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25-02-2007

La prolifération contagieuse

 

11/02/2007

            Le Traité de Non-Prolifération, (TNP) conclu en 1968 en pleine Guerre Froide, visait à faire de l'arme nucléaire une exception, et non la règle, alors que cinq nations seulement en étaient détentrices à l’époque, ainsi qu'Israël, probablement. Il s'agissait en effet de restreindre ce 'club' à ces cinq nations, afin de réduire le risque d'une confrontation nucléaire dévastatrice. Mais l'équilibre que le TNP avait dessiné était plus que précaire : on sait aujourd’hui que trois nations – le Pakistan, l’Inde et Israël, non signataire du TNP – disposent d’ogives nucléaires, et que plusieurs autres, Iran et Corée du Nord inclus, visent à devenir des puissances nucléaires.

 

 

Qu'est-ce qu'un équilibre? La théorie des jeux, dont le principal but est d'analyser les interactions stratégiques entre différents acteurs, définit la notion d'équilibre comme une situation stable, de laquelle aucune des parties prenantes n'a intérêt à dévier, sans de nouveaux efforts multilatéraux et coordonnés.  En ce sens, le TNP pouvait constituer un équilibre, dans la mesure où :

  • d'une part, le nombre limité de puissances nucléaires réduisait le risque d'une confrontation nucléaire: il s'agit de la traditionnelle dissuasion nucléaire, et le principe MAD - mutual assured destruction. D’autant que la logique des blocs mettait au moins trois des ces puissances (Etats-Unis, Royaume-Uni, France) résolument dans le même camp ;

  • d'autre part, les autres puissances régionales s'étant engagées dans la voie de la non-prolifération, il n'y avait, a priori, aucune incitation à acquérir la bombe nucléaire. Le TNP leur garantissait également la possibilité d’accéder au nucléaire civil, sous le contrôle de l’AIEA.[1]

L’Iran et la Corée du Nord, par là où les problèmes commencent ?

Mais l'équilibre restait instable : dès lors qu'un certain nombre de puissances, parce qu'elles concevaient l'arme nucléaire comme un moyen de dissuasion ou un outil au service de visée expansionniste ou d’une idéologie totalitaire, n'ont pas signé le TNP ou ne le respectent pas, les incitations mises en place par le traité ne tiennent plus. Les exemples les plus récents de l’Iran et de la Corée du Nord, dont les objectifs nucléaires ne sont désormais plus secrets, sont là pour nous le prouver. Le vieux principe de dissuasion, reposant justement sur cette mutual assured destruction, tient-il d’ailleurs encore ? Certains prétendent que non, la rhétorique du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, en étant la meilleure démonstration : celui-ci n’avait-il pas en effet expliqué que les quelques millions de vies musulmanes qui disparaîtraient dans une réplique israélienne à une attaque nucléaire n’étaient que finalement un prix modeste à payer pour se débarrasser de l’Etat hébreu ? Les réelles intentions et motivations iraniennes sont cependant très peu claires, comme le démontrent les récents mouvements d’humeur de responsables iraniens, qui ont exprimés ici et leur désapprobation de la politique nucléaire menée par le gouvernement actuel. AFIDORA a récemment consacré tout un dossier à la question.

Encore plus énigmatique peut-être est le cas de la Corée du Nord, ce régime décidément bien étonnant, dont la stratégie semble être celle de l'imprévisibilité, où les dignitaires nord-coréens soufflent le chaud et le froid pour voguer de négociations de désarmement à six (les deux Corées, la Chine, le Japon, la Russie et les États-Unis) en négociations. Le dernier effet d'annonce d'importance en date, le plus important de l'année 2006 selon elle[2], est la mise au point d'une bombe atomique nord-coréenne opérationnelle, qui fit l'objet d'un test souterrain le 9 octobre 2006, dont les répercussions sismiques ont été enregistrées en Corée du Sud

La politique de la Corée du Nord suscite bien des interrogations: dans quelle mesure le régime est-il économiquement non-viable ? Survivra-t-il à la mort de Kim-Jong Il, son leader actuel et successeur du fondateur du régime ? Quel jeu peut jouer la Corée du Sud dans l'optique d'une réunification, et où se trouve son intérêt dans la survie du système? Quelle est la puissance militaire réelle de la Corée du Nord? Plutôt que de chercher à percer les arcanes de la politique nord-coréenne, cet article se focalisera sur les conséquences du caractère désormais généralement acquis de la force militaire nucléaire de la Corée du Nord. Conséquences certes sur le voisinage immédiat du régime, mais aussi et surtout sur les effets plus lointains que peut amener l'émergence d'une puissance nucléaire (ainsi que le reconnaît désormais l'AIEA, Agence Internationale de l'Energie Atomique[3]) politiquement et stratégiquement radicalisée, notamment au Moyen-Orient, à l'heure où l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique.

Depuis la fin de la guerre de Corée (armistice de Panmunjeon, le 27 juillet 1953), la Corée du Nord cherche à garantir sa sécurité militaire face aux forces stationnées en Corée du Sud par les Etats-Unis, et notamment un armement nucléaire tactique, retiré en 1992 à la suite de premiers pourparlers suite à la découverte via images satellites d'activités anormales au réacteur à graphite de Yongbyon, qui s'avérèrent être des opérations d'enrichissement d'uranium à des fins militaires. C'est ainsi que furent produites 8 000 barres de combustible irradié contenant assez de plutonium pour fabriquer cinq ou six bombes atomiques. S'ensuivit en 1994 la signature à Genève de l'accord-cadre de gel du processus d'armement nucléaire nord-coréen, en échange de quoi les Américains s'engageaient à construire deux réacteurs à eau légère (usage exclusivement civil), pour répondre à la pénurie d'énergie frappant le pays, motif qui était invoqué pour justifier au regard du TNP (Traité de Non-Prolifération nucléaire, dont la Corée du Nord était alors signataire) le développement d'un programme nucléaire autonome nord-coréen. L'arrivée au pouvoir de George W. Bush à Washington, en 2000, a condamné toute possibilité de la concrétisation de l'accord-cadre de 1994; les néo-conservateurs étant spontanément méfiants vis-à-vis d'une attitude de "détente" caractérisée par l'accord-cadre de 1994, alors mis en place par Bill Clinton. Mais en 1998, Pyongyang envoie sans mention préalable une fusée nord-coréene par dessus l’île d’Honshu (principale île du Japon), qui alla s’abîmer en Mer du Japon. La tension monte d'un cran en 2002 avec la reconnaissance par le régime d'un programme d'enrichissement d'uranium, nécessaire préalable à l'obtention de l'arme atomique, et que vient confirmer logiquement le retrait en 2003 de la Corée du Nord du TNP. Depuis, annonces et provocations nord-coréennes ponctuent des séries de négociations multipartites (et non plus seulement avec les Etats-Unis), avec la Corée du Sud, le Japon, la Russie, la Chine et les Etats-Unis. Après l'épisode de la crise des missiles en juillet 2006[4], la dernière en date, et non des moindres, fut donc l'explosion d'une bombe nucléaire nord-coréenne, le 9 octobre 2006[5].

Force est de reconnaître que, au sujet de la Corée du Nord, les faits manquent qui appuient ou infirment les présomptions de puissance militaire. Or le risque est toujours grand de sous-estimer un ennemi, fût-il faible. Ne dit-on pas que la violence est l'arme des faibles? Des estimations portent l'armée nord-coréenne à 1,1 million d'hommes, auxquels s'ajoutent environ 4 millions de réservistes. Mais la quasi-totalité est employée dans l'agriculture et la construction. Les hommes sont contraints d'aller à pied en raison du manque d'essence, qui empêche également les pilotes de voler plus de deux heures par mois.[6] Le régime sait pertinemment qu'il a tout à perdre dans une guerre avec les Américains stationnés en Corée du Sud alliés à l'armé sud-coréenne, comme le rappelait récemment le général B. Bell, commandant des forces américaines en Corée du Sud[7]. Il se contente donc de réactiver régulièrement son image de puissance militaire, le moyen le plus simple étant une déclaration de menaces ou un avertissement, comme ce fut encore récemment le cas par la voix du chef d'état-major nord-coréen, qui menaça les Etats-Unis de représailles s’ils prenaient de nouvelles sanctions contre le pays communiste.[8]

Pourquoi la Corée du Nord distille-t-elle avec tant d'application des marques d'hostilité vis-à-vis du monde extérieur, quitte à le faire de façon disproportionnée ou inadéquate[9]? En vérité, le régime dispose d'une marge de manœuvre bien réduite: étranglé économiquement, isolé idéologiquement et politiquement, il porte la marque de l'ostracisme international, et semble s'être depuis longtemps enferré dans une voie sans issue, ainsi que le suggère l'attachement à l'idéologie dite du "Juche", énoncée par Kim-Il Sung à partir des années 1940, qui reprend les idées du communisme, prônant une société sans classes et reposant également sur le principe d'indépendance politique, d'auto-suffisance économique et d'autonomie militaire. Son but final est de réussir la réunification avec la Corée du Sud, pour instaurer un régime communiste sur toute la péninsule. Quant à la population, elle vit tout simplement dans un dénuement parfois dramatique, coupée du monde et maintenue dans l'ignorance par ses dirigeants[10].

Car économiquement tout du moins, le régime stalinien est aux abois; il se garde bien de faire savoir qu'il cède actuellement ses stocks d'or pour se fournir en devises étrangères, qui lui font cruellement défaut suite aux récentes sanctions financières annoncées par Washington[11]. Dans le même but, le régime se livre depuis le début des années 1990 à la contrefaçon de la monnaie américaine, avec la plus grande habileté semble-t-il[12].

En réalité, en entretenant une armée pléthorique (quoique finalement à l'opérationnalité limitée) servie par l'idéologie du songun ("l'armée d'abord") qui lui assure l'affectation prioritaire de ressources, en développant des armes (bombe atomique) plus ou moins efficaces (missiles balistiques, en réalité insuffisamment testés), le régime semble se situer dans une démarche d'auto-confortation, dans laquelle il s'agit moins d'avoir une influence réelle sur son environnement politique, que de se perpétuer sans avoir à affronter ses propres contradictions. C'est ainsi que la Corée du Nord a cherché en 2005 à être reconnue comme un « Etat doté d’armes nucléaires » afin de dissuader les Etats-Unis de promouvoir un « changement de régime ».[13] De même, le régime stalinien s'est entendu avec la Corée du Sud pour que la réunification[14] des deux peuples de Corée ne soit l'affaire que des Coréens (c'est-à-dire à l'exclusion de toute intervention étrangère)[15]. L'armée, les missiles balistiques, la bombe atomique désormais, pour être bien réels, jouent avec l'idéologie du régime le rôle de symboles par lesquels le régime se définit positivement dans les jeux de pouvoir, et se différencie de ses antagonistes, ce qui justifie le maintien de son orientation de toujours.

Paradoxalement; l'attitude belliqueuse de la Corée du Nord est donc à l'avantage de tous, puisqu'en réalité, elle « n’est pas en train de commettre un suicide en attaquant la Corée du Sud ou le Japon avec des bombes nucléaires. Elle sait qu’elle perdrait. Son orientation fondamentale est de se mettre à l’abri pour sa défense. » (Bruce Cumings, un des meilleurs experts de la Corée, in New York Times, 12 octobre 2006)

En tout état de cause, le test nucléaire nord-coréen du 9 octobre dernier modifie l'équilibre des pouvoirs en Asie du nord-est, et on peut le penser en premier lieu au cours des négociations à six sur le désarmement nucléaire de la Corée du Nord. Une fois acquise, l'arme nucléaire force la considération, puisque c'en est la menace qui est efficace, non l'utilisation. Voilà qui offre une liberté de champ appréciable aux négociateurs nord-coréens, dont on comprend parfaitement qu'ils n'aient pas le moindre intérêt à abandonner leur nouvelle force de dissuasion sur le terrain, et de conviction dans les salles de négociation[16]. L'obtention de l'arme atomique est d'ailleurs citée par le négociateur nord-coréen comme la raison précise de retour à la table des négociations à six, après plus d'un an de boycottage[17]. Que faut-il donc voir derrière la déclaration récente du négociateur en chef nord-coréen, Kim Kye Gwan, révélant que son pays est prêt à discuter de mesures pour un premier pas vers le gel de son programme nucléaire militaire ?[18] Sans doute exactement le contraire : on imagine difficilement la Corée du Nord, ayant consacré de nombreux efforts pour se doter d'une force de négociation crédible, entamer la déconstruction de sa propre (et unique) force !

D'où la "frustration" dont faisait part Christopher Hill, négociateur pour les Etats-Unis dans les pourparlers à six, quand il détaille que "lorsque la République populaire démocratique de Corée soulève des problèmes, un jour il s'agit des questions financières, un autre jour c'est quelque chose qu'ils savent qu'ils ne peuvent avoir, et un autre c'est quelque chose qui a été dit sur eux et qui les a peinés"[19]. Il y a fort à parier que la Corée du Nord est engagée dans une sorte de fuite en avant, dont le seul objectif est la survie du régime dans un monde qui lui est (ou à qui elle est) globalement hostile. D'où l'apparente incohérence (ou non-constructivité) de l'attitude de ses négociateurs, qui n'auraient en réalité que des éléments non-négociables (survie du régime, possession de l'arme atomique) à mettre sur la table des négociations à six.

Le test nucléaire semble être avant tout un défi à la puissance voisine chinoise[20]. La Chine est le seul soutien du régime, et se sert de l’épouvantail nord-coréen pour disposer d’un atout dans le jeu stratégique avec Taïwan. Chose nouvelle, le puissant voisin de la Corée du Nord a été surpris par l'essai du 9 octobre, tant dans la nature de ses relations avec le régime de Kim-Jong Il que vis-à-vis de ses partenaires économiques et diplomatiques, à commencer par les Etats-Unis. La Chine est pourtant le partenaire le plus important de la Corée du Nord, qui dépend d'elle sur le plan économique, notamment des livraisons de nourriture et d'énergie, qui n'auraient pas été modifiées suite à l'essai nucléaire du 9 octobre dernier[21]. Il est d'ailleurs significatif que les négociations à six se déroulent à Pékin. La Chine se retrouve dans le costume de "précepteur du prince", par lequel elle doit amener en douceur son turbulent voisin à prendre les orientations qu'elle souhaite. Elle voit maintenant sa tâche singulièrement compliquée après l'essai nucléaire nord-coréen.

Le 19 novembre 2006 s'est tenu à Hanoï un sommet de l'APEC (Coopération économique de la zone Asie-Pacifique, regroupant les 21 pays côtiers de l'Océan Pacifique), à l'issue duquel Tous les membres de l'Apec ont estimé que les tirs de missiles nord-coréens en juillet et l'essai nucléaire en octobre représentaient clairement "une menace" pour la région, mais ont souligné leur "attachement à un règlement pacifique du problème nord-coréen". D'un autre côté, Chine, Etats-Unis et Japon se sont accordés pour réaffirmer que la bombe atomique nord-coréenne "ne serait pas tolérée". Enfin, des divergences subsistent quant à l'application des sanctions prévues par la résolution 1718 des Nations-Unies, notamment entre Chinois, qui y sont opposés, et Américains[22]. C'est dire la pusillanimité des pays de la sous-région d'Asie du Nord-Est, dans un dossier qui comprend sans aucun doute trop d'inconnues.

Nul ne sait la suite que donnera la Corée du Nord à ce premier essai nucléaire, manifestement réussi. Si le général Bell considère que dans la logique des choses, le régime en effectuera un deuxième[23], le ministre de l'Unification sud-coréen, lui, estime qu'il n'en sera rien, par crainte de représailles[24]. Le comportement de la Corée du Nord dépendra bien évidemment de la détermination de ses interlocuteurs, comme il en fut en 1994, alors que le président Clinton, à deux doigts de déclarer la guerre au régime stalinien, obtint par l'intermédiation de l'ancien président Jimmy Carter la signature de l'accord-cadre de désarmement nucléaire. Au vu des précédents, et compte tenu de la formidable avancée que représente la possession de l'arme atomique, il ne serait pas logique (et donc improbable) que le régime de Kim-Jong Il ne cherche pas à développer plus avant son nouvel atout.

Quoi qu'il en soit, il est clair que nul en Asie n'a intérêt à ce qu'émerge une puissance d'un nouveau type : pays en état de sous-développement économique, mais pouvoir nucléaire. Quant au reste du monde, il pourrait bien en être autrement : l’Iran, dont les velléités nucléaires militaires ne sont un secret pour personne, pourra-t-elle tirer avantage de l'accession de la Corée du Nord au rang de puissance atomique ?

Et la suite ?  Imitions-nous les uns les autres.

C'est dans ce cadre complexe et stratégique que la potentielle nucléarisation de l'Iran et de la Corée du Nord peut engendrer un comportement 'moutonnier'. La Corée du Nord peut en effet menacer directement son voisin du Sud ainsi que le Japon, deux puissances dites au seuil nucléaire. L'Iran menace déjà Israël – bien que l'on soit tenté d'espérer qu'il ne s'agisse là que d'une rhétorique.  Et si l'Arabie saoudite, ainsi que ses voisins sunnites du Golfe persique, ont déjà manifesté leur inquiétude vis-à-vis d'un retrait anticipé d'Irak de la part des Américains, c'est parce qu'ils considèrent que les Etats-Unis ont déjà virtuellement offert sur un plateau d'argent l'Irak à son voisin chiite.  C'est dans ce contexte que les pays du Golfe se sont réunis en décembre pour lancer leurs propres initiatives nucléaires. Au vingt-septième sommet du Conseil de Coopération du Golfe, en décembre 2006, l’Arabie saoudite, accompagnée du Koweit, de Bahrain, d’Oman, des Emirats arabes unis, et du Qatar, a annoncé son intention de développer ses propres capacités nucléaires, à visées pacifiques, à savoir des réacteurs nucléaires, mais sans centre d'enrichissement d'uranium. Les responsables des pays concernés, en rendant publiques leurs intentions, ont bien évidemment voulu faire passer à l’Iran un message très clair : si les règles de la non-prolifération ne tiennent plus, alors le droit souverain des Perses est également celui des Arabes. La boite de Pandore est ouverte.

Un scénario autre que celui de la mort du TNP est difficilement envisageable, étant les enjeux de communication que représente l’acquisition de la technologie nucléaire.  Il n’est plus question d’hériter de l’image du faible, incapable d’acquérir cette technologie de riche, qui appartenait autrefois aux happy few puissants de la planète. Ce jeu d’imitation, dans lequel un acteur se lance, et les autres ne font qu’imiter, ne ferait donc que commencer. A l’équilibre voulu par le TNP et décrit plus haut, se substitue un nouvel équilibre presque darwinien, dans lequel la possession de l’arme nucléaire par une multitude de nations peut potentiellement préserver la paix. C’est ce qu’ont prétendu de nombreux politologues et penseurs qui ont vu, au final, un nouvel équilibre MAD se mettre en place, non pas à l’échelle de deux superpuissances comme pendant la Guerre Froide, mais à l’échelle du monde entier. Mais l’équilibre ne peut désormais se maintenir uniquement si les acteurs présents agissent selon le vieux principe MAD et la rationalité qui le fonde, et non en fonction de visées millénaristes ou apocalyptique.  Evidence qui fera frémir n’importe quel individu qui doute parfois de la capacité des leaders iranien et nord-coréen actuels d’agir ainsi.

Pierre-Marie Duché et Jeremy Ghez



[1] Cf le débat 2 du colloque 2006: www.afidora.com/radio/debat2.ram

[2] Agence Ria Novosti, 26 décembre 2006

[3] Discours à Alger de Mohamed ElBaradei, directeur de l'AIEA, le 9 janvier 2007 (Agence KBS, 10 janvier 2007)

[4] Le 5 juillet 2006, la Corée du Nord procède à sept tirs d'essai de missiles, qui s'abîment en mer du Japon. Le Japon saisit le Conseil de sécurité de l'ONU, qui adopte remarquablement rapidement le 15 juillet une résolution comportant des mesures «contraignantes» pour Pyongyang, exigeant la suspension des activités liées au programme de missiles balistiques.

[5] L'Express, 23 décembre 2006, http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/coree/dossier.asp

[6] http://fr.wikipedia.org/wiki/Cor%C3%A9e_du_Nord

[7] AFP, 9 janvier 2007

[8] KBS, 25 décembre 2006

[9] Comme on peut considérer que c'est le cas pour les menaces (d'ordre militaire) énoncées par le chef d'état-major nord-coréen en réponse aux sanctions financières (d'ordre économique) imposées par les Etats-Unis.

[10] La Corée du Nord a (officiellement) fermé ses frontières pour se prémunir d'une immigration trop forte!

[11] La Tribune, 27 décembre 2006

[12] Courrier International, 3 août 2006

[13] Le Monde Diplomatique, Cartographie "la Corée du Nord entre nucléaire et famine", mars 2006, http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/coreedunord

[14] Également un objectif de la Corée du Sud, témoin son ministère de la Réunification.

[15] Déclaration conjointe du 4 juillet 1972, http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/coree/A/coree72.html

[16] Ria Novosti, 21 décembre 2006

[17] AFP, 28 novembre 2006

[18] Süddeutsche Zeitung, 9 février 2007

[19] AFP, 22 décembre 2006

[20] Le Figaro, 10 octobre 2006

[21] KBS, 2 décembre 2006

[22] AFP, 19 novembre 2006

[23] AFP, 9 janvier 2007

[24] AFP, 8 janvier 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 commentaire.
 1. LA BOMBE ATOMIQUE NORD-COREENNE
Visiteur, Unregistered
Le récent essai nucléaire réussi de la Corée du Nord doit obliger les puissances occidentales à faire en sorte que le cas nord-coréen constitue une exception de telle sorte que l' Iran n' accède jamais, je dis bien jamais, au seuil de l' expérimentation nucléaire, sinon le Monde Occidental sera confronté au plus grand péril de son Histoire.
Messieurs les politiques, prenez vos responsabilités.
 Posted 2007-10-29 21:18:14
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Dernière mise à jour : ( 24-06-2007 )
 
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