la moyenne. La campagne elle-même n’a pas été aussi passionnée que les précédentes. Parmi les électeurs, les anciens colons de Gaza apparaissent désabusés vis-à-vis du système politique israélien et devraient être parmi les premiers abstentionnistes. L’enjeu est de taille malgré tout : doivent-ils tracer les frontières, et renoncer au mythe biblique de Grand Israël, ou non ? doivent-ils évacuer des dizaines de milliers de colons de milliers de maisons et de douzaines de colonies en Cisjordanie ?

Prenant acte d’une évolution qui interdit aux Israéliens de conserver l’ensemble des territoires palestiniens sous peine de s’y retrouver rapidement minoritaires, Ehud Olmert souhaite fixer unilatéralement les frontières définitives d’Israël, en l’occurrence en suivant le tracé du mur, et ainsi se retirer des zones où les Palestiniens sont concentrés, en regroupant les colonies par « blocs » annexées à Israël. Le Premier ministre insiste d’ailleurs sur le terme de « regroupement » (« hitkansout »), plutôt que sur celui de « séparation » (« hitnatkout »). Ce retrait partiel limiterait les transferts de populations et conserverait des ressources hydrauliques en territoire palestinien, ainsi que le contrôle des lieux saints, jugés non négociables. Dès lors, l’Etat palestinien à naître devrait se contenter de la bande de Gaza et de 50% à 70% environ de la Cisjordanie, Jérusalem-Est exclue (ainsi que le tombeau de Rachel, au nord de Bethléem, et le tombeau des Patriarches, vénéré par les juifs et les musulmans, à Hébron).

L’autonomie sous contrôle des Palestiniens version Kadima consiste à diviser la Cisjordanie en cinq cantons, en gardant le contrôle des flux entre ces cantons pour une durée indéterminée. Or, le consensus sur le maintien du contrôle exercé par les Israéliens depuis la conquête de la Cisjordanie et de Gaza (1967) n’a pas remis en question la dépendance de Gaza à l’égard de ses anciens occupants. De même que Gaza n’a toujours pas de port ni d’aéroport, la vallée du Jourdain (frontière jordanienne de la Cisjordanie) restera sous contrôle israélien et Tsahal en limite déjà l’accès aux Palestiniens. Dans un contexte de tensions à propos du nucléaire iranien, Israël ne peut se permettre d’avoir le moindre risque sur sa frontière orientale. 

Ehud Olmert a ainsi réussi à capitaliser les espoirs portés par Ariel Sharon depuis le retrait unilatéral de Gaza à l’été dernier. Il a su transformer ces élections en référendum sur la frontière orientale israélienne. Il doit donc assurer sa prépondérance lors de ses élections. Une victoire sur le fil affaiblirait Kadima, le soutien populaire n’est pas enthousiaste à son égard, davantage pragmatique et résigné, las des violences et du manque de sûreté. De la même manière que les précédents gouvernements, Kadima devra sans aucun doute négocier une majorité parlementaire stable avec les autres partis. La radicalisation d’un Likoud abandonné par une part importante de ses militants et élus au profit de Kadima ces derniers mois laisse le champ ouvert à une alliance avec le Parti travailliste dirigé par Amir Peretz, ancien syndicaliste à la fibre sociale mais considéré comme peu crédible en matière de politique étrangère et de sécurité.

Après un début presque exclusivement social, Amir Peretz s’est au fil de la campagne prononcé pour un retrait des colonies de Cisjordanie, l’échec des négociations de paix des années 1990 ayant fait évoluer les travaillistes, les amenant à proposer les premiers la séparation. Les travaillistes devraient donc participer au gouvernement dominé par Kadima, reste à déterminer les maroquins qu’il faut négocier une fois les résultats connus.

Le Likoud, quant à lui, devrait perdre 40% de ses députés et Benjamin Netanyahu risque de se voir contesté par l’ancien ministre des Affaires étrangères de Sharon, Silvan Shalom.   

L’arrivée au pouvoir du Hamas dans les territoires palestiniens gênera pendant plusieurs mois sans doute tout progrès des négociations et les Israéliens craignent une recrudescence des violences. C’est pourquoi le pays est en état d’alerte aujourd’hui, malgré le calme relatif des dernières semaines. Plus globalement, les Israéliens sont convaincus avec l’avènement du Hamas qu’aucun interlocuteur responsable n’existe du côté palestinien. L’unilatéralisme de Kadima permet à Israël d’être active, de progresser à son avantage. Les Palestiniens ne sauraient avoir de veto sur l’établissement des frontières israéliennes, en revanche ils paralysent le développement d’Israël, qui souffre de problèmes sociaux croissants, d’inégalités d’accès aux soins ou à l’éducation, et de repli ethnique (notamment russophone). Les gens aspirent à une situation de calme, et non de paix, où il n'y a pas de terrorisme et où ils côtoient le moins de Palestiniens possible. Enfin, un retrait de la totalité de la Cisjordanie serait perçu comme un échec retentissant après trente-neuf années d’occupation. 

Les Palestiniens (Hamas, Fatah) ont évidemment exprimé leur opposition au projet de Kadima, Khaled Meschaal (chef du bureau politique du Hamas, réfugié à Damas) l’a qualifié de « déclaration de guerre » alors qu’il envisagerait une « trêve de longue durée » avec Israël en échange d'un retrait total sur la ligne d'armistice de juin 1967. Mahmoud Abbas refuse aussi des annexions non compensées par des échanges de terres, comme cela avait été envisagé dans les négociations infructueuses de Camp David (juillet 2000) et de Taba (janvier 2001). Cette politique des faits accomplis est effectivement contraire au droit international, mais la « communauté internationale » n’est pas toujours très sourcilleuse en la matière. Le Quartette a pourtant la possibilité d’influer sur le cours des évènements, Ehud Olmert sera sans doute plus sensible aux pressions, intérieures et extérieures, que l’inflexible Ariel Sharon.  
 

 Gilles Rubin

(1) d'après nos sources, la coalition sera constituée probablement constituée de Kadima, du parti travailliste, du parti orthodoxe Shaas, des partis arabes et peut-être du Meretz et du parti laïque Shinouï de Tommy Lapid.

2 commentaires.
 1. Sans titre
Visiteur, Unregistered
[smiley=shock]
 Posted 2006-04-29 11:35:13
 2. Sans titre
Visiteur, Unregistered
:-)
 Posted 2006-07-30 04:55:16
Merci pour vos commentaires !
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Dernière mise à jour : ( 19-07-2006 )
 
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